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Tome sixième.
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des largesses de la piété des fldeles qui sesont souvent épuisés en faveur des ecclé-siastiques. Sans les legs pieux, notre cierge,quoiqu’héritier des druides, languirait dansla médiocrité : il est vrai qu’étant plus nom-breux , il a fallu aíFoiblir la masse pour faireles répartitions. Les prêtres païens avoientencore une autre source de richesses ; ilsavoient droit d’aífister aux sacrifices desparticuliers ; & le sacrifice auroit été fansefficacité, s’ils n’avoient point présidé auxcérémonies, On n’offroit aux dieux quela genislè la plus grasse, & les animaux dontla chair étoit la plus succulente : il eût étéindécent de refuser à leurs ministres lesmorceaux dédaignés. ( T-.n. )

L’article qu’on vient de lire nous faitconnoître suffisamment les Celtes ; maisnos engagemens avec le public, & les égardsque nous devons aux auteurs de l’Ency-clopédie, nous obligent de joindre à l’hif-toire de ces peuples, les observations deM. l’abbé Yvon fur leur philosophie.

CELTES ( Philosophie des). Sous cenom il faut comprendre non-seulement lesphilosophes Gaulois , mais encore tousceux qui ont anciennement fleuri en Eu-rope , soit dans les îles Britanniques, soitparmi les Germains & les Iberes, soit dansÎTralie. Burnet, dans ses Origines philo-sophiques , dit qu’il est fort vraisemblableque les Germains & les Bretons insulairesont eu des druides, moins lavans peut-etre & moins respectés que ceux des Gau-lois , mais au fond imbus de la même doc-trine , & íe servant de la même méthodepour la faire connoître.

L’histoire de la philosophie des Celtesne nous offre rien de certain ; & cette obs-curité qui la couvre, n’a rien de surpre-nant ; tant' les tems où elle se cache fontéloignés de notre âge, &de celui même desanciens Romains. Nous ne trouvons rien,soit dans nos mœurs & nos usages, soit dansle témoignage des auteurs latins, qui puissefixer nos doutes fur ce qui regarde ces peu-ples. Ce qui pourroit nous procurer desconnoissmces certaines, & nous instruirede leur religion, ce scroientles écrits, ouautres mono mens domestiques qu’ils nousauroient laissés: mais tout cela nous man-qne, soit que le tems les ait détruits entic-

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rement, soit qu’ils aient voulu les déroberà ceux qui n’étoient pas initiés dans leursmystères, soit enfin , ce qui est le plus vrai-semblable, qu’ils réécrivissent point leursdogmes, & qu’ils fussent dans l'usage de lestransmettre par le canal de la traditionorale &c vivante. Les fables qui défigurentleur histoire , & qui ont été compilées parSolin , Pline, Pomponius Mêla, Aulu-Gelle , Hérodote , & Strabon, montrentaflèz quel fond nous devons faire fur lesécrivains , tant grecs que latins, qui sefont mêlés de récrire. César lui-méme,vainqueur des Gaules, tout curieux obser-vateur qu’il étoit des mœurs & des usagesdes nations qu’il avoir vaincues, ne nous ditque très-peu de chose des Celtes , & encorele peu qu’il en dit est-il noyé dans un amasde fables. D’ailleurs, ce qui a contribuébeaucoup à répandre de ['obscurité fur cettehistoire, c’est le mélange de tous ces peu-ples , auxquels on donnoit le nom de Cel-tes , avec les différentes nations qu’ilsétoient à portée de connoître ; pâr-là s’in-troduifit nécessairement dans leurs mœurs& dans leurs dogmes, une variété éton-nante. Par exemple, du tems de César &de Tacite, les Gaulois différoient beau-coup des Germains, quoiqu’ils eustènt unemême origine. Les Germains étoient ex-trêmement grossiers , en comparaison desGaulois qui, au rapport de Justin, avoientadouci leurs mœurs par le commerce desGrecs , qui étoient venus s’établir à Mar-seille , & avoient puisé chez eux quelqueteinture de cette politesse qui leur étoitcomme naturelle. Les Grecs & les Latinsn’ont bien connu que les derniers tems de['histoire des Celtes ; & l’on peut dire queles premiers ont été pour eux couverts denuages.

Quand nous parlons des Celtes , il nefaut pas se représenter des peuples polis àla maniéré des Grecs & des Romains, &cultivant avec le même foin les arts & lessciences. Cette nation étoit plus guerriereque savante , & plus exercée à chasser dansses vastes forêts, qu’à disserter avec sub-tilité sur des questions métaphysiques. Cequi caractérise principalement cette nation,c’est qu’elle avoir une excellente morale ,& quepar-là du moins elle étoit préférable.

* Kkkku