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forceroit ensuite ta Durante à se creuserello-méme un ou plusieurs lits vers Aix &:Marseille, on en laiíseroit couler un pe-tit bras vers Avignon ; & toutes les vastescampagnes qu’elle ensable & dévaste de cecôté-là , deviendroient fertiles. " Voilà,-, continue le P. Verrier , dans la lettre,, qu’il m'écrit à ce sujet, ce que M. Plo-„ quet trouvoitfaisable, plus court, moins„ dispendieux, plus utile que l’ancien pro-» jet de tirer un caml depuis Canteper-„ drix julqu’à Aix & Marseille , dans un» terrein tout entrecoupé de montagnes:,, mais voilà qui ne fera jamaisqu’une idée.„ Je fais bien que si j’avois deux cents mille-, livres de rente , je ne les mangerois pas», en équipages , laquafc & autres folies ;s, je les emploierois à faire ce bien àí’hu-b m an i té & à ma province. -,
On doit fe garder de confondre le canaldont je viens de tracer l’historique , aveccelui de Donzerre, proposé en 1718 , sousle nom de canal de Provence. II s’agiílòitalors de tirer un nouveau canal de navi-gation & d'arrol'age , depuis la paroisse deDonzerre fur le Rhône en Dauphiné ,jusqu’à celle de Saint - Chamas en Pro-vence ; il traverfoit toute la plaine du com-té Venaiíïïn , qu’il auroitarrosée &: renduetrès-sertile. II devoir paster à Avignon ,où il se replioit vers Cavailles, en prenantla route de Sorgues ou de !a Durancole ,au-deííùs de Cavaillon , près deMerindol ;il devoir couper 1a Du rance , & passer parSalon pour arriver a Saint-Chamas, ou ilfe rerminoit dans l’étang de ,Berre, quicommunique à la Méditerranée ; il auroittraversé quarante lieues de pays en lesuivant dans lès contours. Son utilité ayantété mise dans le plus grand jour & lousIçs apparences les plus spécieuses par lelieu r Cyprian d’Avignon, il fe forma fa-cilement pour Pexécution du projet, unenombreuse compagnie d’actionnaires quidéposèrent bientôt des fonds considérables,:mais le sieur de Regemote , ingénieur dé-puté par la compagnie pour vérifier fur leslieux la possibilité du canal , y trouva tantde difficultés, que !a compagnie abandonnal'entreprise. M. shomassin dit dans leslettres fur les canmx , que ce projet ntbeaucoup de tracas a Paris, qu’on y donna
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tcta baissée, & que les premières puis-sances voulurent en être propriétaires ;qu’en peu de tems il y eut plus de cinq mil-lions déposés chez le sieur Croisât, qui enétoit le trésorier : on obtint même deslettres-patentes fur arrêt du conseil du 4.mai 1718. II ajoute que le sieur Cyprian ,proto-notaire à Avignon, n’étoit que l’an-nonciateur du projet, qui avoir été faitpar M. d’Allemant , gentilhomme Pro-vençal ; qu’à Marseille , Avignon, Aix &Lyon , on ne voulut point prendre d’ac-tions dans cette affaire, parce qu’on étoitplus à portée d’en connoître les inconvé-niens , Ùc. Cependant on m’écrit de Pro-vence , que ce canal étoit aulïi utile quepraticable ; qu’il auroit été exécuté , fanssupposition de 1 a cour de Rome, qui nevoulut point permettre le passage par lesterres du Comtat, & que les actions enforent transportées par arrêt du conseil forle canal de Picardie.
Quelques années avant qu’on eût pro-posé le canal de Donzerre en Dauphiné ,on avoit exécuté dans la même province ,vers le commencement du fiecle, un autrecanal d’arrosage , qui fécondoit la belleplaine de Pierrelatte en Dauphiné ; maisla division s’étant mise entre les proprié-taires , on négligea de fournir aux fraisdes recuremens tféquens des terres & dessables qui étoient pouliés par les déborde-mens du Rhône ; ce qui a fait combler leçaml & en a interrompu le cours.
On n’a jamais cessé de s’occuper en Pro-vence de.í projets de canaux d’arrosage ,parce q u'on y sent plus qu’ailleurs la né-cessité d’arrofor les terres : la raison en estfort simple. II pleut rarement en Provence,& il fe trouve en fonds , principalementdepuis Beaucaire jusciu’à la mer , plusieurscouches de terres salées & ameres, qu’onnomme sansouire dans le pays j ce quiéchausse prodigieusement la superficie dansles chaleurs, brûle toutes les plantes qui.s’y trouvent , & cela au point qu’il fautsemer les grains de très - bonne heure ,afin qu’ils aient le tems de mûrir avantl’arrivée des grandes chaleurs : on n’y peutsemer qu’après les pluies, qui font fuser lesterres comme la chaux. On trouve dansces terres, du sel marin en si grande abon-