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de la monarchie universelle, presque réa-lisée par Charles-Quint, commençoit àflatter dès-lors les ambitieuses espérancesdes empereurs. Leurs liaisons avec les papesles accoutumoient à se regarder, ainsi queles pontifes, comme les maîtres de 1 uni-vers. Frédéric écrivit à Canut avec cestyle impérieux, dont se servoit leur sain-teté, lorsqu’elle daignoit écrire aux rois.II lui manda que, s'il ne lui venoit fairehommage de ses états, il alloit en disposeren faveur de quelque prince mieux instruitde ses devoirs. Canut répondit " qu’avant„ de donner le Danemarck, il falloir ler> prendre ; puis mêlant la plaisanterie à la», fermeté, il ajouta que, íi Frédéric vou-,, loir lui céder la moitié de íòn empire,„ il s’avoueroit son vaílàl pour cette par-», tie ». Cependant Valdemar, auíïì esclavedes promesses de son pere que des lìennes,lui envoya fa soeur, âgée de sept ans, queValdemar avoit promise à Frédéric, ducde Souabe, second iìls de l’empereur.
Canuts peu inquiet du côté de l’Alle-magne , paíìà en Jutland , où quelquestroubles avoient rendu fa présence néces-saire. Bogislas, duc de Poméranie, créa-ture de Barberoulíè, & qui avoit juréd’ar-racher les armes à la main l’hommageque le roi refusoit à l’empire, saiíìt cettecirconstance, équipa une flotte, & préparaune irruption dans file de Rugen, dontle prince étoit vaílàl de Danemarck. Ab-salon qui pensoit qu’un bon ministre peut,sous un bon roi, agir par lui-même, n’at-tendit pas les ordres de Canut; il armaune flotte, attaqua celle de Bogislas, lamit en déroute , & ôta aux Vandales toutespoir de disputer déformais aux Danoisl’empire de la mer Baltique.
Bogislas apprit bientôt combien il estdangereux pour un prince d’époufer lesquerelles des grandes puiíiànces. Canut,revenu au soin de ses états, ne respira pluscfue la vengeance. 11 résolut de porter lefer & la flamme au soin de la Poméranie :l’infuîte que lui flt l’empereur en lui ren-voyant la Iccui, destinée au duc de Souabe,accrut encore sa íureur. H entra dans lesétats de Bogislas, a la teted’une puiíïàntearmée, laiíla un libre cours au brigandagede ses soldats, prit des. villes, rasa des íòr-
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terestès, défit le duc en plusieurs rencon-tres , le poursuivit, la lance dans les reins,jusques fous les murs de Cumin, où il futcontraint de fe renfermer. II voyoit fa pro-vince ravagée, ses soldats découragés, sesamis chancelans, Pempereur fe bornant àle plaindre au lieu de le secourir, un enne-mi triomphant, prêt à forcer son asyle ; ilrésolut de céder à sa mauvaise fortune, &compta plus fur la générosité de son vain-queur , que fur í’amitié politique de Ban*berouste. II sortit de Cumin avec toute fafamille, dans tout l’appareil de riníbrtune,fe jeta aux pieds de Canut, lui remit sesétats, & lui demanda la vie : cette sceneétoit Pinrtant du héros. Canut lui renditla Poméranie, à condition que de vastâlde l’empire, il deviendroit vastàl du Da-nemarck. Le vainqueur nc détacha de laprincipauté qu’il lui Iaiíîoit, que la seigneu-rie de Barth, dont il flt présent an princede Rugen , pour payer fit fidélité, & l'in-demniser des pertes qu’il avoit efluyées.Tant de grandeur d’ame fit fur le cœurde Bogislas une impression profonde, quine s’elf'aça jamais. 11 conçut tant d'estimepour Canut, que lorsqu’il mourut, eniiço , il ne voulut point partager ses étatsentre ses eníans. " Prenez Canut pour ar-„ bitre, leur dit-il ; je connois fa candeur.„ N’appellez point de fa décision., elle fera,, dictée par l’équité même. „
Cependant Canut, adoré de ses sujers,craint de ses vaísiuix, estime' de ses voi-sins , fe voyoit en état de rendre a 1 empe-reur tous les maux qu’il lui avoit faits. II.s’empara du Meklembourg , fit prisonniersBurewin Sc Niclot,.qui fedifputoientcetteprincipauté, la partagea entre les deux con-currens, reçut leur hommage, & leur ren-dit la liberté. Enflé de ce succès, il pénétraplus avant, soumit tout le Holstein, & re-cula les bornes de fa domination', depuisl’Elbe jusqu’à sonent de la Poméranie.Ainsi une démarche imprudente coûta àj Barberouíso une partie de son empire..
Canut, ayant satisfait ainsi fa vengeance-& l’on ambition , ne songea plus qu’à ver-ser f es bienfaits fur son peuple & fur fa fa-mille ; il donna à son trere Valdemar le du-ché de .Slesivick, apanage ordinaire des.princes du sang , à condition de foi 6c horn—