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Tome sixième.
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pirât rien d’un tel complot ? Tous les rai-fonnemens que nous avons faits fur les faitsnaturels, reviennent comme d’eux-mèmesfe p r Tente r ici, pour nous faire sentirqàne telle imposture est impossible. J’a-voue au sceptique que nous combattons,que la possibilité que tout Paris veuille letromper, est d’un ordre différent de la pos-sibilité de la résurrection. Mais je lui sou-tiens que le complot d’une aufli grande villeque Paris, formé fans raison, fans intérêt,fans motif, entre des gens qui ne fe con-noiífent pas, faits même par leur naissancepour ne pas fe connoître, ne foie plus dif-ficile à croire que ’a réfurection d’un mort.La résurrection est contre les loix du mondephysique; ce complot est contre les loixdu monde moral. 11 faut un prodige pourl’un comme pour l’autre, avec cette diffé-rence que l’un feroit beaucoup plus grandque l’autre. Que dis-je ? l’un , parce qu’iln’est établi que fur des loix arbitraires, &dès là soumises à un pouvoir souverain, nerépugne pas à la fagesiè de Dieu ; l’autre,arce qu’il est fondé fur des loix moins ar-itraires, je veux dire celles par lesquellesil gouverne le monde moral, ne fauroits’allier avec les vues de cette sagesse su-prême ; & par conséquent il est impossible.Que Dieu ressuscite un mort pour mani-fester sa bonté , ou pour sceller quelquegrande vérités là jereconnois une puissanceinfinie, dirigée par une sagesse comme elleinfinie : mais que Dieu bouleverse Tordrede la société ; qu’il suspende faction descauses morales; qu’il force les hommes,par une impression miraculeuse, à violertoutes les réglés de leur conduite ordi-naire , & cela pour en imposer à un simpleparticulier, j’y reconnois à la vérité fa puis-sance infinie, mais je n’y vois point de sa-gesse qui la guide dans fes opérations : doncjl est plus possible qu’un mort ressuscite »qu’il n’est possible que tout Paris m’en im-pose fur ce prodige.

Nous connoiífòns a préteur la réglé devérité qui pôut servir aux contemporains,pours’assurer des faits qu’ils fe communi-quent entr’eux , de quelque nature qu’ilssoient, ou naturels , ou surnaturels. Celane suffit pas : il faut encore que tout aby-més qu’ils font dans la profondeur des âges,

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ils soient préfens aux yeux de la postéritémême la plus reculée. C’est ce que nousallons maintenant examiner.

Ce que nous avons dit jufqu’ici , tend -àprouver qu’un fait a toute la ceftitude dontil est susceptible , lorsqu’il se trouve at-testé par un grand nombre de témoins ,& en même tems lié avec un certain con-cours d’apparences & de phénomènes quile supposent comme la seule cause qui lesexplique. Mais si ce fait est ancien , &qu’il fe perde , pour ainsi dire, dans Téloi-gnement des siécles, qui nous assurera qu’ilsoit revêtu des deux caractères ci-dessisénoncés , lesquels par leur union portentun fait au plus haut degré de certitude ìComment íàurons-nous qu’il fut autrefoisattesté par une foule de témoins oculaires,& que ces monumens qui subsistent encoreaujourd’hui, ainsi que ces autres traces ré-pandues dans la fuite des siécles, s’incor-porent avec lui plutôt qu’avec tout autre ?L’hirtoire & la tradition nous tiennent lieude ces témoins oculaires, qu’on paroît re-gretter. Ce sont ces deux canaux qui noustransmettent une connoiííànce certaine desfaits les plus reculés ; c’est par eux que lestémoins oculaires font comme reproduitsà nos yeux , & nous rendent en quelqueforte contemporains de ces laits. Ces mar-ques , ces médailles, ces colonnes, ces py-ramides , ces arcs de triomphe, sont commeanimés par Thistoire & la tradition, & nousconfirment comme à l’envi ce que celles-là nous ont déjà appris. Comment, non»dit le sceptique , Thistoire & la traditionpeuvenc-elles nous transmettre un fait danstoute fa pureté? Ne font-elles point commeces fleuves qui grossissent & perdent jus—qu’à leur nom, à mesure qu’ils s’éloignentde leur source? Nous allons satisfaire à cequ’on nous demande ici : nous commen-cerons d’abord par la tradition orale ; ctelà nous passerons à la tradition écrite ou àThistoire, & nous finirons par la traditiondes monumens. II n’est pas possible qu’unfait qui fe trouve comme lié & enchaîné parces trois fortes de traditions, puiílè ja-mais fe perdre , & même souffrir quelquealtération dans I immensité des fiecles.

La tradition orale consiste dans unechaîne de témoignages rendus par des per-