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Tome sixième.
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fait prendre encore deux nouveaux angíes.

Les cardiers doivent être attentifs à ceque l’instrument dont ils fe fervent pourdoubler les dents, toit fait de façon qu’ilsri’en paillent doubler qu’un rang a la fois,ík non plusieurs , comme ils le font ordi-nairement aíìn d’aller plus vite, parce qu’endoublant plusieurs rangs de 61 à la ibis ,celui de dessous est moins large que celuide dessus, ce qui rend les dents d’une lon-gueur inégalé. Pour cet effet, ils ne doi-vent cracher qu’une ou deux dents à la fois.Pour peu qu’ils se négligent dans la maniéréde faire les cardes, l’apprêt des laines s’enrossent beaucoup, & les laines n’ont jamaisla perfection de travail dont elles font susccptiblcs. Lorsque les cardiers n’observentpas de réglé 6xe dans leur láçon de fabri-quer , & que les cardeurs emploient indis-tinctement toute sorte de cardes, les draps& les étoffes qu’on en fabrique font beau-coup moins paríáits : aussi l’arrétdu conseild’état du roi, du 30 décembre 1727, leur aprescrit la forme, la matière & le nombrede rangs de dents que chaque espece decarde doit avoir , asm que la laine étantmieux cardée, les phoques ou feuillets delaine cardée qui en proviennent, fournis-sent une soie égale & un 61 de même gros-seur , pour que le drap soit également fortpar-to ut.

Lorsque les pointes font crochées , onles passe dans les trous de la peau piquee &rendue fur lepanteur: cette opérations’ap-pelle bouter ou ficher. Lorfqu’on a boute'y& que la peau est couverte de pointes oucrocs, on passe dessus de la colle - forte,après s’être bien asturé qu’il n’y a point decrocs à contrc-sens. Loriqu’on a bien 6xéles crocs fur le feuillet avec la colle-fortedont on 1 a enduit, on prend une pierre degi cs tres-nne ; on enleve lc morstl, & l’onaiguise les pointes des crocs en paslànt cettepierre deíîùs. Cette opération s'appellehabiller ou rhabiller la carde.

Après que la carde est habillée , on dé-mêle les crocs qui font embarraílês les unsdans les autres, avec un instrument appeliéfendoir: ensuite on prend un autre instru-ment appelié drejseur, qui sert ^redreslerles trocs versés ou renversés. L’usage dufoncloir est de mettre les crocs en ligne, tk

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de les démêler: celui du dresseur, c’ess deplacer tous les sommets des angles dans unmême plan parallèle au feuillet , & de ren-dre tous les crocs bien perpendiculaires, oudans une même inclinaison. II s’agit ensuitede recorder la carde , c’est-d-dire, d’exa-miner tous les crocs , d’óter ceux qui fefont cassés, soit dans l’opération du fendoir,soit dans celle du dresseur, & ceux qui fefont trouvés trop courts. Pour cet esset,on ôte la colle dans Pendroit du feuilletauquel ils correspondent, & on leur ensubstitue d’autres.

Quand la carde a reçu routes ces façons,on Ta détend pour la monter fur un mor-ceau de bois de-h être de même grandeur.Lorsque la carde est montée, on la mauve;ce qui consiste à repasser les pointes augrès, & donner la derniere façon , tanc àcelles qu’on a substituées, qu’aux autres.

Les cardes pour le coton ne font pasdifférentes de celles qu’on emploie pourla laine. Ce sont celles qui fervent à carderfur le genou, & qu’on appelle vulgaire-ment petites cardes.

On fait plusieurs espèces de cardes, desdroujfieles ou grandes cardes, qu’on nommeauííi ficordafies d Carcastòne ; des ploque-rejfies ou cardes qui ont dix à onze poucesde longueur , fur lìx de largeur ; des éto-que rej) es de huit pouces & demi de long,fur cinq de large; des repafierejses qui sontà peu près de la longueur &: de la largeurdes étoqueresses. Ces trois dernieres cardesservent pour les draps de couleur qui sontbeaucoup mélangés.

Le roi a donné, par arrêt du 30 décembre 1727, divers réglemens pour toutesles cardes qui doivent être de longueur Llargeur différentes, suivant la qualité de lalaine qu’elles doivent carder. Voye\ lesRégie mens généraux peur les manus délu-rés , tome III , page 257.

Les statuts des maîtres cardeurs de Parisleur donnent, entr’autresqualités, celle decardiers , á cause qu’il leur est permis defaite &. monter des cardes : ils fe ferventneanmoms rarement de cette faculté: ilss’en fournissent ordinairement chez le»cardiers de Paris, ou ils les tirent dés pro-vinces du royaume , & des pays étrangers,particulièrement de Hollande.