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Tome sixième.
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aine le parti de îa robe , fembîoit destinerle jeune du Perron à celui de la guerre :mais la grande jeuneílè & la foibleílè deson tempérament ne lui permettant pasde l’expofer si-tót aux travaux de ce mé-tier pénible, il J’envoya à Paris, aprèsqu’iî tut fini le cours de ses études.

Le jeune Defcartes s’y livra d’abordaux plaisirs , & conçut une paílìon d’au-tant plus forte pour la jeu, qu’il y étoitheureux. Mais il s’en désabusa bientôt ,tant par les bons avis du P. Mersenne ,cju’il avoir connu à la Fléché , que par lespropres réflexions. II songea alors à feremettre à l’étude , qu’il avoir abandon-née depuis fa sortie du college ; & se reti-rant pour cet effet de tout commerce oisif,il fe logea dans une maison écartée dufauxbourg S. Germain, sans avertir sesamis du lieu de fa retraite. II y demeura«ne partie de Tannée 1614, & les deux.suivantes presque entieres, fans en sortir,"& fans voir personne.

Ayant ainsi repris le goût de l’étude,,il fe livra entièrement à celle des mathé-matiques, auxquell es il voulut donner cegrand loisir qu’il s’étoit procuré ; & il cul-tiva particulièrement la géométrie & l’ana-iyíe des anciens , qu’il avoir déjà approfon-die dès le college.

Lorsqu’il se vit âgé de vingt-un ans > ilcrut qu’il étoit teins de songer à se mettredans le service > il se rendit pour cela enHollande , afin d’y porter les armes fousle prince Maurice. Quoiqu’il choisit cetteécole , qui étoit la plusjarillante qu’il yeût alors, par le grand ntfmbre de hérosqui sb iòrmerent fous ce grand- capitaine,il n’avoit pas deíléin de devenir grandguerrier ; il ne vouloir être que spectateurdes rôles qui fe jouent fur ce grand théâ-tre , & étudier feulement les mœurs desnommes qui y paroiílçnt. Ce fut pourcette rail on qu il ne voulut point d’emploi,& qu’il s’entretint toujours à ses dépens,quoique pour garder la forme , il eût reçuune fois la paie.

Comme on jouiíloit alors de la treve ,Defcartes pastà tout ce rems en garnisonà Brçda : mais il n’y demeura pas oisif.Un problème qu’il y résolut avec beau-coup de facilité j le sic connoître à Isaac

C Á R

Beechnan , principal du college de Dor-drechc , lequel fe trouvoit à Breda, &cpar son moyen à plusieurs favans du pays.

II y travailla aufli à plusieurs ouvrages,dont le seul qui ait été imprimé , est sonTraite de la musique. II le composa enlatin, suivant l’habitude qu’il avoir de con-cevoir & d’écrire en cette langue. Aprèsavoir fait quelques autres campagnes sousdifférens généraux , il fe dégoûta du mé-tier de la guerre, & y renonça avant lasin de la campagne de 162,1.

II avoir remis à la sin de fes voyages àse déterminer sur lechoixd’un état: mais,toutes réflexions faites, il jugea qu’il étoitplus à propos pour lui de ne s’assujettirà aucun emploi, & de demeurer maîtrede lui-méme.

Après beaucoup d’autres voyages qu’ilfit dans différens pays , la reine Christinede Suede, à qui il avoir envoyé son Traitédes pajjio/is , lui sit faire, au commence-ment de Tannée 1649 , de grandes instan-ces pour Pengager à fe rendre à fa cour.Quelque répugnance qu’il so sentît pour cenouveau voyage , il ne put s’empêcher defe rendre aux désirs de cette princestè , &il partit fur un vaiíîeau qu’elle lui avoirenvoyé. 11 arriva à Stockolm.au com-mencement du mois d’octobre, & il allaloger à l’hótel de M. Chanut , ambassa-deur de France, son ami, qui étoit alorsabsent.

La reine , qu’il alla voir le lendemain.,le reçut avec une distinction qui fut remar-quée par toute la cour, & qui contribuapeut-être à augmenter la jalousie de quel-ques favans , auxquek l'on arrivée avoirparu redoutable. Elle prit dans une secondevisite des mesures avec lui, pour appren-dre fa philosophie de sa propre bouche ;& jugeant qu’elle auroit besoin de toutson esprit & de toute son application poury réussir , elle choisit la premiers heured’après son lever pour cette étude, commele tems le plus tranquille & le plus librede la journée, où elle avoit l’efprit pluscalme , & la tète plus. dégagée des em-barras des affaires.

Defcartes s’assujettit à l’aller trouverdans fa bibliothèque tous les matins a cinqheures, íans s’cxcufer fur le dérangement