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Tome sixième.
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ville. II nous dira peut-êtrej: le dernierfait n’eíl point impossible physiquement ;qu’un homme soit mort , il n’y a rienlà qui m’étonne: mais qu’un homme aitété ressiiscité, voilà ce qui révolte & ce quieffarouche ma raison ; en un mot, voilàpourquoi la possibilité que tout Paris aitvoulu me tromper fur la résurrection decet homme , me fait une impression dontje ne saurois me défendre : au lieu que lapossibilité que tout Paris ait voulu m’enimposer sur sa mort, ne me frappe nulle-ment. Je ne lui répéterai point ce que jelui ai déjà dit, que ces deux faits étant éga-lement possibles, il ne doit s’arréter qn’auxmarques extérieiyes qui Raccompagnent,& qui nous guident dans la connoistànce desévénemens ; ensorte que íi un fait surna-turel a plus de ces marques extérieures qu’unfait naturel, il me deviendra dés lors plusprobable. Mais examinons le merveilleuxqui effarouche fa raison, & faisons-le dif—paroître à ses yeux. Ce n’est en effet qu’unfait naturel que tout Paris lui propose àcroire : savoir, que cet homme est pleinde vie. II est vrai qu’étant déjà assuré de famort, sa vie présente suppose une résur-rection. Maiss’ilne peut douter de la viede cet homme fur le témoignage de toutParis, puisque c’est un fait naturel, il nesauroit donc douter de sa résurrection : l’unest lié nécestàirement avec l’autre. Le mi-racle se trouve enfermé entre deux faits na-turels ; savoir, la mort de cet homme , &sa vie présente. Les témoins ne font assiirésdu miracle de la résurrection , que parcequ’ils font assurés du fait naturel. Ainsi jepuis dire que le miracle n’est qu’une con-clusion des deux faits naturels. On peut s’af-surer des faits naturels, le sceptique l’avoue :le miracle est une simple conséquence desdeux faits dont on est sûr : ainsi le miracleque le sceptique me conteste se trouve,pour ainsi dire, composé de trois chosesqu’il ne prétend point me disputer ; savoir,la certitude de deux faits naturels, la mortde cet homme, & là vie présente ; & d’uneconclusion métaphysique, que le sceptiquene me conteste point. Elle consiste à dire :cet homme qui vit maintenant,étoit mortil y a trois jours ; il a donc été rendu de lamort à la vie. Pourquoi le sceptique veut-il

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plutôt s’en rapporter à son jugement qu’à-tousses sens? Ne voyons-nous pas tous lesjours que fur dix hommes, il n’y en a pasun qui envisage une opinion de la mçrr.e fa-çon ? Cela vient, me dira-t-on , de la M-zarreriede ces hommes, & du différent tourde leur esprit. Je l’avoue ; mais qu’on mefasse voir une telle bizarrerie dans les sens.Si ces dix hommes font à portée de voieun même objet, ils le verront tous de lamême façon, & on peut assurer qu’aucunedispute nes’éleveia ontr’eux fur la réalitéde cet objet. Qu’on me montre quelqu’unqui puistè disputer sur la possibilité d’unechose quand il la voit. Je le veux, qu’il s’enrapporte plutôt à son jugement qu’à ses sens:que lui dit son jugement sur la résurrectionde ce mort ? Que cela est possible : son ju-gement ne va pas plus loin ; il ne contre-dit nullement le rapport de ses sens, pour-quoi veut-il donc les opposer ensemble ?

Un autre raisonnement propre à faire sen-

tir le foible de celui de fauteur des Pen-sées philosophiques , c’est qu’il compare lapossibilité que tout Paris ait voulu le trom-per , à l’impoffibiîité de la résurrection. En-tre le fait & lui il y a un vuide à remplir,parce qu’il n’est pas témoin oculaire : cevuide, ce milieu est rempli par les témoinsoculaires. II doit donc comparer d’abord lapossibilité que tout Paris íe soit trompe, avecla possibilité de la résurrection. II verra queces deux possibilités font du même ordre,comme je l’ai déjà dit. II n’a point en fuiteà raisonner sur la résurrection, mais seule-ment à examiner le milieu par où elle par-vient jusqu’à lui. Or l’examen ne peut êtreautre que supplication des réglés que j’aidonnées, moyennant lesquelles on peut s’as-stirer que ceux qui vous rapportent un fait,ne vous en imposent point; car il ne s’agitici que de vérifier le témoignage de toutParis. On pourra donc se dire comme pourles faits naturels : les témoins n’orit ni lesmemes passons, ni les mêmes intérêts ; ilsne se eonnoist'ent pas ; il y en a même beau-coup qui ne se sont jamais vus : donc il nesauroit y avoir entr’eux aucune colluiiop.D’ailleurs concevra-t-on aisément commentParis se détermineroit, suppoie le complot■ nnssihle à en imposer à un homme íur untel fait & seroit-il possible qu’il ne trans-Yyyy ìj