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Tome sixième.
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ploient du carreau mal cuit ; & quand onse plaint de leur travail, ils disent que s ilsfuioient un lit de plâtre , ce plâtre pous-seroit ; ce qui est faux : il est d’experienceque le plâtre pur attache le carreau n for-tement , qu il se détache difficilement.

CARRET , s. m. ( Corderie.) fil decarre t, gros fil qui sert à faire les cordages.Voye\ F article CORDERIE.

CARRET, fil de carret , ( Marine.) estencore un fil tiré de Pun des cordons dequelque vieux cable coupé par morceaux.On s’en sert dans les vaisseaux quand onveut raccommoder quelque manœuvrerompue. ( Z)

CARRETTO, ( Geog. ) petite villed’Italie dans la province d’Aqui, au duchéde Montferrat.

CARRIARIC , roi des Sueves. {Hifl.d’Espagne.) II régné une si étonnante con-fusiòn dans P histoire des Goths, des Visi-goths & des Sueves, que nous pouvons àpeine nous former une idée des mœurs,du caractère & des usages de ces peuples.Quant aux événemens qui fe font pasléschez eux, les analistes qui nous les onttransmis ont pris foin de les surcharger detant de circonstances singulières, abíurdesou évidemment fabuleuses, qu’iln’estabso-lument plus possible de démêler la vérité àtravers cette énorme compilation d’extra-vagantes rêveries. Je fuis persuadé que lesSueves ont été gouvernés quelquefois pardes souverains illustres , par des princeséclairés ; mais ces rois ont été malheureuxde vivre dans des siécles d’ignorance, debarbarie & de superstition ; il n ’y avoitalors personne qui pût , sans recourir aumerveilleux le plus incroyable, écrire l’hil-toire de leur régné, & faire le récit deleurs grandes actions. On aíïùre, & celapeut etre , que Carriaric fi.it un grandhomme, un excellent politique, un très-habile négociateur. On ajoute qu’il fe dis-tingua aussi par la douceur de son carac-tère ; mais on prétend que le ciel fit enla faveur tant de miracles, qu’on est pres-que tenté de rejeter les actions & les gran-des qualités de ce souverain : en un mot,nous ne savons autre chose de certainau lu,et de Carriaric , si C e n’est qu’ilniontti lur Ic tronc des Sueves vers

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Lc qu’il fut contemporain d’Agita,roi des Visigoths. On asiure qu’il fut bien-faisant , pacifique , affable & généreux ;qu’il s’occupa utilement du foin de rendreaussi florisiàns qu’ils pouvoient l’être dansce tems', ses états qui comprenoient lePortugal, la Galice, une partie de la sou-veraineté des Asturics, ou même toutecette principauté. Quelques anciens com-pilateurs que Grégoire de Tours eût pu sedispenser de copier, racontent que Théo-domir , fils unique de ce prince , sot atta-qué d’une maladie que les plus habilesmédecins de son siede ne purent ni con-noître , ni guérir ; que le roi, vivementaffligé de la situation désespérée de son fils& ayant entendu parler des miracles cha-que jour opérés par l’intercession de S. Mar-tin, jadis évêque de Tours, congédia lesmédecins, & fit vœu d’embraffer le catho-licisme , si par l’intercession du même saintle jeune prince recouvroit la santé. Cevœu fut à peine formé, dit Grégoire deTours , que Carriaric envoya plusieursdéputés visiter en son nom le tombeau deS. Martin , & Iaislèr fur ce tombeau detrès-riches préfens , & fur-tout une massed’or & d’argent du poids de Théodomir.Les députés remplirent exactement leurcommission : ils revinrent, & dirent auroi des Sueves qu’ils avoient été témoinsd’une prodigieuse quantité de miracles:mais malgré tous ces prodiges & la richessedes préfens offerts par les députés, S. Mar-tin ne paroistòit pas s’intéreíser encore aufort de Théodomir, dont la maladie em-piroit de jour en jour. Carriaric , afindene Iaislèr aucun prétexte de refus à S. Mar-tin , abjura l’arianisme qu’il avoit professéjufqu’alors , embrassa la religion catholi-que,^ construire une église magnifiqueious 1 invocation de S. Martin, & envoyade nouveaux députés à Tours , chargés detrésors, avec ordre de demander des reli-ques du saint pour l’églife qu’on venoit deconstruire. Cette seconde démarche eut lesuccès le plus complet. S. Martin , dit-on »touché de la persévérance du roi des Sue-ves , & de la richesse des préfens, renditla santé au jeune prince qui, à l’exemplcde son pere, embraslà la foi catholique.Voilà ce que Grégoire de Tours a fortC c c ij