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Tome sixième.
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C E L

prération grammaticale, du sentiment denudité qui suivit immédiatement le péchéd’Eve & d’Adam , de l'idée d’irrégularitéattachée presque par toute la terre à l’actecharnel ; de la honte qui l'accompagne ; duremord qu’il cause; du péché originel quise communique par cette voie ; enfin del’état où nous retournons au sortir de cettevie , où il ne sera question ni de maris nide femmes, & qui fera un célibat éternel.

II ne m’appartient pas , dit M. Morin ,de donner à cette opinion les qualifica-tions qui lui conviennent; elle cil singu-lière : elle paroit opposée à la lettre del’Ecriture ; c’en est assez pour la rejeter.L’Ecriture nous apprend qu’Adam & Evevécurent dans le paradis comme frété &sœur , comme les anges vivent dans leciel, comme nous y vivrons un jour : celasuffit , & voilà le premier & le parfaitcélibat. Savoir combien il dura, c’eít unequestion purement curieuse. Les uns disentquelques heures ; d’autres quelques jours :il y en a qui, fondés fur des raisons mys-tiques , fur je ne fais quelles traditions del’égjise grecque , sur I’époque de la nais-sance de Caïn, poussent cet intervalle jus-qu’à trente ans.

A ce premier célibat , les docteurs juifsen font succéder un autre qui dura biendavantage ; car ils prétendent qu’Adam &Eve, confus de leur crime , en firent pé-nitence pendant cent ans, fans avoir aucuncommerce ensemble ; conjecture qu’ils éta-blissent fur la naissance de Sech, leur troi-sième fils, que M oys e ne leur donne qu’à1 âge de 130 ans. Mais à parler juste, il n’ya qu'Abel à qui Ton puisse attribuer l’hon-neur d’avoir gardé le célibat pendant toutela vie. Savoir si son exemple sut imitédans les générations suivantes ; si les filsde Dieu , qui se laiílêrent corrompre parles filles des hommes, n’étoient point uneespece de religieux qui tomberent dansJe désordre : c’est ce que l’on ne sauroitdire ; la chose n’est pas impossible. S’il estvrai qu’il y eût alors des femmes qui affec-toient la stérilité, comme il paroit par unr agment du prétendu livre d’Enoch , ilPouvoit bien y avoir eu aussi des hommesqui en fissent profession: mais les appa-r ences n’y sont pas favorables- 11 étoitTome VI.

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question alors de peupler le monder la loide Dieu & celle de la nature impofoientà toutes sortes de personnes une especede nécessité de travailler à l’aiigmentationdu genre humain ; Lt il est à présumer queceux qui vivoient dans ce tems-là , se fai-soient une affaire principale d’obéir à ceprécepte. Tout ce que l’histoire nous ap-prend , dit M. Morin, des patriarches deces tems-là, c’est qu’ils prenoient & don-noient des femmes ; c’est qu’ils mirent aumonde des fils & des filles, & puis mou-rurent, comme s’ils n’avoient eu rien deplus important à faire.

Ce fut à peu près la même chose dans lespremiers siécles qui suivirent le déluge IIy avoit beaucoup à défricher, & peu d'ou-vriers ; c’étoit à qui engendreroitle plus.Alors í’honneur, la noblesse, U puissancedes hommes consistoicnt dans le nombredes enfàns; on étoit sûr par-là des’attirerune grande considération , de se faire res-pecter de ses voisins, & d’avoir une placedans l’histoire. Celle des Juifs n’a pas ou-blié le nom de J air , qui avoit trente filsdans le service ; ni celle des Grecs, lesnoms de Danaìis & d’Egyptus , dont l’unavoit cinquante fils, & l’autre cinquantefilles. La stérilité passoit alors pour uneespece d’iníamie dans les deux sexes , &pour une marque non équivoque de lamalédiction de Dieu 3 au contraire , onregardoit comme un témoignage authenti-que de fa bénédiction, d’avoir autour de fatable un grand nombre d’enfans. L e célibatétoit une espece de péché contre nature :aujourd’hui, ce n’est plus iaméme chose.

Moyse 11e laiííà guere aux hommes laliberté de se marier ou non. Lycurgue notad’infàmie les célibataires. II y avoit mêmeune solemnité particulière à Lacédémone,ou les femmes les produisoient tout nusaux pieds des autels, & leur faisoient fairea la nature une amende honorable, qu’el-les accompagneient d’une correction tres-sé ver e. Ces républicains poussèrent encoreles précautions plus loin, en publiant desréglemens contre ceux qui se marioienttrop tard, ctfi yxfúu ., & contre les marisqui n’en usoient pas bien avec leurs fem-

niCS , y.uycoyxfA.íu,

Dans la fuite des tems, lés hommes

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