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Tome sixième.
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culte pur dans ion origine se corrompitinsensiblement, & !es divinités subalternesusurpèrent les honneurs qui n’étoient dusqu’à l’Être suprême.

Teut ctoit adoré sous diíFérens em-blèmes , suivant les motifs qui faisoientimplorer son assistance. Si c’étoit pouréclairer les assemblées de la nation , ils sexendoient dans une plaine, où ils ado-roient leur dieu fous la figure d’un chêne.Si c’étoit pour lui demander la victoire,ils se prosternoient devant une épée ou unjavelot. Les étrangers qui les voyoient secourber devant ces simulacres, s’imagi-noient que c’étoit à Pan ou à Mars qu’ilsadressoient leurs hommages. L’endroit oùils s’aííèmbîoicnt pour faire leurs cérémo-nies, s’appelloit Mallus , c’est-à-dire , lesanctuaire où la divinité aimoit à se mani-fester d’une façon particulière. II n’étoitpoint permis d’en approcher fans y fairefa priere ou son offrande. Tous les lieuxoù les simulacres de la divinité avoient étéplacés , étoient dès ce moment réputéssacrés. On ne s’en approchoit qu’avec unextérieur respectueux ; & c’eùt été les pro-faner , que de les faire servir à d’autresusages. Le chêne restoit fur pied, jusqu’àce que le tems l’eût desséché & détruit ;c’eût été une profanation d’y porter lacoignée, ainsi que de labourer le champoù les cérémonies avoient été célébrées ;& pour prévenir qu’il ne fût fouillé parquelque usage profane, on le couvroit depierres d’un énorme volume. Voilà quelleest l’origine de ces amas de pierres, donton découvre encore les restes dans quel-ques endroits de la France, de l’Angle-terre & de l’Allemagne. Ces lieux jouif-soient du droit d’asyle, & le glaive de laloi eût srropé le sacrilege qui eût osé faireviolence à l’homme le plus criminel. Ilscroient persuadés que Dieu offensé par latransgression de la loi , ne pouvoir êtreappaisé que par des sacrifices proportionnésà la prévarication. Ils reconnoiífoient desdiables ; mais ils les croyoient dans la dé-pendance de l’Étre suprême, qui les dé-chaînoit pour aller exercer ses vengeancescontre les coupables.

Les forêts où ils célébroient leurs sacri-fices , étoient des especes d’arfenaux, où

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en tems de paix chaque cité déposoit sesarmes & ses drapeaux. Les dépouilles desennemis y étoient conservées fous la gardedes ministres de la religion, qui souvent,sous de pieux prétextes, savoient se les►approprier. L’esclave devenoit libre dèsqu’il pouvoit y mettre le pied : on le dé-barrassoit de ses chaînes, qu’on suspendoitaux arbres consacrés. Tacite appelle cesforêts vierges , cafiam ne mus , parce quec’eût été un crime de lcfe-majesté divined’en arracher un seul cyprès. Lucain , par-lant de la forêt sacrée , qu’on trouvoitdans le voisinage de Marseille, assure quejamais elle n’avoir été taillée ; & que Césarvoulant y faire couper des arbres pourservir aux travaux d’un siégé, le soldat futsaisi d’une frayeur religieuse que lui inspirala sainteté du lieu. Ils n’avoient point detemple, parce qu’ils étoient persuadés quela divinité réíìdoit dans chaque partie dela matière , & que c’eût été rétrécir fagrandeur, que de la borner dans une en-ceinte. Les sacrifices étoient toujours rela-tifs à la faveur qu’on sollicitoit. Vouloit-on obtenir une abondante moisson , onjetoit des grains dans l’eau , dans des aby-mes, dans le feu ; c’est-à-dire , l’élémentoù la divinité éteit réputée résider. Lespeuples du Gevaudan se rendoient tous lesans auprès d’un lac pour faire des libations.Ils jetoient dans seau des alimens, despieces de toile, & tout ce qu’ils avoientde plus précieux. La solemniré étoit pro-fanée par les excès de la table pendant troisjours entiers. Lorsque le pays étoit frappdde quelque fléau, on immoloitun homme :la qualité des victimes humaines variaselon.les tems. D’abord on immola desvieillards, ensuite les prisonniers de guerre}& enfin les étrangers que leur avidité atti-toit dans le pays, ou ceux que la tempête& l’ignorance de la navigation jetoient fijfles côtes. Dans les tems voisins du chris-tianisme , on ne sacrifia plus que des escla-ves ou des criminels. Quelquefois ij ‘ eprésentoir des fanatiques qui demandoien cà être immoles pour expier leur crime 9. 11ceux de leur nation.' L’honneur en rejad-lissoit fur toute fa famille. Enfin, il netenoit aucune aslèmblée , soit civile , í 0l “religieuse, qui n’oíFrît ce spectacle ist llU '