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Ce qui est un déíàut dans un particulier ,est quelquefois une vertu dans une com-pagnie. 11 ferait néceílàire , par exemple,suivant la remarque d’un homme d’esprit,que les compagnies littéraires fùííènt pé-dantes.
Souvent le caractère d’une société esttrès-différent de celui de la nation , oùelle fe trouve pour ainíì dire transplantée.Des corps, par exemple , qui dans unemonarchie feroient vœu de fidélité à unautre prince qu’à leur souverain légitime,devroient naturellement avoir moins d'at-tachement pour ce souverain que le restede la nation ; c’est la raison pour laquelleles moines ont fait tant de mal á laFrance , du tems de la ligue : il ne fautpas croire cependant que cet esprit nechange pas : d’autres tems, d’autres mœurs.« Les religieux , dont les chefs résident,, à Rome, dit le célébré M. de Voltaire,„ dans son admirable EJsai sur le siécle„ de Louis XIV, font autant de sujets„ immédiats du pape, répandus dans tous» les états. La coutume qui fait tout,„ & qui est cause que le monde est gou-verne par des abus comme par des loix ,„ n’a pas toujours permis aux princes de,, remédier entièrement à un danger qui„ tient d ailleurs à des choses ufiles &,, sacrées. Prêter serment à un autre qu’à„ son prince, est un crime de lese-ma-„ jellédans un laïque \ c’est dans le cloître„ un acte de religion. La difficulté de» savoir à quel point on doit obéir au» souverain étranger, la facilité de se laistèr„ séduire , le plaisir de secouer un joug>, naturel , pour en prendre un qu’on se« donne à soi-même , l’esprit de trouble,ìì le malheur des tems , n’ont que tropn souvent porté des ordres entiers dej) religieux a servir Rome contre leur,, patrie.
, » L’esprit éclairé qui rogne en France,, depuis un siecle , & qui s’est étendu„ dans presque toutes les conditions, ae ' t é Je meilleur remede à cet abus. Les„ bons livres écrits fur cette matière ,„ f ont de vrais services rendus aux rois„ & aux peuples : &' un des grands chan-„ gemens qui se soient faits par ce moyen» dans nos moeurs íous Louis aIV , c est
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» la persuasion dans laquelle les religieuxm commencent tous à être , qu’i'.s sent>, sujets du roi avant que d’étre serviteurs» du pape. » Ainsi , pour !e salut desétats, la philosophie brise enfin les portesfermées. (O)
Caractère se dit auffi de certainesqualités visibles qui attirent du respect &de la vénération à ceux qui en sont re-vêtus. La majesté des rois leur donne uncaraclere qui leur attire le respect despeuples. Un évêque soutiendroit son ca-ractère par son savoir & la vertu , beau-coup plus que par l’éclat de la vanitémondaine , &c. Le droit des gens metle caraclere d’un ambassadeur à couvertde toute insulte.
Caractère , en théologie , c’est unemarque spirituelle & ineffaçable, impriméeà l’ame par quelques sacremens , ce quifait qu on ne peut pas réitérer ces fà-cremens,
II n’y a que trois sacremens qui impri-ment çaraclere ; savoir , le baptême , laconfirmation & Tordre : aussi ne les réi-téré—t—on jamais, même aux hérétiques ,pourvu qu’en le leur conférant, il n’ait rienmanqué d’eíîèntiel dans la forme ni dansla matière.
Les catholiques sondent Texiftence &la réalité du caraclere sur quelques paflágesde S. Paul, qui ne paraissent pas égale-ment concluans, non-ltulemcnt aux pro-testai! s , mais même à plusieurs théologienscatholiques. On en trouve des preuves plussolides dans la tradition. S. Augustin, en-tr’autres, écrivant contre les donatistes,& parlant des sacremens de baptême &d’ordre , dit : Utrumque J'acramentumejl, & quadatn consecr atione utrumquehomini datur f illud cum baptisatur , ijìudcum ordinatur ; ideoque in catholicautrumque non licet iterari. Episl. contr.P arme n. n°. 28. La même chose est prou-vée par la doctrine de toute Téglise d’Afri-que contre les donatistes, qui rebapti-soient & re'ordonnoient les catholiques.Le caraclere qu’impriment certains sacre-mens , ne fe perd ni par le crime , ni parl’héresie, ni par le schisme.
Voilà ce qu’enseigne Téglise. Quant *la aature ou Teílciicc du caraclere , les
théologiens
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