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Tome sixième.
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étant ftfoíns rares, on mitigea ces Ioixpénales. Platon tolère dans fa républiquele célibat jiffqu’à trente-cinq ans: maispassé cet âge , il interdit seulement lescélibataires des emp’ois, & leur marquele dernier rang dans les cérémonies publi-ques. Les Ioix romaines qui succédèrentaux grecques , furent aussi moins rigou-reuses contre le célibat : cependant lescenseurs étoient chargés d’empêcber cegenrede vie solitaire, préjudiciable à Tétât,cadibes eJJ'e prohibendo. Pour le rendreodieux, ils ne recevoient les célibatairesni à tester , ni à rendre témoignage; &voici la premiere question que Ton íaifoità ceux qui fe présentaient pour prêterserment : ex ani/ni tui fententia , ta eqaumhabes } tu uxorerrt habes ì à votre ame &conscience, avez-vous un cheval, avez-vous une femme ? Mais les Romains nefe contentoient pas de les affliger dans cemonde, leurs théologiens les nienaçoientaussi de peines extraordinaires dans lesenfers. Extrema omnium calamitas &impie tas accidit illi qui absque filiis avita discedit , & deemonibus màximasdat pœnaspost obitum. C’est la plus grandedes impiétés, & le dernier des malheurs,de sortir d u monde fans y laisser des enfans ;les démons font souffrir à ces gens-là decruelles peines après leur mort.

Malgré toutes ces précautions tempo-relles &t spirituelles, le célibat ne Iaiííòitpas de faire son chemin ; les Ioix mêmeen font une preuve. On ne s’avife pas d’enfaire eontre des désordres qui ne subsistentqu’en idée ; savoir par où & commentcelui-ci commença, Thistoire n’en dit rien:il est à présumer que de simples raisonsmorales, & des goûts particuliers, l’em-porrerent fur tant de Ioix pénales, burfa-les, infamantes, & fur les inquiétudes dela conscience. II fallut sans doute dans lescommencemens, des motifs plus pressans,de bonnes raisons physiques ; telles étoientcelles de ces tempéramens heureux & sages,que la nature dispense de réduire en pra-tique la grande réglé de la multiplication :il y en a eu dans tous les tems. Nos auteursleur donnent des titres fiétriííàns ; lesorientaux au contraire les appellent eunu-ques du soleil, eunuques du ciel , faits ,

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parla main de Dieu; qualités honorables,qui doivent non-seulement les consoler dumalheur de leur état, mais encore les au-toriser devant Dieu éc devant les hommesà s’en glorifier, comme d’une grâce spé-ciale , qui les décharge d’une bonne partiedes sollicitudes de la vie, & les transportetout d’un coup au milieu du chemin de lavertu.

Mais fans examiner sérieusement si c’estun avantage ou un désavantage, il est fortapparent que ces béats ont été les premiersà prendre le parti du célibat : ce genrede vie leur doit fans doute son origine,& peut-être fa dénomination ; caries Grecsappelloient les invalides dont il s’agit,xcMSs i , qui n’est pas éloigné de cœhbes.En effet, le célibat étoit le seul parti queles xouBoí enflent à prendre pour obéir auxordres de la nature, pour leur repos, pourleur honneur, & dans les réglés de labonne foi : s’ils ne s’y déterminoient pasd’eux-mêmes , les Ioix leur en imposoientla nécessité : celle de Moyfe y étoit expresse.Les Ioix des autres nations ne leur étoientguere plus favorables : si elles leur per-mettaient d’avoir des femmes, il était aussipermis aux femmes de les abandonner.

Les hommes de cet état équivoque &rare dans les commencemens, égalementméprisés des deux sexes, fe trouvèrent ex-posés à plusieurs mortifications, qui lesréduisirent à une vie obscure & retirée :mais la nécessité leur suggéra bientôt dif-fe'rens moyens d’en sortir, & de se rendrerecommandables : dégagés des mouvemensinquiets de l’amour étranger & de l’amour-propre , ils s’assujettirent aux volontés desautres avec un dévouement singulier ; &ils furent trouvés si commodes, que toutle monde en voulut avoir: ceux qui n enavoient point, en sirent'par une opérationhardie & des plus inhumaines : les pei es,les maîtres , les souverains, s’arrogerent ‘ edroit de réduire leurs enfans, leurs <ff c .ves, leurs sujets, dans cet état ambigu,& le monde entier qui ne connoistbit dansle commencement que deux sexes, s utétonné de fe trouver insensiblement p ar 'tagé en trois portions à peu près égales.

A ces célibats peu volontaires, ilsuccéda de libres, qui augmentèrent co11 '