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Tome sixième.
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pas, si l’on vent des preuves positives queles peres ont exclu d’une maniéré expresse& formelle du canon des Ecritures admisespour divines parles Juifs tous les livresqu’ils n’ont pas comptés au nombre desvingt-deux, il ne fera pas difficile d’entrouver.

Saint Jérôme, dans son prologue défen-sif, dit qu’il l’a composé afin qu’on sacheque teus les livres qui ne font pas des vingt-deux qu’il a nommés, doivent être regar-dés comme apocryphes : utscire valeamusquidquid extra hos est, (on verratìans laquestion suivante quels étoient ces vingt-deux livres) inter apocrypha esse ponen-dum. II ajoute ensuite que la Sagesse ,VEccléfiaflique , Tobie , Judith , ne fontpas dans le canon. Igitur Sapientia , quœrulgo Sa/omonis inscribitur , & JesufiluSirach liber, & Judith , & Tobias , &Pastor , non sunt in canone. Dans la pré-face fur Tobie , il dit que les Hébreux ex-cluent ce livre du nombre des Ecritures di-vines , & le rejettent entre les apocryphes.II en dit autant à la tête de son commen-taire fur le prophète Jonas.

On lit clans ía lettre qu’Origene écrit àAfricanus , que les Hébreux rie reconnoif-fent ni Tobie ni Judith, mais qu’ils lesmettent au nombre des livres apocryphes :nos oportetscire quodHebrcei Tobia nonutuntur, neque Judith; non enim ea lia-ient nifi in apocryplus.

Saint Epiphane dit, nomb. 3 & 4 de sonlivre des poids & des mesures, que les li-vres de la Sagesse & de VEcclésiastiquene font pas chez les Juifs au rang desEcritures saintes.

L’auteur de la Synopfe astùre que To-bie , Judith , la Sagejse & VEcclésiasti-que , ne font point des livres canoniques ,quoiqu’on les lise aux cathécumenes.

Y a-t-il rien de plus clair Lc de plus dé-cisif que ces passages ? Sur quoi fe retran-chera donc Serrarius ? 11 répétera que lesperes ne parlent dans tous ces endroits quedu premier canon des Juifs : mais on nel’en croira pas; on verra qu’ils y disentnettement que Judith, Tobie, & les au-tres de la même classe , ne sont pas recon-nus pour divins par les Juifs, par les Hé-breux , par la nation. D’aillcurs, ce second

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canon imaginaire ne devoit-ilpas avoir été

fait par les Juifs ainsi que le premier ? Com-ment donc S. Jérôme & Origene auroient-ils pu avancer que les Juifs regardoientcomme apocryphes des livres qu’ils au-roient déclaré authentiquement divins &sacrés , quoique par un second canon ?Le premier ajouteroit-il, comme il fait dansla préface fur Tobie , que les Juifs peuventlui reprocher d’avoir traduit cet ouvragecomme un livre divin , contre l’autorité deleur canon , s’il y avoit eu parmi eux un se-cond canon , où Tobie eût été mis au rangdes livres divins ? Méliton n’a-t-il recherchéque les livres du premier canon , ou a-t-ilvoyagé jusques dans l’orient pour connoîtretous les ouvrages reconnus de son temspour canoniques ? En un mot, le desseindes peres en publiant le catalogue des livresadmis pour divins chez les Juifs, étoit - ild'exposer la croyance de ce peuple au temsd’Efdras, ou plutôt celle de leur tems ? Ets’il y avoit eu lieu à quelque distinctionpareille, ne l’auroient-ils pas faite ? Laissonsdonc l’école penser là-deíîùs ce qu’elle vou-dra: mais concluons, nous , que les Juifsn’ont eu ni trois, ni deux canons, maisseulement un canon de vingt-deux livres ;& persistons dans ce sentiment jufqu’à cequ’on nous en tire, en nous. faisant voirque les peres se font trompés : ce qui n’estpas possible. Car d’où tireroit-on cettepreuve ? Aucun ancien auteur n’a parlé dudouble canon. La tradition des Juifs y estformellement contraire. Ils n’ont encoreaujourd’hui de livres divins que les vingt-deux qu’ils ont admis de tout tems commetels. Joscphe dit, ainsi qu’on l’a déjà vu& qu’on le verra plus bas encore, que fanation ne reconnoît que vingt-deux livresdivins ; & que, si elle en a d’autres, clicne leur accorde pas la même autorité.Mais, dira-t-on , Josephe a cite l’Ec-cléjiafiique dans son second liure con-tre Appion. Quand on en conviendroit,s’enfuivroit-il de là qu’il en a fait unlivre divin ? Nullement. Mais il n’estpoint du tout décidé que Josephe ait citéL’Eccléfiaflique. II se propose de démon-trer l’exceUence & la supériorité de la lé-gislation de Moyfe fur celles de Solon , deLycurgue & des autres. H rapporte à cette