Band 
Tome sixième.
Seite
498
JPEG-Download
 

498 C A S

chement : mais les troupes n’étoient pasdans cette forte de camp à portée de femouvoir avec ordre pour s’opposer auxattaques imprévues de l’ennemi ; elles ymanquoient d’ailleurs de la plupart descommodités & des subsistances nécestàires :austì ne campoient-elles de cette façon querarement & pour très-peu de tems. ^'at-tention des généraux étoit de pouvoir oc-cuper différens villages aster proche lesuns des autres, pour fe soutenir récipro-quement : mais comme il n’étoit pas aiséd’en trouver ainsi lorsque les armées étoientnombreuses, il arrivoit souvent que l’en-nemi enlevois ou detruifoit plusieurs deces quartiers avant qu’ils pussent être se-courus des autres plus éloignés.

Les Hollandois s’étant soustraits à Pobéif-fance de la maison d’Autriche vers Pani $66 , ce peuple, qui ne pouvoit par lui—même opposer des armées égales à cellesque PEfpagne étoit en étatd’employer pourle réduire, chercha à suppléer au nombredes soldats par Pexcellence de la disciplinemilitaire : les princes d’Orange s’y appli-quèrent avec le plus grand succès, & il pa-roît assez constant qu’on leur doit le réta-blissement de cette discipline en Europe.Les camps furent un deZ principaux objetsde Maurice de Nastàu, il voulut y fairerenaître l’ordre & la police des Romains.Son camp, tel que le décrit Stevin dans faCaftramétation , étoit une efpece de quartéou de quarté long distribué en différentesparties appellées quartiers. Celui de ceprince en occupoit à peu près le milieu ;l’artillerie & les vivres avoient aussi le leur,de même que les différentes troupes ou ré-gimens dont l’armée étoit composée. L’é-tendue ou le front de ces quartiers fe pro-portionnoit au nombre des troupes qui de-voient les occuper ; pour leur profondeur,elleetoit toujours de 300 pieds.

Une compagnie de 100 soldats occupoitdeux nies de huttes ou petites baraques.Chaque file avoir 200 pieds de longueur& 8 de largeur ; elles étoient séparées parune rue austi de 8 pieds. Le capitaine cam-poit à la tête de fa compagnie, & les vivan-diers à la queue, comme ils le font encoreaujourd’hui. Le colonel avoir pour loge-aient un espace de 64 pieds de front, au

CAS

milieu du rang des tentes des capitaines.Derriere cet espace régnoit une rue depareille largeur, qui féparoit le régimenten deux parties égales. La partie qui enrestoit après remplacement des tentes ducolonel & de son équipage, fervoit àcamper le ministre, le chirurgien, &c.

La cavalerie campoit à peu près dansle même ordre que l’infanterie. Une com-pagnie de 100 chevaux avoir deux files dehuttes de 200 pieds de profondeur & de10 de largeur, lesquelles étoient séparéespar un espace de Ço pieds. Les chevauxformoient deux files dans cet espace, pla-cées chacune parallèlement &à la distancede ç pieds des huttes. Le capitaine cam-poit à la tête de fa compagnie, & le colo-nel au milieu de ses capitaines, commedans l’infanterie. Le camp étoit entouré,ainsi que celui des Romains, d’un fosté& d’un parapet. Cettouvrage fe distribuoità toutes les troupes de l’armée , & chaquerégiment en faifoit une partie proportion-née au nombre d’hommes dont il étoitcomposé. On obfervoit de laisser un espacevuide de 200 pieds de largeur entre leretranchement du camp & fes différensquartiers, afin d’y placer les troupes enbataille dans le besoin.

Cette disposition ou formation de camppastà ensuite dans la plupart des autres étatsde l’Europe ; elle a fans doute été observéeen France, car on la trouve décrite dans

plusieurs auteurs, notamment dans le-, li-vre de la Doctrine militaire , donné en1667 par le sieur delaFontaine, ingénieurdu roi ; & dans les Travaux de mars , parAllain Manesson Malet.

II paroît cependant par plusieurs mé-moires du régné de Louis XIII, & de laminorité de Louis XIV , que nos arméesne campoient pas toujours ensemble >comme ces auteurs le prescrivent, maisen différ.ens quartiers séparés, qui por-toient chacun le nom de l'ostìcier qui le*commandoit. II y a un grand nombred’exemples de ces fortes de camps dans laVie de M. de Turenne , les Mémoires deM. de Puyjegur } &c. II en résulte q llCsi les réglés dont on vient de parler avoientd'abord été observées, on les avoir en-suite négligées. Cette conjecture fe trouve