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Tome sixième.
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main. Les druides féroces prenoient lesmalheureux destinés à périr, & les preci-pitoient fur des lances disposées pour lesrecevoir. Quelquefois ils les enfermoientdans des colonnes faites d’ofier, avec desanimaux de diverses efpeces ; & après leuravoir fait endurer les plus cruelles tortures,ils les jetoient encore vivans dans les flam-mes Plus le sacrifice étoit douloureux,& plus il étoit méritoire. Cette fureurreligieuse n’éclata que dans des cas extra-ordinaires. Lorsque le pays n’étoit affligéd’aucune calamité , on faifoit expirer lavictime fous le glaive. Le druide la frappoitau côté ; & tandis que le sang couloir, ilavoir Pœil attaché sur la plaie ; & avantqu’elle expirât, il lui arrachoit les entrail-les , dont l’agitation lui fervoit à prédirel’avenir.

Les victimes humaines n’éroient pas lesfeules que les Celtes offrissent à leur dieu ;ils lui immoioient encore toute forte d’ani-maux , même des chiens, qu’épargnoientles autres païens à cause de leur fidélité in-corruptible ; de même qu’ils n’immoloientjamais de chevaux, par respect pour cetteintrépidité avec laquelle ils partagent dansla guerre les périls de l’homme , & sesfatigues dans la paix. Au contraire, lesCeltes attachoient plus d’efficacité au sa-crifice de ces animaux, à cause même deleur excellence; & c’étoit la victime laplus expiatoire , après la victime hu-maine. Les vieillards que le fort desti-noit a périr fous la hache du sacrificateur,es fanatiques qui s’empreflòient volontai-rement a solliciter la qualité de victimeauroient cru en détruire Pefficacité , s’ilsavoient versé des larmes, ou montré quel-que foibleíle. Le moment de leur sacrificeetoit 1c commencement de leur félicité •c’étoit une victoire qui leur ouvroit lesportes de Immortalité. Ils invitoient leursparens Lc leurs amis à un festin ; & aprèsavoir dansé & chanté des hymnes d’alé-greíse, ils montoient avec une joie insenséefur un rocher d’où ils se précipitoiem fur

, P lc I ue , S ou des epées. Cette fureur sa-crée ne leur etoit pas particulière. Les^ctes facnfioient auífi des hommes qu’ilsenvoyoient comme des messagers à leur"'Ou Zatnollìs. On les tiroir au fort pour

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prévenir les désordres que pouvoir occa-sionner l’ambition de remplir un fi glorieuxministère.

Les sacrifices n’étoient que la secondepartie du culte religieux : la priere étoitla partie la plus essentielle. Les Celtes , enla faisant , fe tenoient debout , le bou-clier â la main gauche , & la lance à lamain droite : ils tournoient le dos au sanc-tuaire , par respect pour la divinité qui yrésidoit d’une façon particulière. Tous lesmonumens historiques attestent que lesCeltes admettoient une autre vie ; c’étoitde là que naistòit ce mépris de la mort,& cet empressement de servir de victime.Ils croyoient encore à la résurrection descorps, & leurs prêtres avoient foin de ré-pandre ce dogme fi consolant pour lesinfortunés qui rampent dans cette valléede larmes. C’étoit pour lc mieux graverdans leur cœur qu’ils le répétoient fanscesse dans leurs cantiques sacrés. II paroîtque les druides formoient différentes sectes,& que quelques-uns admettoient le dogmede la métempsycose. Jules-César prétendque cette persuasion éîevoit leur cou-rage au-deslus des périls. Les Gaulois,dit Diodore, adoptent le système -de Py-thagore : ils croient que Pâme de l’hommeest immortelle , qu’elle doit retourner àla vie & rentrer dans un autre corps aprèsun certain nombre d’années ; quelques-unsdans les obsèques jettent fur le bûcher deslettres qu’ils écrivent à leurs parens &camis décédés, s’imaginant que les mortslisent ces lettres.

Les Celtes plaçoient le séjour des manèsdans la Grande-Breragne, ou dans quel-ques-unes des îles adjacentes. II y avoit desnochers dont Punique fonction étoit detransférer les âmes dans les îles fortunées.La célébré caverne que les Irlandois ap-pellent encore le purgatoire de S. Patrice,passif t autrefois pour Pentrée de Penser.Voici ce qu’en dit Procope... Je vais, dit-il , rapporter ce que ces insulaires m’ontraconté , quoique je fois persuadé que cequ’ils attestent comme une réalité , n’estqu’une erreur de leur imagination. I.e longde la côte , il y a plusieurs villages habitéspar des pécheurs , des laboureurs & ocsmarchands qui, quoique sujets , ne paient

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