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cun de? princes aspiroit à se revêtir desdépouilles de l’autre. Chilperic excité parFredegonde, profite de la querelle de sesfreres, & envoie contre le roi d’Austrasie,Clovis, l'on second fils, qui se signale parla prise de Tours & de Poitiers. Sigebert& Contran s’étant réconciliés , les villesfurent rendues à leurs premiers maîtres ;il y eut mêtne un traité : mais une disputeecclésiastique occasionna une rupture entreContran & Sigebert. Chilperic attentif àce qui se pastòit à la cour de ses frétés ,crut devoir profiter de leur mésintelligen-ce j il envoya Théodebert son fils, sur lesterres de Sigebert. Ce jeune prince rem-porta de très-grands avantages : mais le roid’Austrasie ayant fait entrer fur le terri-toire de Soiflons une armée allemande ,Chilperic fut contraint de demander lapaix : elle lui fut accordée par l’entremifedes seigneurs François.Les trois freres pro-mirent par serment de ne rien entrepren-dre les uns contre les autres. Ce sermentfut bientôt violé : le roi d’Austrasie avoirà peine congédié ses troupes , que Chilpe-ric , & Théodebert son fils, ligués avecContran , reprirent les armes. Le premierentre dans la Champagne, qu’il parcourten brigand. Le second marche en Aqui-taine , où il combat & meurt en héros.Cette mort, la réconciliation du roi deBourgogne , & les approches de l’arméede Germanie, íement la consternation â lacour de Soiflons. Chilperic, au désespoir,se sauve dans Tournai, où il s’ensermeavec Fredegonde qui y accoucha d’un fils.Tout plie fous les coups du monarque Aus-tralien ; tout fuit devant lui. Chilperic ,ou plutôt Fredegonde , désespérant d’é-chapper au péril, le fait assassiner dansVitri, ou il étoit allé recevoir l’hemmagcdes habitans Ainsi, dit M. Velli, péritau nuheu de ses triomphes le monarque leplus parfait qui eût encore paru fur le trôneFrançois: généreux, libéral, bienfaisant ,jamais souverain ne régna avec plus d’em-pire fur le cccur de ses sujets ; intrépidedans le danger, inébranlable dans le mal-heur , il fut jusques dans les fers se con-cilier- le respect 6c l’arnour d’un vainqueurqui avoir à peine 1 extérieur de 1 humani-té. Réglé dans ses moeurs , roi jusques
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dans ses inclinations, on ne le vit points’attacher à des objets qui déshonorent lamajesté. On peut dire que son régné futcelui de la décence & de l’honneur : il eûtété celui de toutes les vertus, si ce princeeût su vaincre le ressentiment quil’animoità la perte de son frere ; le caractère deChilperic est en quelque sorte sa justifica-tion. II avoir à sa mort quarante-cinq ans,dont il avoir régné quatorze. Son corpsfur tranporté à saint Médard de Soiflons ,où il fut inhumé près de Clotaire I, sonpere. Chilperic, profitant de 1 ’astàfsinatcommis dans la personne de Sigebert, sortde Tournai & poursuit à son tour les Aus-traliens à demi vaincus par la douleur queleur occasionnoit la perte de leur roi. IIse rend maître de la veuve & des enfansde Sigebert, qu’il confine dans une prison.Chilperic se regardoit comme le plus heu-reux monarque de la terre, lorsque ses in-quiétudes se réveillèrent. Un seigneur avoirtrouvé le secret de délivrer Childebert, fils& unique héritier de Sigebert, & savoirfait proclamer roi d’Austrasie, malgré l’ex-trême jeunesse de ce prince. Brunehautfut aussi délivrée, non pas par des seigneursde la cour du feu roi ; ce fut Merouée,propre fils de Chilperic , qu’elle avoir eufart d’intérestèr, qui brisa ses fers. Chil-peric paya bien cher la sensibilité qu’il avoirmontrée pour elle. Fredegonde le fit astàs-siner potar l’en punir. L’histoire n’a pas detraits pour peindre cette Fredegonde : elles’applaudiflòit de ses crimes, & les com-mettoit avec ce sang froid, avec ce calmequi paroît sur le front du sage, lorsqu’ilverse ses bienfaits fur les malheureux quíl’entourent. Elle semble un tigre au milieude la famille royale ; ello n’avoit pas im-molé une victime , que ses yeux en cher-choient une autre. Clovis, dernier filsde Chilperic, nc put lui échapper, : ellele sir assassiner, sous prétexte qu’il avoir faitempoisonner ses trois fils, morts de dyf-sencerie. Chilperic fit la triste expériencequ’il n’est pas toujours sûr de vivre avecde semblables monstres ; elle le fit assassinerà Chclles, comme il revenoit d’une partiede chaste (en 584). EU e commit ce nou-veau crime pour échapper â la vengeancedu roi, qui avoir découvert le commerce