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Tome sixième.
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Hir C A R.

lui vint de Renverser ce mauvais édifice,& de rebâtir le tout de nouveau en met-tant plus d’ordre &. de liaison dans sesconnaissances.

i. II commença par mettre à part lesvérités révélées ; parce qu’il pensoit, difoit-il, que pour entreprendre de les examinerÙ y re'uffìr , ii étoit besoin d'avoir quel-qu’ extraordinaire ajjìftance da ciel , &d’être plus qu’homme.

z. II prit donc pour premiere maximede conduite, d’obéir aux loix & aux coutu-mes de son pays, retenant constammentla religion dans laquelle Dieu lui avo-tfaitla grâce d’être instruit dès l’enfance, & segouvernant en toute autre chose selon lesopinions les plus modérées.

3. II crut qu’il étoit deja prudence dese prescrire par provision cette réglé,parce que la recherche successive des véri-tés qu’il vouloir savoir , pouvoit être très-longue ; & que les actions de la vie nesouffrant aucun délai, il faiioit se faire unplan de conduite : ce qui lui fit joindre uneseconde maxime à la précédente , qui étoitd’être le plus ferme S; le plus résolu en sesactions qu’il le pourroit, & de ne pus suivremoins constamment les opinions ies plusdouteuses lorsqu’il s’y seroitune fois déter-miné , que si elles eussent été très-assurées.Sa troisième maxime fut de tâcher tou-jours plutôt de se vaincre que la fortune,& de changer plutôt ses désirs que l’ordrcdu monde. Réfléchissant enfin fur les di-verses occupations des hommes, pour fairechoix de la meilleure , il crut ne pouvoirrien faire de mieux, que d’employer fa vieà cultiver fa raison par la méthode quenous allons exposer.

4. Defcartes s’étant aíuiré de ces maxi-, les ayant mises à part, avec les

vérités de foi qui ont toujours été les pre-mières en fa creance, jugea que pour toutle reste de ses opinions, il pouvoit libre-ment entreprendre de s’en défaire.

« A cause i dit - il, que nos sens nous-, trompent quelquefois, je voulus suppo-„ f er q,,’;] n ’y aroit aucune chose qui fut„ telle qu’ils nous la font imaginer ; &» parce qu’il y a des hommes qui se mé--, prennent en raisonnant , même tou-» chant les plus simples matières <ie géo-

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métrie & y font des paralogisme; ,

„ jugeant que j’étois sujet à faillir autant», qu’un autre, jè rejetai comme faussés

toutes Ies raisons que j’avois prises nupa-» r avant pour des démonstrations : & en*

», fin considérant 'que toutes les mêmes», pensées que nous avons étant éveillés,

», nous peuvent aussi venir quand nous>, dormons, fans qu’il y en ait aucune», pour lors qui soit vraie , je résolus dc», feindre que toutes les choses qui m’é-», toient jamais entrées dans l’efprit, n’é-», toient non plus vraies que les illusions», de mes songes. Mais aum-tót après jc», pris garde que pendant que je voulois» ainsi penser que tout étoit faux, il falloit», nécessairement que moi qui le pensois ,

,5 fusse quelque chose : & remarquant que», cette vérité , je pense y donc je suis ,

», étoit si ferme & si assurée, que toutes», les plus extravagantes suppositions des», sceptiques n’étoient pas capables de l’é-», branler, je jugeai que je pouvois la rece-», voir fans scrupule pour lé premier prin*

», cipe de la philosophie que je chcrchois.

», Puis examinant avec attention ce que», j’étois, & voyant que je pouvois feindre„ que je n’avois aucun corps, & qu’il n’y„ avoir aucun monde, ni aucun lieu où», je fusse , mais que je ne pouvois pas» feindre pour cela que je n’étois point,

», & qu’au contraire de cela même que», je pensois à douter de la vérité des au-», tres choses, il suivoit très-évidemment„ & très-cei sainement que j’étois ; au lieu», que si j'eusse seulement cessé de penser,

„ encore que tout le reste de ce que j’avois>1 jamais imaginé eût été vrai, je n’avois„ aucune raison de croire que j'eusse été :

>, - je connus de là que j’étois une substance„ dont toute l’essence ou la nature n’est», que de penser, & qui pour être n a», besoin d’aucun lieu, ni ne dépend d au-» cune chose matérielle ; ensorte que ce», moi, c’est-à-dire, Pâme par laquelle 1 e», suis ce que je fuis, est entièrement dii-», tincte du corps, & même qu’e!Ie_ est», plus aisée à connoître que lui, C! ?~

», core qu’il ne fût point, elle ne laisseroit», pas d’être tout ce qu’ellc est- , , ,

», -Après cela je considérai en gentia c„ qui est requis à une proposition poi

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