Band 
Tome sixième.
Seite
152
JPEG-Download
 

iï2 CAN

fixé Ù déterminé pur Vautorité de la sy-nagogue. Peiit-on douter de cette vérité,quand tpn considéré que les Juifs donnoienttous le titre de divins aux mêmes livres,& que le consentement étoit entr’eux una-nime sur ce point ? D’où pouvoit naîtrecette unanimité' ? sinon d’une réglé faite& connue qui marquoit à quoi l’on devoirs’en tenir ; c’est-à-dirc, d’un canon ou d’uncatalogue authentique qui sixoit le nombredes livres, & en indiquoit les noms. Onne conçoit pas qu’entre plusieurs livres !écrits en différons tems & par différaisauteurs, il y en ait eu un certain nombregénéralement admis pour divins à l’exdti-íìon des autres, fans un catalogue autoriséqui distinguât ceux-ci de ceux pour quil'on n’a pas eu la même vénération ; &ce seroit nous donner une opinion aussifausse que dangereuse de la nation Juive,que de nous la représenter acceptant indis-tinctement & sans examen tout ce qu’ilplaisoit à chaque particulier de lui propo-ser comme inspiré : ce qui précede me pa-role sans répliqué. II ne s’agit plus que deprouver que les Juifs n’ont reconnu pourdivins qu’un certain nombre de livres, &qu’ils fe font tous accordés à diviniser lesmêmes. Les preuves en font fous las yeux.La premiere fe tire de ['uniformité des ca-talogues que les anciens peres ont rappor-tés toutes les fois qu’ils ont eu lieu de fairerémunération des livres reconnus pour sa-crés par les Hébreux. Si les Juifs n’avoientpas eux - mêmes fixé le nombre de leurslivres divins, les peres ne fe seroient pasavisés de le faire : ils se seroient contentésde marquer ceux que les Chrétiens dovoieyt regarder comme tels, fans se mettre«n peine de la croyance des Juifs là-deflùs ;ou s’ils avoient osé supposer un canon Juifqui n’eíìt pas existé, ils ne l’auroient pastous fabriqué de la même maniéré ; la ré-cité nç les dirigeant pas , le caprice leseût fait varier , soit dans le choix, soitdans le nombre ; & plusieurs n’ayròient pasmanqué fur-tout d’y inférer ceux que nousnommons deutérocanoniques, puisqu’ilsles croyoient divins, & les citoicnt commetels. Nous devons donc être persuadés deleur bonne foi par l’uniformite de leur lan-gage, & par la sincérité de l’aveu qu’ils

CAN

ont fait que quelques livres mis par ségliscau rang des anciennes écritures canoniques,en étoient exclus par les synagogues. Lamême raison doit aussi nous convaincrequ’ils ont été suffisamment instruits de cefait : car s’il y avoit eu de la diversité oudes variations fur ce point entre les Juifs,ils auroient eu au moins autant de facilitépour s’cn informer, que pour savoir qu’ony comptoir ces livres par les lettres del’alphabet, & ils nous auioient tran'misî l’un comme 1 autre. L’accord des peres furla question dont il s’agit, démontre donccelui des Juifs fur leur canon.

Mais à 1 autorité des peres fe joint cellede Jolephe , qui fur ces matières, dit M.Huet, en vaut une foule d’autres, unuspro mille. Jolephe, de race sacerdotale,& profondément instruit de tout ce quiconcernoit fa nation, est du sentiment desperes. On lit dans son premier livre contreAppion, que les Juifs n’ont pas, commeles Grecs, une multitude de livres ; qu’ilsn’en reconnoiilènt qu’un certain nombrecomme divins ; que ces livres contiennenttout ce qui s’est passé depuis le commen-cement du monde juíqu’à Artaxerxès j quequoiqu’ils aient d’autres écrits, ces écritsn’ont pas entr’eux la même autorité queles livres divins, & que chaque Juif estprêt à répandre son sang pour la défensede ceux-ci : donc ily avoit che\ les Juifs,selon Jofephe, un nombre fixe & déter-rT ^ T [\ \i e l‘y res reconnus pour divins &c est la précifemenc ce que nous appelionscanon.

La tradition constante du peuple Juifest une troisième preuve qu’on ne peutrejeter. Us ne comptent encore aujour-d’hui entre les livres divins que ceux ,disent-ils, dont leurs anciens peres ontdreslé le canon dans le tems de la grandesynagogue, qui fleurit après le retour de! la captivité. C’cst même en partie par cette: raison qu’elle fut nommée grande. L’au-

> teor du traité MegiUah dans la Gémare; nous apprend au ch. III, que ce titre lui

> sot donné non-feulement pour avoir ajouté; au nom de Dieu l’épithete gadol, grand,ì magnifique , mais encore pour avoir dressé- le canon des livres sacrés : donc , pouvons-s nous conclure pour la troisième fois, il est

Qtrtdin

i