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Tome sixième.
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mais i! en abuse pour se livrer à des atroci-tés. Le premier est fin , le second est per-fide. Le Huron entraîné par les circonstan-ces , viole fans scrupule le traité le plus fo-lemnellement juré, & l’Iroquois le conclutdans le dessein de le violer, lorsque les cir-constances Rassureront de l’impunité. Celui-ci caresse l’étranger pour se détendre de sesembûches , celui-là sembrastè pour l'étous-ser. On a vu leurs députés massacrer lesEuropéens au sortir même des assembléesoù la paix venoit d’étre jurée: leurs alliésfont leurs premiers ennemis. En 1706,après le célébré traité de Montréalaistrahirent la France, & s’unirent aux An-glois ; ceux-ci les aidèrent à vaincre ; &pour prix de leurs services, ces barbaresfirent périr toute leur armée , en corrom-pant les eaux. Tant que nous avons étépossesseurs du Canada , ils ont suivi unplan de politique constant & invariable ;c’étoit d’allumer la discorde entre lesFrançois & les Anglois, de palier alterna-tivement d’mi parti à l’autre , de rétablirl’équilibre par une diversion, lorsque lanation qu’ils avoient choisie pour alliée,deveno:t assez puissante pour les asservir.Leur politique artificieuse étoit de détruireles Européens les uns après les autres. Engénéral la passion dominante de tous cespeuples, est 1 amour de la liberté. En pei-gnant les Iroquois & les Hurons, j’ai peinttoutes les nations voisines ; même carac-tère , mêmes vices , mêmes talens : ondistingue à peine entr’elles quelques nuan-ces , leurs mœurs ont la même analogie.On voit régner les mêmes usages chez tou-tes les nations, depuis la baie d’Hudfon,îïl's 1 a U ^ uve Miílislìpj, & aux bords deí *s- n ’<r 6lS e l ac Huron, on rencontreles Mipislinens, la nation de la Loutreles Outaouaicks, les Hurons, les Cynágos 'les Kiskakous, les Mansova, les Kaetous ’les Sauteurs, les Mislissakes. Le nord estcouvert de nations moins nombreuses &plus é par ses, ce font les Christinaux, lesM on soris, les Chichi-Goueks, les Otaulu-bis, les Onaovientagos, les Micacondibes,les Assiribouets. Près dulac Outariou, s ontles Iroquois, divisés en plusieurs cantons.Le sud est habité par les Ponteanotemis,les Sakis, les Malhorainis, les Onebegous

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ou Puans, les Outagamisou Renards, lesMaíkouteks, les Miamis, les Kikabous,les Illinois , les Ayoës , divisés en différen-tes tribus, qui font répandues vers l’ouest.

Tous ces sauvages font légers à la cour-se , adroits à la chaise , braves dans lescombats, patiens dans les travaux & mémedans les ìupplices. Ceux qui n’ont pointembrassé le christianisme ont moins de con-fiance en Dieu que dans le diable; on voitchez eux peu de culte, à moins qu'on neveuille décorer leurs jongleurs du titre deprêtres, & appeller religion le respect stu-pide qu’ils ont pour ces charlatans, quiprétendent lire dans l’avenir & même dansîes cœurs ; ils exercent la médecine : touteleur science se borne à enfermer le maladedans une étuve, & à lui procurer la trans-piration la plus abondante ; ils accompa-gnent cette opération d’un vacarme affreux,de paroles mystérieuses, de contorsions &de gambades. Nous avons perdu le droitde rire de ces extravagances, puisque lesmêmes scandales se sont renouvelles enFrance, dans un siécle éclairé par la philo-sophie. Si le malade échappe à la mort,c’est au saltimbanque qu’il se croit redeva-ble de la vie; s’il meurt, l’excufe du médecinest toujours prête ; il est bien payé dansl’un & dans l’autre cas, & touc se passeà cet égard comme chez les peuples civi-lisés. Ces jongleurs font aussi les déposi-taires des secrets de la religion , & c''està eux qu’est confié le foin d’inítruire lajeunesse. L’eau , disent-ils, est le pre-mier des élémens. Mechapoux s’y prome-noir fur une efpece d’ile flottante, forméede morceaux de bois grossièrement assem-blés. Ce dieu créa les animaux pour luitenir compagnie ; tout étoit bien assorti,car lui-méme n’étoitqu’un grand lievre : ilalloit mourir de faim avec ses confrères, ontint conseil, & l'on promit un empire su-prême sur les animaux à celui qui iroit cher-cher un peu de terreau fond des eaux, saufnéanmoins les droits de la divinité du grandlievre ; le castor preste par la faim, animépar l’ambition, se jeta dans l’eau, & re-vint à vuide ; la loutre ne fut pas plus heu-reuse; le rat musqué tenta l’aven turc à sontour, &: rapporta quelques grains de sable,que Michapoux féconda & grossit au point