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«ju’il y a ici de remarquable, c’est que ladivination étoit principalement affectéeaux femmes : de là le respect extrêmequ’on avoit pour elles; respect qui quel-quefois alloit jusqu'à l'adoration j témoinPexemple de V^elleda & d’ Aunnia , quifurent mises au nombre des déesses, selonle rapport de Tacite.
C’est assez l’ufage des anciens, de ne par-ler de l’origine des choses qu’en les per-sonnifiant. Voilà pourquoi leur cosmogo-nie n’est autre chose qu’une théogonie.C’est ausfi ce que nous voyons chez les an-ciens Celtes. A travers les fables dont ilsont défiguré la tradition qui leur étoitvenue de la plus haute antiquité, il est aiséde reconnoître quelques traces de la créa-tion & du déluge de Moyle. Ils reconnoif-foient un être qui existoit avant que riende ce qui existe aujourd’hui eût été créé.Qu’il me soit permis de palier fous silencetoutes les fables qui s’étoient mêlées à leurcosmogonie : elles ne font par elles-mémesni assez curieuses , ni allez instructives ,pour mériter de trouver ici leur place. IIne paroît pas que la métempsycose ait étéune opinion universellement reçue chezles druides. Si les uns í'aifoient rouler per-pétuellement les âmes d’un corps dans unautre , il y en avoit d’autres qui leur aísi-gnoient une demeure fixe parmi les ma-nès ; kbit dans leTartare , où elles étoientprécipitées lorsqu’elles s’étoient souilléespar des parjures, des assassinats & desadultérés ; loir dans un séjour bienheureux,lorsqu’elles étoient exemptes de ces crimes.Ils n’avoient point imaginé d’autre sup-plice pour ceux qui étoient dans leTartare,que celui d’êire plongés dans un fleuvedont les eaux étoient empoisonnées, &de renaître fans cesse pour être éternelle-ment en proie aux cruelles morsures d’unserpent. Ils distinguent deux séjours defélicité. Ceux qui n’avoient que bien vécu ,c’est-à-dire ceux qui n’avoient été que jus-tes & tempérans pendant cette vie , habi-toicntun palaisp’us brillant que le soleil,où ils nageoient dans un torrent de vo-luptés : mais ceux qui étoient morts géné-reusement les armes à la main pour défen-dre leur patrie, ceux-là avoient une placedans le Valhalla avec Odin, auquel ils
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donnoient le nom d 'Hésas , & qui étoitpour eux ce que le dieu Mars étoit pourles Latins. On diroit que Mahomet a ima-giné son paradis d’aprês le Valhulla desCeltes septentrionaux , tant il a de ressem-blance avec lui. Solin, Mêla & d’autresauteurs rapportent que les nations hyper-borées seprécipitoientdu haut d’un rocherpour éviter une honteuse captivité, & pourne pas languir dans les infirmités de lavieillesse. Ceux qui íe donnoient ainsi libre-ment la mort, avoient une place distin-guée dans le Valhalla. De là cette audaceque les Celtes portoient dans les combats,cette ardeur qui les précipitoit dans lesbataillons les plus épais, cette fermeté aveclaquelle ils bravoient les plus grands dan-gers , ce mépris qu’ils avoient pour la mort.Nous finirons cet article, en remarquantque les Celtes ne s’étoient endurcis & accou-tumés â mener dans leurs forêts nne vie íïdure &. si ennemie de tous les plaisirs, queparce qu’ils étoient intimement persuadésdu dogme de l’immortalité des esprits. Delà naislòit en eux ce courage que les Ro-mains ont si souvent admiré dans ces peu-ples ; ce mépris de la mort qui les rendoitsi redoutables à leurs ennemis ; cette pas-sion qu’ils avoient pour la guerre, & qu’ilsinspiroient à leurs enfans ; cette chasteté ,cette fidélité dans les mariages, fi recom-mandée parmi eux ; cet éloignement qu’ilsavoient pour le faite des habits & le luxede la table : tant l’efpoir d’une récompensedans une autre vie a de pouvoir fur l’espritdes hommes ! II est fâcheux qu'une nationaussi respectable par ses mœurs & par leslentimens que l’étoit celle des Celtes 3 aiteu des druides pour ministres de fa reli-gion. (X)
* CELTIBÉRIENS , f. m. pi. ( Geog.Ùhift. ) peuples de l’ancienne Gaule , quis’établirent en Espagne le long de l’Iber :leur nom est composé de Celte , celui déleur origine, & libériens , celui des peu-ples avec lesquels ilss’allierent. lisse répan-dirent dans l’Arragon & la Castille. Florusles appelle la force de l’Espagne.
CELTIQUE, ( Geog.) c’est ainsi qu’onappel!! la colonie des Celtes ou des Celti-beres, qui s’établirent en Espagne depuisle Douro jusqu’au promontoire Celtique ,