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Tome sixième.
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M. Morin, que désordres, que forfanterie ,& qu’hypocniie. A commencer par leursdéesses, Veíta la plus ancienne étoit re-présentée avec un enfant ; où I’avoit-ellepris ? Minerve avoir par-devers elleErich-tonius, une aventure avec Vulcain , & destemples en qualité de me te. Diane avoitson chevalier Virbius & son Endimion :le plaisir qn’eile prenoit à contempler celui-ci endormi, en dit beaucoup, & trop, pournne vierge. Myrtilus accuse les muses decomplaisances fortes pour un certain Mé-galion , & leur donne X toutes des enfansqu’il nomme nom par nom : c’est peut-être pour cette raison que l’abbé Cartaudles appelle les filles de dopera de Jupiter.Les dieux vierges ne vaioient guere mieuxque les déciles , témoins Apollon & Mer-cure.

Les prêtres, fans en excepter ceux deCybele , ne paísoient pas dans le mondepour des gens d’une conduite bien régu-lière : on n’enterroit pas vives routes lesvestales qui péchoient. Pour Phonneur deleurs philosophes, M. Morin s’en tait, &finir ainsi shistoire du célibat , tel qu’ilétoit au berceau , dans !'enfance, entre lesbras de la nature ; état bien diffèrent duliant degré de perfection où nous levoyons aujourd’hui : changement qui n’estpas étonnant : celui-ci est l’ouvrage de fagrâce & du Saint-Efprit ; celui-là n’étoitque l’avorton imparfait d’une nature déré-glée, dépravée, débauchée, triste rebutdu mariage & de la virginité. Voye^ lesmémoires de 1 *académie des inscriptions ,tome IV, page 308 ; Hijìoire critique ducélibat. Touc ce qui précede n’est abso-lument que l’analyse de ce mémoire : nousen avons retranché quelques endroits longs ;mais a peine nous sommes-nous accordéla liberté de changer une foule expressiondans ce que nous en avons employé ; il enfera de même dans la fuite de cet article :nous ne prenons rien fur nous ; nous nouscontentons feulement de rapporter fidè-lement , non-feulement les opinions , maisles discours mêmedes auteurs, & de ne pui-ser ici que dans des sources approuvées detous les honnêtes Zens. Après avoir montréce que l’histoire nous apprend du célibat ,nous allons maintenant envisager cet état

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avec les yeux de la philosophie exposerce que différons écrivains ont pensé sur cesujet.

D u célibat considéré en lui-méme , i°.eu égard à l’efpece humaine. Si un histo-rien ou quelque voyageur nous faisoit ladescription d’un être pensant, parfaitement isolé, fans supérieur, lans égal, fansintérieur, à l’abri de tout ce qui pourroitémouvoir les passons , seul en un mot deson efpece ; nous dirions fans hésiter, quecet être singulier doit être plongé dans lamélancolie : car quelle consolation pour-roit-il rencontrer dans un monde qui neferoit pour lui qu une u a fie solitude ? Sil’on ajoutoit que malgré les apparences iljouit de la vie, lent le bonheur d’exister,& trouve en lui-même quelque félicité,alors nous pourrions convenir que ce ri’eftpas tout-à-sxit un mon sire , & que rela-tivement à lui-même , sa constitution n’efipas entièrement absurde : mais nous n’i-rions jamais jusqu à dire qu il ejì bon.Cependant si l’on insistait, & qu’on ob-jectât qu’il est pariait dans son genre, &conséquemment que nous lui refusons àtort l’épithete de bon ; car qu’importe qu’ilait quelque chose ou qu’il n’ait rien à dé-mêler avec d’autres? il faudroit bien tran-cher le mot, & reconnoître que cet être estbon , s’il est possible toutefois qu il soitparfait en lui-même. > sans avoir aucunrapport , aucune liaison avec Vuniversdans lequel il efi placé.

Mais si l’on venoit à découvrir à la lon-gue quelque système dans la nature, dontf efpece d’automate en question pût êtreconsidéré comme faisant partie ; si l’onentrevoyois dans fa structure, des liens qutrattachassent à des êtres semblables à lui fsi íà conformation imliquoic une chaîne decréatures utiles, qui ne pût s’accroître &s’éternííer que par l’emploi des facultésqu’il auroit reçues de la nature ; il P er "droit incontinent le titre de bon, dont noussavons décoré : car comment ce titre con*viendroit-il ù un individu qui, par son inac-tion & fa solitude, tendroit auss directe-ment à la ruine de son eíjjece ? La conser-vation del’elpece 11’est-elle pas un des de-voirs estèntiels de l’individu ? & tout in-dividu qui raisonne & qui est bien con-