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Tome sixième.
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,, être vraie & certaine: car puisque je,1 venois d’en trouver une que jc favois» être telle, je pensai que je devois ausii,, lavoir en quoi consiste cette certitude ;„ & ayant remarqué qu’il n’y a rien du„ tout cn ceci, je pense , donc je suis ,„ qui m’aílure que je dis la vérité', linon„ que je vois très-iclairement que pour„ penser il faut être, je jugeai,que je„ pouvois prendre pour réglé générale,)} que les choses que nous concevons fort„ clairement & fort distinctement, fontv toutes vraies. »

Descartes s'étend plus an long dansses Méditations , que dans le Difcours furla méthode , pour prouver qu’il ne peutpenser sans être : & de peur qu'on ne luiconteste ce premier point, il va au-devantde tout ce qu’on pouvoir lui opposer , &trouve toujours qu’il pense , & que s’ilpense, il est, soit qu’il veille, soit qu’ilsommeille , soit qu’un esprit supérieur ouune divinité puissante s’appsique à le trom-per. II se procure ainsi une premiere cer-titude ; ne s'en trouvant redevable qu’à laclarté de f idée qui le touche , il fonde là-dessus cette réglé célébré , de tenir pourvrai ce qui efi clairement contenu dansVidée qu’on a déune chose ; &c l’on voitpar toute la fuite de ses raisonnemens,qu’il fous-catencl âc ajoute une avare partieà fa réglé, savoir, de ne tenir pour vraique ce qui est clair.

6 . Le premier usage qu’il sait de saréglé, c’est de rappliquer aux idées qu’iltrouve en lui - même. II remarque qu’ilcherche, qu’il doute, qu’il est incertain ;d’où il infère qu’il est imparfait. Mais ilfut en même tems qu’il est plus beau delavoir, d’étre fans foiblesle, d’être parfait.Lette idée d’un être parfait lui paroît en-niite avoir une réalité qu’il ne peut tirer duronds de son imperfection : & il trouve cela

ciair , qu’il en conclut qu’il y a un.êtres ouverainement parfait, qu’il appelle Dieu,oe qm seul il a pu recevoir une toile idée.FqyfÇ CoSMOJ.ociE.

7 - ^ fortifie dans cette découverte ,en considérant que l’existence étant unepcr.cction, est renfermée dans l'kiée d’unetre iouveramement parfait. II .fe croitdonc aussi autorisé par sa réglé à affirmer

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rue Dieu existe , qu’à prononcer que luiIIescartes existe puisqu il pense.

8. II continue de cette sorte à réunirpar plusieurs conséquences immédiates,une premiere fuite de connoiílànces qu’ilcroit parfaitement évidentes, fur la naturede I’ame, fur celle de Dieu , & fur la naturedu corps.

9. 11 fait une remarque impcrtrnte su r faméthode, savoir, que “ ces longues chaînes» de raiffins toutes simples & faciles, dont77 les géomètres ont coutume de sie servir7> pour parvenir à leurs plus difficiles dé-„ monstratiom , lui avoient conné occa-7; sion des’imaginer que routes les choses» qui peuvent tomber feus la ccnnoilîànce7ì des hommes, s’entre-íuivent en même„ façon ; & que pourvu feulement qu’cn>7 s’abstiennne d’en recevoir aucune pour77 vraie qui ne le soit , & qu’on garde77 toujours l’crdre qu’il faut peur les dé-„ duire les unes des autres, il n’y en peut77 avoir de Jì éloignées aus quelles enfin77 on ne parvienne } ni de Ji cachécsqu’on77 ne découvre, v

10. C’est dans cette-espérance que notreillustre philosophe commença ensuite àfaire la liaison de ses prcmieies découvertesavec trois ou quatre réglés de mouvementou de méchanique, qu’il crut voir claire-ment dans la nature , & qui lui parurentsuffisantes pour rendre raison de tout, oupour former une chaîne de connaissances,qui embrassât l’urtivers & ses parties, fansy rien excepter.

" Je me résolus, ûit-il, de laisser tout77 ce monde-ei aux disputes des philoí’o-77 pbes, & de parler seulement de ce qui77 arriveroit dans un nouveau monde, íi>, Dieu créoit maintenant quelque part77 dans les espaces imaginaires asiez de ma--" ricrepour le composer, & qu’il agitât7 > diversement & sans ordre les diverses« parties de cette matière, enforte qu’il» en composât un chaos aussi confus que77 les poètes en puissent feindre, & que77 par après il ne fît que prêter son con-77 cours ordinaire à la nature, & la laisser77 agir selon les loix qu’il a établies-

77 De plus , je fis voir quelles étoîent les

77 loix de la nature . Après cela je mon-

.v trai comment la plus grande partie de la