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Jà on fauve à la fois la double incommoditéde former & d’apprendre de nouveaux ca-ractères , les figures arabes ou les chiffresde l’arithmétique ordinaire ayant déjàtoute l’univerfalité que l’on demande.
Mais ici la difficulté est bien moins d’in-venter les caractères les plus simples , lesplus aisés, & les plus commodes, que d’en-gager les différentes nations à en faireusage ; elles ne s’accordent, dit M. de Fon-tenelle, qu’à ne pas entendre leurs intérêtscommuns. ( O)
Les caractères littéraux peuvent encorese diviser , eu égard aux différentes nationschez lesquelles ils ont pris naissance , &ou ils font en usage , en caractères grecs ycaractères hébraïques , caractères ro-mains y &c.
Le caractère dont on se sert aujourd’huicommunément par toute l’Europe , est lecaractère latin des anciens.
Le caractère latin se forma du grec, &celui-ci du phénicien , que Cadmus apportaen Grece.
Le caractère phénicien étoit le mêmeque celui de l’ancien hébreu, qui subsistajusqu’au tems de la captivité de Babylone ;après quoi l’on fit usage de celui des Assy-riens , qui est l’hébreu dont on sc sert àprésent; l’ancien ne se trouvant que furquelques médailles hébraïques , appelléescommunément médailles samaritaines.Voye% Samaritain.
Postel & d’autres prouvent qu’outre lephénicien, le caractère chaldéen , h sy-riaque & Yarabe éroient pareillementdérivés de l’ancien hébreu. Voye\ Hé-breu , &c.
Les François furent les premiers qui ad-mirent les caractères latins , avec l’officelatin de S. Grégoire. L’usage des caractèresgothiques , inventés par Ulsilas, fut abolidans un synode provincial, , ju i f e t ; nt: en1091 , à Léon, ville d’Espagne , & p onétablit en leur place les caractères latins.Voye\ Gothique.
Les médaillistes observent que le carac-tere grec } qui ne consiste qu’en lettres ma-juscules , a conservé son uniformité furtoutes les médailles jusqu’au tems de Gal-lien • on n’y trouve aucune altération dansle tour ou la figure du caractère , quoiqu’il
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y ait' plusieurs çhangemens considérables ;tant dans l’usage que dans la prononciation.Depuis le tems de Gallien, il paroît unpeu plus foible & plus rond. Dans l’efpacede tems quis’écoula entre le régné de Cons-tantin & celui de Michel, qui fut environde 500 ans , on ne trouve quo des carac-tères latins. Après Michel, les caractèresgrecs recommenceront à être en usage ;mais depuis ce tems , ils reçurent des al-térations , ainsi que le langage, qui ne futalors qu’un mélange de grec & de latin.Voye\ Grec.
Les médailles latines conservèrent leurscaractères & leur langue jusqu’à la transla-tion du siégé de l’empire à Constantino-ple. Vers le tems de Decius , le caractèrecommença à s’altérer, & à perdre de farondeur & de fa beauté : on la lui renditquelque tems après, & il subsista d’une ma-niéré passable jusqu’au tems de Juftin ; iltomba ensuite dans la derniere barbarie,dont nous venons de parler , fous le régnéde Michel ; ensuite il alla toujours de pis enpis, jusqu’à ce qu’enfin il dégénérât en go-thique. Ainsi plus le caractère est rond ,& mieux il est formé, plus l’on peut assu-rer qu’il est ancien. V’oye^ MÉDAILLE.
Nous nous servons de deux sortes de ca-ractères pour l’imprestìon des livres ; 10. leromain, 2.0. l’italique. Nous avons austideux sortes d’écritures à la main ; 10. labâtarde, qui est le plus en usage, & queles maîtres appellent aussi italienne ; 2.0. J aronde ou financière, nommée aussi fran-çoise. Voyez plus bas CARACTERES d’é-criture , &fonderie en CARACTERES.
Les caractères numéraux font ceuxdont on se sert pour exprimer les nom-bres ; ce font des lettres ou des figures ,que l’on appelle autrement chiffres. Lesefpeces de caractères , qui font principa-lement en usage aujourd’hui, sont le com-mun & le romain : on peut y joindre legrec & un autre nommé le caractère fran-çais , ainsi que les lettres des autres alpha-bets , dont on s’est servi pour exprimerles nombres.
Le caractère commun est celui que 1 on,appelle ordinairement le c&vcLclzrc ar&bc >parce que l’on suppose qu’il a été inventépar les astronomes arabes, quoique les