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surface qui fe présentera la premiers ; desorte qu’elle ne pourra causer aucune dé-clinaison ; & ce qui est encore plus impor-tant, íì la surface du devant de la balleétoit disposée de maniéré que la résistancedût être plus forte dans une partie quedans l’autre, ce mouvement de rotationobvieroit encore à cet inconvénient ; carf end roi t où la résistance seroit la plusforte , tournant fans cesse autour de laligne suivant laquelle s’avance le projec-tile , la déclinaison qu’il occasionneroit,s’il restoit constamment du même côté ,ne pourra plus avoir lieu, &c la balle feraretenue à fa place par les efforts opposés& égaux que fait à ebaque instant la résis-tance dans le cours d’une révolution.
On concevra aisément comment cemouvement de rotation peut empêchertoutes les déclinaisons que la résistancepourroit occasionner , en exerçant sur lesparties du devant de la balle des pressionsdifférentes. Si l'on fait attention à ce quiarrive à une toupie lorscju’elle tourne surune pointe de ter, on m’accordera que ,sans ce mouvement de rotation , la toupiene pourroit rester droite un leul instant ;& st nous examinons comment cela setait, nous trouverons que , quoique soncentre de gravité ne soit point appuyé surcette pointe, íà partie pesante ne peutnéanmoins l’entraìner par son effort natu-rel, parce que durant chaque révolutionle centre de gravité peso également surtoutes les parties de la surface de la tou-pie, dans des instans immédiats & con-sécutifs. Appliquons cet exemple à notreballe : la force qui poníïè la toupie versla terre , représentera cette pression quela résistance exerce fur une partie de lasurface du devant, avec plus de force quefur les autres ; & l’on comprendra com-ment, malgré cette inégalité, la balle doittoujours suivre la même ligne.
Telle est, ajoute M. Robins, la théoriedu mouvements des balles tirées avec descanons rayes : 1 expérience se trouve d’ac-cord avec nos spéculations ' carl’exactitudea laquelle parviennent ceux qui saventmanier ces pieces, est étonnante, mêmelorsque les balles font portées à de sigrandes distances que , si elles étoientTome VL
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tirées avec des canons ordinaires, on nepourroit pas en vingt coups frapper Ic butauquel on vise.
Mais ce qu’il y a de plus surprenant,c’est que la théorie d’unc méthode si sin-gulière & si répandue , soit restée si im-parfaite , qu’il me paroît qu’on ne l’a pointdu tout comprise , & qu’on n’a jamaisconnu le véritable avantage qu’on en pou-voit retirer, cn lui en supposant d’autresque j’ai trouvé , par mes expériences ,être purement imaginaires. Si l’on de-mande en effet aux ouvriers, ou à ceuxqui font usage de ces armes, à quelle in-tention & pour quel usage on fait des ca-nons rayés, on répondra que l’inflamma-tion de la poudre est plus vive dans cescanons , à cause de la plus grande résis-tance que lui oppose la balle ; que parconséquent l’impulsion est plus forte quesi la même charge étoit dans un canonordinaire ; & que d’ailleurs la balle tour-nant ainsi autour de son axe, & perçantl’air en quelque maniéré , elle doit avan-cer beaucoup plus aisément, & par con-séquent être portée beaucoup plus loinqu’elle ne le ieroit par un autre canon.
M. Robins confirme ses raisonnemenspar des expériences qui ne permettent pasde douter que les raies des canons ne re-tardent la vitesse des balles , & qu’ellesne conservent hors du canon leur mouve-ment de rotation autour d’un axe coïnci-dant, avec celui de l’amc du canon même.Tous ceux qui connoiíïcnt ces armes, con-viennent en effet qu’elles font infinimentplus justes que routes les autres, & c’estun avantage astèz grand pour engager lesphysiciens «Sc les artistes à chercher unemaniéré plus commode «Sc plus promptede les charger.
_ J ai, avec des canons rayés, tirés ho-rizontalement , frappé un but d’un piedde diamètre, à i zo toises de distance ;tandis qu’avec un canon ordinaire, égale-ment chargé, la balle avoir baislê de plusd’un pied cn parvenant au but. II fautobserver d’ailleurs que la balle n’étant pasparfaitement juste au calibre du canon or-dinaire , fa direction est déterminée parle choc qu’elle reçoit de la paroi intérieuredu canon } qu’elle touche en sortant. Elle