Band 
Tome sixième.
Seite
190
JPEG-Download
 

î9 0 . C A N

l’autre moitié ce qu’ils ont fait fur la pre-mière.

Après cette préparation , le canoniermet au feu la lame ainsi roulée, la chauffedans son milieu, blanche & suante, laretire du feu & la porte fur l’enclume ;il tient l’extrêmité d’une main, & sou-tient l’autrc avec son marteau, fans quoila piece, dont le milieu est dans une efpecede fusion , fe fépareroit en deux parties.Le compagnon introduit dans le tube unebroche de fer un peu conique, dont le plusgrand diamètre a environ cinq lignes : lemaître & le compagnon frappent ensem-ble , à coups précipités, la partie échauf-fée , qui est d’un pouce & demi à deuxpouces de longueur tout au plus; cettemême partie est remise au feu une se-conde fois, chauffée au même degré, &battue avec la broche dedans. Si f enclumen’a point de cavité fur fa table, propreà recevoir la lame, tandis qu’on la bat,on y en adapte une postiche , pour don-ner la forme ronde à la piece.

Le compagnon a plusieurs broches fousfa main , afin de réemployer successive-ment que celle qui a une longueur suffi-sante pour servir de point d’appui inté-rieur à la partie qu’on soude. ( Voye\Soudure.)

Lorsque deux chaudes n’ont pas opérécomplètement la soudure, on en donneune troisième , après quoi l’on continuede souder ainsi le canon, depuis le milieujusqu’au tonnerre, en observant de nefaire les chaudes que de deux pouces auplus, & de boucher l’extrêmité du tubeavec de la terre grasse ou du crotin decheval, pour éviter de brûler le fer en-dedans, & empêcher qusil ne s’y intro-dune quelque corps étranger qui nuiroita la soudure. Le maître fait tomber cebouchon lorfqu’il retire la piece du feu ;& a foin d’en frapper F extrémité fur unèface de l’enclume, ce qui s’appelle refou-ler. Cette précaution est nécessaire, parceque la chaleur dilatant la matière en toutsens, il faut la frapper & presser en toutsens, pour en réunir les parties & éviterles crevasses en travers. Quand on est par-venu aux dernieres chaudes du tonnerre,on lç forge & oo achevs de le souder sur

C A N

une bigorne fixée à la face de l’enclume ;ce qui fait le même effet que la broche.

Lorsque le canon est refroidi, le ca-nonier le prend par le tonnerre & conti-nue de le souder depuis le milieu où ill’a commencé, jufqu’à la bouche, avecles mémes procédés & les mêmes précau-tions. Le canon ainsi forgé & soudé danstoute fa longueur , est remis au feu &chauffé de nouveau d’un bout à l’autre,de deux pouces en deux pouces ; mais onne lui donne que des chaudes douces, &on le bat à petits coups & très-rapide-ment, en observant de tremper les mar-teaux dans F eau ; le contraste du froid &du chaud détache les pailles & resserreles pores de la matière : on appelle cettederniere opération , repasser le canon.

Lorsque le travail de la forge est en-tièrement fini, le canon a environ troispieds huit pouces de longueur, & pessenviron six livres : mais comme la lamepréparée pour le fabriquer, n’a que troispieds deux pouces & pèse neuf livres, ilest évident qu’elle s’alonge de six poucesfous le marteau du canonier , & qu’elledéchoir de trois livres : on coupe l’extrê-mité du canon pour le réduire à trois piedssix pouces, qui est actuellement fa lon-gueur prescrite : c’est dans cet état qu’ilpasse à la machine à forer. Voye q FO-RAGE & Fondeur en hronze.

CANONIERES , f. f. pi. font les ten-tes de soldats Sc cavaliers. Une canoniercdoit contenir sept soldats. ( Q )CANONIQUE , se dit , en style deJurisprudence ecclésiastique^ de tout cequi est conforme à la disposition des ca-nons.

Canonique , (Droit) est un corpsde droit, ou recueil de loix ecclésiastiquesconcernant la discipline de Féghse. Cerecueil est compose, io. du Décret deGratien; 2°. des Décrétales ; 3°. d’unefuite des Décrétales, appelle'e le Sexte ;4°. des Clémentines , 50. des Extravagan-tes. Voye\ Canon , Décret , Décré-tais , Sexte , Clémentines , & Ex-travagantes.

Dans les églises protestantes i le droitcanonique a été fort abrégé depuis la re-formatipn, car elles n’en ont retenu qu s