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Tome sixième.
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beaucoup de propriétés qui leur font com-munes ; l’une & l’autre contiennent du selalkali, & peuvent s’employer à peu de'chose près aux mêmes usages : mais cesraisons ne paraissent point suffisantes pourautoriser à confondre ces deux substances.

Si l’on a raison de distinguer la cendregravelee, qui est produite par l’ustion deTa lie de vin , d’avec le vrai tartr§ calciné,doit-on mettre moins de différence entrecette mémo lie brûlée, & deS cendresd’arbres telle q u'est la potasse ? Voyez Po-TASSE.LesMiJcellanea chymicaLeydenfiaappellent cineres clavellati , les cendres desartriens de v gne brûlés en plein air. Autre-fois l’on donnoit auffi ce nom aux cendresde barrils ou tonneaux que l'on bruloit :mais comme il étoit difficile d’en retirerde cette maniéré autant que l’on en avoitbesoin , on a préféré de se servir de la po-tasse que l’on pouvoit avoir en plus grandeabondance. (—)

Cendre bleue. Voye\ Bleu.

Cendres VERTES. ( Hijlnat. & mi-néralogie. ) Le nom de cendres a été donnéfort improprement à cette substance, quiest une vraie mine de cuivre, d’une consis-tance ferreuse, dont la couleur est d’unverd tantôt clair , tantôt foncé ; on l'ap-pelle en latin aerugo nativa terrea. Voye\/Wse/e VeRD DE montagne. (—)

CENDRES de roquette. (Chymie 6’ artde la verrerie. ) On les nomme auffi pou-dre de roquette , cendre de Syrie ou duLevant. Néri dit dans son Art de la ver-rerie , que la roquette est la cendre d’uneplante qui croît abondamment en Egypte& en Syrie , sur-tout près des bords de lamer. Cette plante n’elt autre chose que lekali ; on la coupe vers le milieu de Pété,lorsqu’elle est dans fa plus grande force;on la fait sécher au soleil ; on la met engerbes que l’on enraffè les unes fur les au-tres , & que l’on brûle ensuite pour en avoirles cendres : ce sont ces cendres que l’onfous envoie du Levant, & fur - tout deS. Jean d’Acre & de Tripoli ; les verriers& les savonniers s’en servent, elles fontchargées d’un sel très-âcre & très-fixe quej °n en retire par la méthode ordinaire deslessives & des crystylisations, ou en faisantévaporer la lessive à ílccité. On fàisoit au-

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frétois un très-grand cas du sel tiré de cescendres ; soit qu’on lui attribuât plus deforce qu’à d’autre, à cause du climat chaudqui le produit, soit que l’éloignement dupays d’où l’on tiroit cette marchandise con-tribuât à en rehausser le prix : mais Kunc-kel nous avertit dans ses notes fur Y Art dela verrerie de Néri , que la soudé, la po-tasse, ou toutes sortes de cendres fournissent un sel aussi bon pour les usages de laverrerie , que celui que l’on peut tirer dela roquette, pourvu que ce sel ait été con-venablement purifié par de fréquentes solu-tions , évaporations & calcinations. (—)

* Cendres, (Hifi. anc.) restes descorps morts brûlés, selon l’usage des an-ciens precs & Romains : on comprend ai-sément qu’ils pouvoient reconnoître lesossemens ; mais comment séparaient - ilsles cendres du corps d’avec celles du bû-cher ? Ils avoient, dit le savant P. Mont-faucon , plusieurs manières d'empêcherqu’elles ne sc confondissent ; l’une des-quelles étoit d’envelopper le cadavre dansla toile d’amiante ou lin incombustible ,que les Grecs appellent asbeflos. On décou-vrit à Rome en 1702., dans une vigne âun mille de la porte majeure, une grandeurne de marbre, dans laquelle étoit unetoile d’amiante : cette toile avoitneuf pal-mes romains de longueur , & sept palmesde largeur ; c’est environ cinq pieds delarge , sor plus de six& demi de long. Elleétoit tiff'ue comme nos toiles;ses fils étoiencgros comme ceux de la toile de chanvre ;elle étoit usée & sale comme une vieillenappe de cuisine, mais plus douce à ma-nier & plus pliable qu’une étoffe de foie.On trouva dans cette toile , des ossemens,avec un crâne à demi brûlé. On avoit misfans doute dans cette toile le corps du dé-funt , afin que ses cendres ne s’écartassentpoint, & ne sc mêlassent pas avec cellesdu bûcher, d ou on les retira pour lestransporter dans la grande tombe. On jetacette toile dans le feu, où elle resta long-tems fans être brûlée ni endommagée. Lepere Montfaucon , qui semble promettreplusieurs maniérés de séparer les cendresdu mort de celles du bûcher , n rndiquepourtant que celle-ci. On rapportoit lescendres de ceux qui mouraient au loin,