i86 /CAN
peut donc s’élever, s’abaisser, s’ecarter àdroite ou à gauche de la direction qu’on avoulu lui donner : dans le premier cas,elle passera au-dessus d u but ; dans le se-cond , elle n’y atteindra pas ; dans les deuxautres, elle passera à côté ; & dans aucunedes quatre circonstances, elle ne le frap-pera : mais elle pourra palier au-dessusou à côté, & aller tomber à une très-grande distance au-delà d u but ; au lieuque la balle de la carabine n’éprouvant pascle pareils écarts, le touchera. 11 ne foutpas en conclure que íà portée est plus lon-gue ; mais bien que fa direction est plusjuste , ainsi que nous l’avons fait voir.{A A)
CANON, f. m. (terme de Blason.)meuble d’armoiries qui entre en quelquesécus, & représente un canon d’artillerie.
On dit affûte de son assit , lorfqu’il estd’tmail différent.
Bombarde de Beaulieu à Paris ; d'a\urau canon d’or, affûte de gueules , accom-pagné en chef d* une fleur-de-lis d’ar-gent. (G. D. L. T.)
§ Canon. (Mu/iq.) H y aune fortede canons três-rares, tant a cause de 1 ex-celíive difficulté, que parce que, ordinai-rement dénués d’agrémens, ils n’ont d au-tre mérite que d’avoir coûté beaucoup depeine à faire. C’est ce qu’on pourroit ap-pelles double canon renversé, tant parl’invcrsion qu’on y met dans le chant desparties, que par celle qui fe trouve entreles parties, même en les chantant. II ya un tel artifice dans cette efpece de ca-non , que, soit qu’on chante les partiesdans Tordre naturel, soit qu’on renverselo papier pour les chanter dans un ordrerétrogradé, ensorte que l’on commencepar la fin, & que la baffe devienne ledeííus, on a toujours une bonne harmo-nie & un canon régulier. On peut voir desexemples de cette efpece de canon , dansl’ouvrage de Bontempi, lequel donne aussides réglés pour les composer. Mais ontrouvera le vrai principe de ces réglés aumot Système , dans Imposition de celui
de M. Tartini. (A) .
L’efpcce de canon dont on vient deparler, s’appelle aussi canon per arfvi &tiiejin y parce que toutes les notes qui lont
CAN
dans le tems fort, en chantant d’une fa-çon , tombent dans le tems foible , enchantant de l’autre.
Souvent, lorfqu’un canon est à l’unií*son ou à Toctave, & que par conséquentchaque partie chante exactement les méme¬es, quoique dans un diapazon différentdans le second cas, on n’écrit le canonqu’une leule fois, & on marque par cesigne CV? quand les autres parties doiventcommencer : alors les Italiens appellent lecanon , canone chiuso ou incorpo ; & siun canon est écrit tel qu’il doit être exé-cuté , & avec toutes ses parties, ils rap-pellent canone aperto, risoluto, ou ìn-partito.
II y a encore le canon énigmatique ;c’est-à-dire, que le compositeur n’écritqu’une partie de son canon , & indique parquelques signes qu’il doit y avoir d’autresparties ; mais fans indiquer à quel inter-valle elles doivent prendre le chant, nidans quel ordre elles doivent fe suivre ;ensorte que c’est aux exécuteurs à le cher-cher.
Une autre forte de canon est celui danslequel une partie prend toujours le chant,en le recommençant un ton plus hautqu’elle ne l’avoit pris d’abord ; ce qui peutcontinuer autant que les parties peuvents’étendre : on appelle aussi ce dernier cli-max.
Enfin , il y a le canon d’augmentation,lorsque dans un canon à deux parties labasse fait toutes les notes deux fois pluslongues que le dessis; & si le canon està trois parties, ensorte que lahaute-contredouble, & la bastè quadruple la valeur des.notes du dessus, c’est un canon par aug-mentation double. (F. D. C.)
CANON , dans la mujìque ancienne ,*c’étoit une réglé ou méthode de déter-miner les intervalles de? notes. Voye\Gamme , Note , Musique , (f c.
Canon , en musique moderne , est uneforte de fugue qu’on appelle perpétuelle ,parce que les parties partant l’une âpresT autre , répetent fans celle le mêmechant.
^ Autrefois, dit Zarlin , on mettoit à latête des fugues perpétuelles, qu’il appellefuglie in consegueaqa, certains avertisse-