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Tome sixième.
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aucun t -'but ; ils prétendent en avoir étéexemptés, parce qu’ils font obligés de con-duire les âmes *-our-à-tour. Ceux qui doi-vent faire l’office de la nuit, se retirentdans leurs maisons, dès que les ténèbrescommencent à se répandre. Ils se couchenttranquillement, en attendant les ordresde celui qui a la surintendance du trajet.Vers le milieu de la nuit , ils entendentquelqu’un qui frappe à leur porte, & quiles appelle à voix basse. Sur-le-champih se lovent , & courent à la côte, sansconnoître la cause sécrété qui les y en-traîne. Là ils trouvent des barques vuides,6t cependant si chargées, qu’à peine elless’éleventau-dessusdel’eau. En moins d’uneheure ils conduisent ces barques dans laGrande-Rretagne , quoique le trajet soitordinairement de vingt-quatre heures,pour un vaisseau qui force de rames. Ar-rivés à.l île , ils se retirent aussi-tôtque lesâmes font descendues du vaisseau , qui de-vient alors si léger , qu il ne fait aucunetrace fur l’eau. Ils ne voient personne nipendant le trajet, ni pendant le débarque-ment ; mais ils entendent , à ce qu’ilsdisent, une voix qui articule les noms despersonnes, de leurs familles, & des emploisdont ces morts étoient revêtus pendantleur vie. S’il y avoir des femmes dans labarque , la voix déclaroit les noms desmaris qu’elles avoient eus. Le récit de PIu-tarque est conforme à celui de Procope, &il assure que les îles désertes de la Grande-Bretagr.e n’étoient peuplées que de génies& de héros ; & que c’étoit là que le géantfìriarée gardoit Saturne plongé dans unéternel sommeil. Les différentes fables queles Irlandois débitent encore aujourd’huifur ces tems antiques, font un reste deces anciennes superstitions. Les Celtes ac-cordoicnt aux génies le pouvoir de visiterleurs amis pendant leur sommeil , & dejeter í épouvanté dans l ame de leurs enne-mis , en leur suscitant d’effroyables songes.

Les savans ont recherché la cause pourlaquelle les Celtes célébroient leurs céré-monies pendant la nuit. II est vraisemblableque cet usage étoit introduit par la persua-sion que le silence & l’obseurité étoientplus propres à inspirer une religieuse hor-reur que la clarté du jour. Le cri de la

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victime expirante sefaisoit mieux entendre.Les imaginations font plus faciles à ébran-ler ; la nuit communique aux objets lesplus terribles une nouvelle horreur , &facilite les prestiges des artisans de l’impos-ture , & l’illusion du vulgaire crédule. Telétoit le motif qui déterminoit les druides àtenir leurs assemblées pendant la nuit. Cha-cun s’y rendoit avec fa torche allumée ,qu’on déposoit devant un arbre ou auprèsd’une fontaine, ou d’une pierre, qui étoientles objets visibles du culte public. Cetusage superstitieux subsista long-tems aprèsPintroduction du christianisme; & ce futavec le glaive de la loi que Charlemagnel’abolit. C’est à ces assemblées nocturnesqu’on doit attribuer tout ce que le vulgairedébite fur le sabbat & sur les sorciers.Lorsque le christianisme se sut élevé sur lesdébris de la superstition , les Gaulois flot-tans dans leur foi, se déroboient pendantla nuit pour se rendre à ces assemblées. Lesdiuides conservèrent pendant long-tems lerespect que dévoient inspirer à des peu-ples grossiers . des gens qui le vantoient depénétrer dans l’avenir (k dans les opérationsles plus cachées de la nature : on étoit per-suadé qu’ils possédoient le secret d’Jvoqutrles âmes, de changer les hommes en bêtes,d’interrompre Tordre de la nature , de tra-verser les airs montés sûr des dragons , deïe trouver à des fêtes avec des démons,dansant en cérémonie autour de leur mo-narque enfumé qui apparoifïoit pour rece-voir leurs hommages. Voilà bien des titrespour entretenir la crédulité ; ainsi il n’eítpas surprenant qu’il en reste quelques ves-tiges .- le merveilleux offre Pempieinte dusublime aux yeux du vulgaire ignorant.^Les Celtes cn général étoient d’une tailleextrêmement haute ; èc c’est en partiepour cet avantage que plusieurs écrivainsleur ont applique la fable des Titans.parois f oient si grands aux yeux des étran-gers , que les poètes & même les historiensles ont peints comme une race de géants-On avoir la même idée des Germains &de quelques Scythes. Ils avoient la P caUblanche , les couleurs vives , les y euXbleus , le regard farouche & menaçant ,les cheveux épais & d’un blond ardent-Leur tempérament naturellement robuste >