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Tome sixième.
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comptent que 22 livres sacres, quoìqu’iîsen aient 17, entre lesquels ils en doublentcinq , ainsi qu’ils ont cinq caractères dou-bles ; d’où il arrive que comme il y a dansleur écriture 27 caractères, qui ne fontpourtant que vingt-deux lettres, de mêmeils ont proprement vingt-sept livres divins,qui se réduisent à vingt-deux.

S. Cyrille de Jérusalem dit aux Chré-tiens, dans fa quatrième catechese y deméditer les vingt-deux livres de l’ancien-Testament, ôcdese les mettre dans la mé-moire tels qu’il va les nommer ; puis il lesnomme ainsi que nous venons de les rap-porter d’après S. Jérôme & S. Epiphane.

S. Hilaire, dans son Prologue sur lesPfeaumes , ne différé de l’énumérationprécédente, ni sur les nombres, ni fur leslivres. Le canon 60 de Laodicée , dit lamême chose. Origene, cité par Eusebe ,avoit dressé le même canon. Ce seroit re-commencer la même chose jusqu à l’ennui,que de rapporter ces canons.

Méliton, évêque de Sardes, qui vivoitausecond siecle de f église, avoit fait un cata-logue qu’Eusebe nous a conservé , c. xxvj,l. IV, de son histoire. 11 avoit pris un foinparticulier de s’instruire. II avoit voyagéexprès dans I’orient, fie son catalogue estle même que celui des auteurs précédens ;car il est à présumer que l’oubli d’Estherest une faute de copiste.

Belìarmin donne ici occasion â une ré-flexion , par ce qu’il dit dans son livre desEcrivains eccléfiaftiques , savoir , queMéliton a mis au rang des livres de l an-cien-Teflament celui de la Sagesse } quoi-qu'il ne fut point reconnu parles Juifspour un livre divin. Mais Belìarmin setrompe hii-même. La Sagesse n’ert pointdans le canon de Méliton. On y lit : Sa-lomonis Proverbia y quce & Sapientia ,SsAtyuuv/c; n v-di ’ZqQm. D ou il s en-

fuit que Méliton ne nomme pas la Sagessecomme un livre distingué des Proverbes ;c’est l’i', soit oublié, soit mal entendu, quia donné lieu à l a méprise. Mais, pour re-venir au canon des Juifs, Jofephe dit dansson livre contre Appion, qu’il n’y a dansfi nation que 22 livres reconnus pour divins,cinq de Moyse, treize des Prophètes, con-tenant f histoir e de tous les rems jusqu’à

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Artaxerxês& quatre autres qui renfer-ment des hymnes à la louange de Dieu ,ou des préceptes pour les mœurs. 11 n’en-tre pas dans le détail, mais il désigne évi-demment les mêmes livres que ceux quisont contenus dans les catalogues des peres.

Sur ce que í’historien Juif a placé dans sesantiquités l’histoire d’Esther feus le r'egned’Artaxerxès, & sor ce qu’il dit dans lemême endroit que les prophètes n’ont écritl’histoire que jusqu' au tems de ce prince ,fit qu’on n’a pas la même foi à ce qui s’estpasté depuis y M. Dupin s’est persuadé qu’ilexclut le livre d ’E/lher du nombre desvignt-deux livres de son canon. Mais qui est-ce qui a dit à M. Dupin que Josèphe ne s’estpoint servi du mot jusque dans un sens in-clusif, ainsi que du terme depuis dans unsens exclusif? Ce seroit faire injure à d’ha-biles fi c judicieux auteurs qui ont précédé'M. Dupin , que de balancer leur témoi-gnage par une observation grammaticalequi, au pis aller, ne prouve ni pour nicontre.

II ne faut pas non plus s’imaginer queJofephe n’ait point mis le livre de Job aunombre des vingt-deux livres divins, parcsqu’il ne dit rien dans son ouvrage des mal-heurs de ce saint homme. Cet auteur a puregarder le-livre de Job comme un livreinspiré ; mais non comme une histoire véri-table • comme un poème qui montroít par-tout fesprit de Dieu, mais non commele récit d’un événement réel; fie en ce sens,,quel rapport pourroit avoir l’aventure deJob avec l’histoire de fa nation ?

Quel eft le tems , & quel ejl l'auteur du,canon des livres sacrés che\ les Juifs ?Quatrième question. II semble que ce seroitaujourd’hui un paradoxe d’avancer qu’Ef-dras ne fut jamais fauteur du canon des,livres sacrés des Juifs ; les docteurs mêmeles plus judicieux ayant mis sor le compted’Efdras tout ce dont ils ont ignoré fau-teur fit f origine, dans les choses qui con-cernent la Bible. Ils. font fait réparateur des.livres perdus ou altérés t réformateur de lamaniéré d’écrire , quelques-uns même in-venteur des points voyelles, & tous auteurdu canon des Ecritures. II n’y a fur ce der-nier article qu’une opinion. IÍ est étonnantque nos Scaliger, nos Huet, ceux d’entra