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Tome sixième.
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de savans modernes, les uns voulant queTheutates ait été la premiere divinité desCeltes , les autres attribuant cet honneurà HJíiis, dans lequel cas Theutates ne se-roit plus le Mercure des Romains , ni Re-lus leur dieu Mars , puisque nil’un ni l’au-. tre n’a été chez les Romains la principaledivinité. Quoi qu’il en soit de cette diver-sité d’opinions, qui par elles-mêmes n'in-téressent guere, nous sommes assurés parle témoignage de toute l’antiquité, que labarbare coutume de teindre de sang hu-main les autels de ces trois dieux, s’étoit in-troduite de tout tems chez les Celtes , &que les druides étoient les prêtres qui égor-geoient en l’honneur de ces dieux infâmesdes victimes humaines. Voici comme Lu-cain parle de ces sacrifices :

Quibus immitis placatur sanguine diroTheutates , horrensque feris altaribusJíesus ,

Et Tanaris Scythicce non mitior araDiance.

S’il est permis de se livrer à des con-jectures où la certitude manque , nouscroyons pouvoir avancer que l'opinion decette ame universelle qui se répand danstoutes les parties du monde & qui en estla divinité , ( opinion qui a infecté presquetout ['univers ) avoit pénétré jusques chezles Gaulois. En effet , le culte qu’ils ren-doient aux astres , aux arbres , aux pierres,aux fontaines , en un mot, à toutes les par-ties de cet univers ; ['opinion ridicule oùils étoient que les pierres même rendoientdes oracles \ le mépris & ['horreur qu’ilsavoient pour les images & les statues desdieux : toutes ces choses réunies prouventévidemment qu’ils regardoient le mondecomme étant animé par la divinité danstoutes ses parties. C’est donc bien inutile-ment que quelques modernes ont voulunous persuader, après se l’être persuadé eux-mêmes , que les premiers Gaulois avoientune idée faine de la divinité ; idée quine s’étoit altérée & corrompue que par leurcommerce avec les autres nations. Aprèscela , je ne vois pas fur quoi tombe le re-proche injurieux qu’on fait aux anciensCeltes d’avoir été des athées : ils ont été bien

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plutôt superstitieux qu’athées. Si les Ro-mains les ont regardés comme les ennemisdes dieux , ce n’est que parce qu’ils refti-strent d’adorer la divinité dans des statuesfabriquées de la main des hommes. 11sn’avoient point des temples comme lesRomains, parce qu’ils ne croyoient pasqu’on pût y renfermer la divinité. Tout['univers étoit pour eux un temple , ou plu-tôt la divinité fe peignoir à eux dans tousles êtres qui le composent. Ce n’est pasqu’ils n’eusiènt des lieux affectés, commeles bois les plus sombres & les plus reculés,pour y adorer d’une maniéré particulièrela divinité. Ces lieux étoient propres à frap-per d’une sainte horreur les peuples qui lerepreTentoient quelque chose de terrible,appellantDieu ce qu’ils ne voyoient point,ce qu’ils ne pouvoient voir.

Tant aux foibles mortels , il eft bond'ignorer

Les dieux qu’il leur faut craindre , &qu’il faut adorer. BrebŒUF.

Ou comme le dit plus énergiquement l’ori-gínal :

Tantum terroribus addit ,Quos timeant , non nojfe deos.

Les Gaules ayant été subjuguées par lesRomains qui vouloient tout envahir, &qui opprimoicnt au lieu de vaincre , ce futune nécessité pour les peuples qui les habi-toient, de fe soumettre à la religion deleurs vainqueurs. Ce n’est que depuis cetems qu’on vit chez eux des temples & desautels consacrés aux dieux à ['imitation desRomains. Les druides perdirent insensible-ment leur crédit : ils furent enfin tous abat-tus fous les regnes de Tibere & de Claude.II y eut même un décret du sénat, qui or-donnoit leur entiere abolition, soit parcequ’ils vouloient perpétuer parmi les peu-ples qui leur étoient soumis , Tissage crueldes victimes humaines, soit parce qu’ils nScessoient de les exciter á conspirer contreles tyrans de Rome, à rentrer dans leursprivilèges injustement perdus, & à fe choi-sir des rois de leur nation.

Les druides se rendirent sur-tout recoin-mandab'es par la divination, soit chez k*

■ Gaulois, soit chez les Germains. Mai* cC