Band 
Tome sixième.
Seite
598
JPEG-Download
 

çy8 C E L

deux feuilles, outre les deux séminales. Onj'arrosera de tems en tems avec de l’eau depluie ou de mare , qui est la meilleure detoutes les eaux, pour favoriser la végéta-tion. Lorsque c c céleri aura cinq à six feuil-les , on pourra le replanter en pleine ter-re ; mais il faudra que cette terre n’aitrien produit depuis un an ou six mois aumoins, & que d’ailleurs elle soit amendéepar des labours & du fumier de cheval bienpourri.

Pour replanter le céleri-navet, au lieude sosies profondes, comme l’on fait pourle céleri commun , on fera des plancheslarges de quatre pieds feulement, & on ymettra les pieds à la distance de huitpouces les uns des autres , en quinconce.On ne mettra qu’un seul pied de céleri àchaque place, & l'on choisira d’abord lesplus forts pour les planter séparément dansune planche. Ceux qui feront moins fortsseront mis dans une autre planche , &ainsi des outres à proportion. Cette mé-thode de ne pas mêler indifféremment lesfoibles avec les forts , a (es avantages : lesplantes en général en viennent mieux , onen réglé la culture suivant leurs différonsdegrés de force, & on en fait la récoltesuivant leurs différons points de maturité,& fans confusion. Quand le céleri estplanté de cette maniéré, il ne faut plusque l'arroser &'!e sarcler souvent, jufqu’àce qu’ilait acquis toute fa vigueur.

IÌ y a des jardiniers qui, après savoirlevé de dessus la couche , le plantent d’a-bord en pépinière, à la distance de troisou quatre pouces entre chaque pied. Us lerelèvent ensuite, quand il est fort, pourle planter une seconde fois de la maniéréque je viens de dire. Mais quand la terreest bonne , bien amendée , & qu’elle a eu■f r< /P°- s nt -‘f e ffh r e pour réparer ses forces,il est inutile de le planter en pépinière.On retarde beaucoup le progrès des plan-tes , en les replantant & les changeant sisouvent de place. On chausse le célericommun avec la terre qu’on prend à côtédes planches , pour le faire blanchir ; maisle céleri-navet n’a pas besoin de cette façon,parce que n’étant bon à manger que cuit,& ayant les feuilles très-courtes, il est aííèzinutile qu’il soit blanchi comme l’autre ,

C E L

qu’on mange communément en salade.

Quelques personnes font aussi dans l’u-fage de cultiver le céleri-navet au fondde grands fossés qu’ils creusent dans leursjardins. On en plante deux rangées danschaque fossé , quand oh a les eaux a facommodité, & que le terrein n’est ni tropsec ni trop chaud. Mais cette méthode estcontraire à la bonne culture de l’un & deTautre céleri: car, i°. le rerrein du fondn’est jamais si bon que celui de la surface ,parce qu’il est moins rempli de particulesvégétatives. Ce terrein étant 'souvent ar-rosé , le céleri y est plus froidement ques’il étoit planté dans une planche de terreau niveau, ordinaire ; ce qui retarde sonprogrès, & lui donne moins dégoût. D’ail-leurs , il faut beaucoup plus de terrein, ensuivant la méthode des sosies, qu’il n’en fautavec celle des planches, pour produire laméme quantité de céleri. Dans une planchede quatre pieds de large, i^entrera jufqu’àsix rangées de céleri ; & dans ce mémeespace , si on le met en sosie, il n’en peuttenir que deux rangées.

Tout ce qu’on peut dire à I’avantagedecette méthode, c’est que le céleri fe chauffeplus facilement dans des fosiês que fur desplanches : mais aussi il est plus sujet à fepourrir, parce que les eaux séjournent da-vantage dans un fossé cjue fur un terrein ,comme celui des planches , un peu élevéau-dessus du sol commun. Cependant jene blâmerai point tout-à-fkit la méthodedes fossés dans des terreins natur.ellementsecs , où l’eau pour arroser est fort rare ;ce n’est que dans ce cas qu’on peut auto-riser cette méthode. Si l’on veut alorsque le céleri vienne bien , il faut creuserles fossés un pied de plus qu’on ne le faitordinairement, afin de remplir cette pro-fondeur d’un pied de bonne terre prise ala surface du sol. U faut aussi leur donnerplus de largeur , asin d’y pouvoir mettredavantage de cette bonne terre : cela de-vient pénible & coûteux.

On peut fe dispenser de tous ces travauxdans la culture du céleri-navet , quandméme le terrein leroit sec & chaud defa nature, pourvu que l’endroit où on lçplantera ait été labouré à un pied & dem»de profondeur, & qu’on ait loin de1