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Tome sixième.
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formé, ne se rend-il pas coupable en man-quant à ce devoir, à moins qu’il n’en aitété dispensé par quelqu’autorité supérieureà celle de la nature ? Voyez Y Essai sur lemérite Ù sar la vertu.

J’ajoute, à moins qu il n’en an étédis-pensépar quelqu’autoritésupérieure à cellede la nature , a tin qu’il soit bien clair qu’ilne s’agit nullement ici du célibat consacrépar la religion ; mais de celui que l’im-prudence , la misantropie , la légèreté , lelibertinage , forment tous les jours ; decelui où les deux sexes se corrompant parles lentimens naturels même , ou étouf-fant en eux ces sentimens fans aucune né-ceílité, fuient une union qui doit les ren-dre meilleurs , pour vivre, soit dans unéloignement stérile , soit dans des unionsqui les rendent toujours pires. Nous n’i-gnorons pas que celui qui a donné àl’hom-tous ses membres, peut le dispenser des usage de quelques-uns, ou même lui dé-fendre cet usage, & témoigner que ce sa-crifice lui est agréable. Nous ne nions pointqu’il n’y ait une certaine pureté corporelle,dont la nature abandonnée à elle-mêmene fie feroit jamais avisée, mais que Dieua jugé nécessaire pour approcher plus di-gnement des lieux saints qu’il habite, &vaquer d’une maniéré plus spirituelle auministère de ses autels. Si nous ne trouvonspoint en nous le germe de cette pureté ,c’est qu’elle est, pour ainsi dire, une verturévélée & de foi.

J)u célibat considéré ì°. eu égard à lasociété. Le célibat que la religion n’a pointsanctifié, ne peut pas être contraire à lapropagation de l’efpece humaine , ainsique nous venons de le démontrer, fansêtre nuisible à la société. II nuit à la sociétéen l’appauvristànt & en la corrompant. Enl’appauvrissant, s’il est vrai, comme onn’en peutguere douter , que la plus granderichesse d’un état consiste dans le nom-bre des sujets ; qu’il faut compter la mul-titude des mains entre les objets de pre-•niere nécessité dans le commerce ; & quene nouveaux citoyens ne pouvant devenirtous loldats, par la balance de paix deLurope, & ne pouvant par la bonne po-pe croupir dans l’oisiveté, travail'eroicntes terres, peuplcroicnt les manufactures,

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ou deviendroient navigateurs. En la cor-rompant , parce que c’est une réglé tiréede la nature, ainsi que l’iUustre auteur deY Esprit des loi x l’a bien remarqué, queplus on diminue le nombre des mariagesqui pourroient se faire, plus on nuit à ceuxqui font laits ; & que moins il y a de gensmariés, moins il y a de fidélité dans lesmariages , comme lorsqu’il y a plus de vo-leurs , il y a plus de vols. Les anciens con-noislòient si bien ces avantages, & met-toient un si haut prix à la faculté naturellede fe marier & d’avoir des enfâns, queleurs loix avoient pourvu à ce qu’elle nefût point ôtée. Us regardoient cette pri-vation comme un moyen certain de dimi-nuer les ressources d’un peuple , & d’y ac-croître la débauche. Aussi, quand on rece-voir un legs à condition de garder le céli-bat ; lorsqu’un patron fàisoit jurer son af-franchi qu’il ne femarieroit point, & qu’iln’auroit point d’ensans, la loi Papienneannulloit chez les Romains & la condition& le serment. Ils avoient conçu que là oùle célibat auroit la prééminence , il ne pou-vois guere y avoir d’honneur pour l’étacdu mariage ; & conséquemment parmi leursloix, on n’en rencontre aucune qui con-tienne une abrogation expresse des privi-lèges & des honneurs qu’ils avoient ac-cordés aux mariages & au nombre desenfâns.

Du célibat considéré 3°. eu égard à lasociété chrétienne. Le culte des dieux de-mandant une attention continuelle & unepureté de corps & d’ame singulière > laplupart des peuples ont été portés à faire duclergé un corps séparé ; ainsi chez les Egyp-tiens , les Juifs & les Perses, il y eut desfamilles consacrées au service de la divinité& des temples. Mais on ne pensa pas feu-lement à éloigner les ecclésiastiques desaffaires & du commerce des mondains, ily eut des religions où l’on prit encore leparti de leur ôter l’embarras d’une famille-On prétend que tel a été particulièrementl’esprit du christianisme , même dans sonorigine. Nous allons donner une expositionsabrégée de fa discipline, afin que le lecteuren puistb juger par Iui-méme-

11 faut avouer que la loi du célibat pourles évêques, les prêtres & les diacres ,,