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théologiens sont partagés entr’eux. Durand,in 4 . difi. 4, quxst. I, dit que le caractèren’est point une qualité absolue distincte del’ame, mais une simple relation de raison,ou une dénomination extérieure, par la-quelle l’homme baptisé , confirmé ou or-donné , est disposé par la seule volonté deDieu , ou rendu propre à exercer, soitpassivement, soit activement , quelquesfonctions simples. Scot convient que lecaractère n’est pas une qualité absolue :mais st prétend que c’est une relation réelleque l’ame reçoit de dehors. D’autres enfinloutiennent que c’est quelque chose deréel & d’absolu, une espece de puiíïàncepour exercer ou recevoir des choses saintes,&c qui réside dans l’entendement commedans son sujet immédiat. Tournel, de sacr.in getter. qucefl. IV, art. n.
Les protestans nient l’existence du ca-ractère sacramentel , & disent qu’il a étéimaginé par le pape Innocent III ; cepen-dant ils ne réitèrent ni ne veulent qu’onréitéré le baptême. Voye\ Baptême.
Caractère , (Beaux-Arts.) c’estce qui constitue le propre d’une chose ,& qui la distingue des autres choses de lamême espece.
Les beaux-arts qui présentent à notreréflexion les objets visibles & invisiblesde la nature , doivent désigner chacund’eux de maniéré qu’on connoisfe à quelgenre il appartient, & par quelle propriétéil íe distingue de tout autre objet de Ionespece. Le talent de démêler avec préci-sion les traits caractéristiques , lait doncune des parties capitales de l'art. Lc pein-tre doit donner à chaque partie visible deJ’objet lc caractère du genre, & même lecaractère individue!, lorsqu’il est questionde portraits , & chaque artiste cn doitsavoir faire autant à fà maniéré.
Il faut pour cet ester qu’il soit doué d’un,esprit d’observation très-pénétrant ; qu’ilait, à l'égard des objets visibles, ce qu’onnomme le coup-d’ml du peintre ; & qu’àlimitation de ce dernier , il sache saisirrapidement les traits eílèntialsd’un objet,& les exprimer avec vérité: C’est danscerte habileté qoO semble consister le gé-nie propre aux beaux-arts ; le don de biensaisir les caractères est peut-être la mar-Tome VI.
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que la plus sûre du génie d’un artiste.
Parmi la grande variété d'objets dontles beaux-arts s’occupent , les caractèresdes êtres pensons font , fans contredit ,ceux qui intéressent davantage. L’expres-íion des caractères moraux est la plus im-portante partie de l’art, & c’est en parti-*culier le premier talent du poète. Dansles principaux genres de poésie, l’épopée& le drame, ce sont les caractères des per-sonnages qui forment la partie essentielledu poème. Sont-iîs bien destinés, ils nousmettent en état de lire dans le coeur deshommes , de pressentir l’impression desobjets extérieurs fur eux, de prévoir leurssentimens, leurs résolutions, & de con-noître distinctement les ressorts qui lesfont agir. Les caractères font proprementle portrait de l’ame, l’objet réel , dont leportrait du corps n’est que sombre. Lepoète qui sait tracer avec exactitude &avec force les caractères moraux , nousenseigne à connoìtre les hommes, & eumême tems à nous bien connoìtre nous-mémes. Mais f effet que des caractèresbien destinés font fur les facultés de notreame, ne íe borne pas à cette connoistànce ;car de même que nous partageons la dou-leur des personnes affligées , nous ressen-tons aussi tous les autres sentimens , dèsqu’on les exprime vivement & dans le vrai»Toute représentation forte de l’état d’uneame , nous fait éprouver aussi sensible-ment ce qui se pastè en elle, que si la chosese passoit en nous-mêmes. Par-là , les pen-sées & les sentimens des autres deviennenten quelque maniéré des modifications denotre propie être ; nous devenons impé-tueux avec Achille, prévoyans avec Ulyíso,&c intrépides avec Hector.
Les poètes peuvent doncà Paide descaractères qu’ils choisissent, exercer untrès-grand empire fur les cœurs. Les per-sonnages qui ont notre approbation, noustouchent le plus fortement. Nous rassem-blons toutes nos forces pour éprouver lesmêmes sentimens que l’on nous dépeintdans ceux dont le caractère nouî a char-més. Ceux qui nous déplaisent, au con-traire , excitent en nous une forte aver-sion , parce qu’étant, pour ainsi dire , né-cessités de ressentir aussi leur situation, ijOo