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Tome sixième.
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C E R

les nns des autres, & gouverner commeon veut : ces arbres nains figureront auíïitrès-bien en palissades dans les bosquets ,& le ciseau ne fera que multiplier leursfleurs.

Lorsqu’on met les cerisiers en espalier,on se propose pour obj et d’avoir des cerisesplus tôt ou plus tard : ce font donc lesespeces précoces & tardives qu’il faut met-tre à cet usage ; les premieres, à l’expo-fltion du midi, au levant & du sud-ouest;& les autres , à celles du nord ou nord-ouest.

Du nombre des premiers, font le ceri-sier nain précoce , le cerisier hâtif, lemai duke; les plus tardifs font la morelle,le ceriser de la toussaint, le pâquis, leduke tardif & la cerise de Guienne. Legriottier noue mieux Ion fruit en espalierqu’en plein vent.

On doit retrancher tròs-peu de branchesaux cerisiers en plein vent ; le moins qu’ony peut toucher , c’est le mieux ; plus latige eíl baffe , c’est-à-dire plus le tronc estcourt, & moins la gomme y causera deravage ; les dépôts se feront alors plutôtdans les branches que dans le tronc; fi unebranche en est attaquée , on la retran-chera ; si le dépôt se fait dans la tige , &cjue le suc propre se soit entièrement épan-ché , l’arbre périt.

Les cerisers en espalier sont soumisaux réglés générales de la taille, avec cetteattention de leur moins retrancher de bran-ches qu’aux autres arbres ; il suffira presquede les bien étendre & de les bien espacer :celles qui se présentent fur le devant peu-vent être coupées à deux ou trois pouces ;elles donneront des boutons à fleur.

Les merisiers, guigniers , bigarreau-tiers, font très-sujets aux épanchemens degomme , sur-tout dans les terres succu-lentes & humides, &: si on les a trop en-terrés en les plantant. Le cerisier veut avoirses premieres racines fort hautes ; voyel-le dans le bois: elles font hors de terre àleur insertion , & ce n’est qu’à trois ouquatre pieds de la tige qu’elless’enfoncent,mais elles s’étendent fous une couche très-mince.

J’ai vu en Franche-Comré une cerisayesuperbe, sur un rocher où il y avoir très- j

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peu de terre ; je pense que les terres sa-blonneuses , graveleuses, pierreuses, mar-neuses , font les plus convenables au ceri-sier.

Si le dépôt de gomme se forme fur letronc , & qu’on s’en apperçoive d'abord ,il faut emporter le dépôt & fécorce jus-qu’au vif, & couvrir la plaie de moufleseche. Si la gomme se présente sur le troncen plusieurs endroits, il faut le fendre duhaut en bas du côté du nord ; si le dépôtattaque une branche moyenne, il la fautretrancher au-dessous 011 rez-tronc ; sic’est une branche principale, il sent la trai-ter comme le tronc.

Les beaux à excellons fruits que don-nent les précieuses variétés des cerisiers ,nous ont fait oublier l’agrément de leursfleurs;cependant, comme on n’aau prin-tems que le plaisir de voir , de sentir &d’espérer, arrêtons encore nos regards furles feenes riantes qui précédent les riches-ses de Tannée.

Le mahaleb peut être employé dans lesbosquets du printems, de plusieurs ma-niérés: on peut en faire de petites allées,en Télevant à six ou huit pieds de tige ;T employer en buisson dans le fond desgrands massifs ; en si n , en former des pa-lissades depuis trois pieds de haut jnsqu’âdouze , selon les lieux & le goût des pro-priétaires. Ces palissades se taillent à mer-veille , & se garnissent parfaitement fousle ciseau ; dès la fin d’avril, elles sont cou-vertes de fleurs blanches & odorantes ,depuis le haut jufqu’en bas; leur feuillageest petit & d’un verd agréable. Commeil dure jusqu’en décembre , & que là chûten’est précédée d’aucune altération graduéedans la nuance du verd, le mahaleb peutêtre employé dans les bosquets d’été &d’automne : dans les premiers il figureraencore parle fruit noir dont il est chargé,& qui attire des nuées d’oiseaux : j’aitrouvé fur quelques catalogues une variétéde cette espece, dont le fruit est rouge ,àc cju on íeroit bien d’entre-méler avec 1 eí-pece commune. On m’a dit à Basse que lameilleure eau-de-viede cerise, kirshwajjer yse fàiíòit avec les cerises du mahaleb , &qu’élle lé venduit dix fols 1 e pot plus quel’autre. Je ne doute pas qu’on ne puislè