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Tome sixième.
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femmes, elle loue la douceur de fa société,la sagesse de son gouvernement, ainíì queson amour pour la justice & pour les belles-lettres. II parloir le latin avec autant de fa-cilité que fa langue naturelle : prince paci-fique , mais éclairé, son amour pour la paixne nuisit point à son autorité, dont il semontra toujours jaloux. Ce tableau esttracé d’aprèsFortunat. Grégoire de Toursne nous parle que des vices de ce prince.

Gontran & Chilperic ne furent pas plusscrupuleux dans leurs mariages : le pre-mier négligea la reine Mercatrude la fem-me, & tint deux concubines, Venerande& Austrigilde. Ce fut de cette dernierequ’il eut Clotaire & Clodomir. Chilpericse livra à tous les excès d’un amour for-cené avec Fredegondesa maîtrestè, & lutle tyran d’Audouere sa femme.

Sigibert n’eut point, comme ses frétés,à rougir de ses alliances ; il épousa la fillecadette d’Atanagilde, roi des Viíigoths enEspagne. C’étoit l’illustre Brunehaut ,prin-ceílè vraiment digne de partager le trôned’un héros. Les noces lurent célébrées aMetz avec la derniere magnificence , & lesdeux époux vécurent toujours depuis dansl, ne_ union que la vertu feule peut entre-tenir.

Un dégoût malheureusement passagerque ressentit Chilperic pour sa Frede-gonde, lui inspira le dessein de la ren-voyer : il demanda Galasonte , sœur ainéedel’illustreBrunehaut. Atanagilde eut bien«e la peine à consentir à ce mariage, dontil craignoit les silices pour fa fille. II exigeale serment des François , comme Chilpericn auroit jamaisd’autrefemme. la nouvelleépouse fût reçue à la cour de boisions,avec les démonstrations de la joie la plusvive, ou plutôt avec les transports du plusardent amour : mais cen’étoit qu’un feu pas-sager ; la passion du roi pour Fr edegonde netarda pas à se rallumer. Galasonte íe voyantticghgee, demanda a repaslec en Espagne :ne pouvant en obtenir la permission , ellesitses plaintes dans l’asleinblée générale.Les seigneurs ie montrèrent fideles au fer-ment qu ils avoient fait au ro ; ^ y isi _goths, & obligèrent Chilperic de renon-cer á íà concuaine. La destinée de Gala-sonte n’en devint pas moi-Ileure. Celte

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princesse fiit trouvée morte dans son lit :on l’avoit étranglée. Ce crime fut-il l’ou-vrage de Chilperic, ou de Fredegonde?

II est à croire qu’ils y trempèrent l’tin &l’autre : au moins leur intelligence aprèsce meurtre, autorise ce soupçon. La reined’Austrafie eût bien voulu venger la morsde son infortunée sœur ; elle engagea mêmeSigibert dans une guerre contre Chil-peric , qui, pour Pappaiser , lui donna la.dépouille de Galasonte.

Cependant Gontran, Chilperic'& Sigi-bert s’alíèmblerent pour faire le partagedes états de Caribert.l&s seigneurs n’eurentpoint d’égard à ce qui pouvoit convenir àchacun de ces princes : par exemple ,Avranche se trouva dans le lot du roid’Austrafie. Tous trois avoientune grandeprédileólion pour Paris, qui cependantn’ossroit rien de cette magnificence qu’ony admire aujourd’hui. Son territoire futpartagé entre eux ; & tous trois firentserment de ne point entrer dans la villefans la permission des deux autres.

Incontinent après le partage , qui ne futpas également au gré des trois princes, lesHuns Abares firent une irruption dans laThuringe. Sigebert, qui étoit particulière-ment intéreslë à les repousser, se mit aussi-tôt en campagne • c’étoit pour la troisièmefois qu’il en venoit aux mains avec ces peu-ples. II les avoir vaincus dans les deuxpremieres ; cette troisième fut des plusmalheureuses : lesHuns taillèrent son armeecn pieces, & lui-mérae se vit sur le pointd’être réduit en servitude. II étoit dansla situation la plus critique ; mais fa pru-dence ne l’abandonna pas. Il eut recoursaux préfens, & fa générosité désarma sesvainqueurs. Les Abares lui permirent deseire fa retraite ; ils firent méme allianceavec lui & l e comblèrent de caresses.

ontran étoit occupé contre les Lom-bards , qui defiroient joindre quelques pro-vinces de ses états au royaume qu’ils ve-noient de fonder en Italie. Sigebert, pro-fitant de Ion embarras , surprit la ville d’Ar-les , fur laquelle il avoit des droits. Sonavantage ne siit pas de longue durée : lesgénéraux de Gontran reprirent non-scule-ment la ville d’Arles, mais méme ils con-quirent celle d’Avignon fur Sigebert. Cha-