iz8 C H A
pro alio datus in duello , n campo diclus , quicìrcus erat , decertantibus dejinilus : de-làvient aussi le mot de champ de bataille.
Ducange observe que les champions , dansla signification propre, étoient ceux qui sebattoient pour a autres; lesquels, étant obli-gés selon la coutume d'accepter le duel,avoient pourtant une excuse légitime pours’en dispenser, comme de caducité, de jeu-nesse ou d’infirmitéi: il ajoute que c’étoientle plus souvent des mercenaires qu on louoità prix d’argent, & qui dès-lors paíToientpour infâmes.
Quelquefois cependant le valsai, envertu de son fief Sc des conditions del’hommage, devenoit champion de son sei-gneur, dès que ce dernier le demandoit.
Des auteurs soutiennent que toutes per-sonnes étoient reçues à servir de cham-pions , excepté les parricides Sc ceux quiétoient accusés de crimes très-odieux. Lesclercs, les chanoines, les religieux , lesfemmes même étoient obligés de four-nir des champions pour prouver leur inno-cence.
Cette coutume de décider lès différendspar un combat, est venue originairementau nord ; elle passa de-là en Allemagne,les Saxons la porterent en Angleterre , Scelle s’établit insensiblement dans le restede l’Europe, sur-tout chez les nations mi-litaires , & qui faisoient leur principaleoccupation des armes. Voye ^ Duel.
Lorsqu’on avoir choisi deux championspòur décider de la vérité ou de 1a faussetéd’une accusation, il falloit, avant qu’ils envinssent aux mains, qu’il intervînt sentence•pour autoriser le combat. Quand le jugesavoir prononcée, s accusé jetoit un gageÇ d’ordìnaire c’étoit un gant ) ; ce gagede bataille étoit relevé par l’accusateur :après quoi on les mettoit l’un Sc l’autrefous une garde sure jusqu’au jour marquépour le combat. Voye\_ Gage & Gan-telet.
Si, dans l’intervalle, l’un des deux pre-noit la fuite, il étoit déclaré infâme, Scconvaincu d’avoir commis le crime qu onlui imputoit ; 1 accusé, non plus que 1 ac-cusateur, n’obtenoit la permission de s’entenir là , qu en satisfaisant le seigneur pourla confiscation qu’il auroit dû avoir des
C H A
effets du vaincu, lì le combat avoir eulieu.
Avant que les champions entrassent dansla lice, on leur rasoit la tête, & ils fai-soient serment qu’ils croyoient que les per-sonnes dont ils soutenoient la cause avoientraison, Sc qu’ils les défendraient de toutesleurs forces. Leurs armes étoient une épéeSc un bouclier. Quelques-uns disent qu 1 enAngleterre c étoient le bâton Sc le bouclier.Lorsque les combats se faisoient à cheval,on armoit les combattans de toutes pieces;les armes étoient bénites par un prêtre avecbeaucoup de cérémonies ; chacun des com-battans jurait qu’il n’avoit point de char-mes fur lui ; & , pour s’animer, factioncommençoit par des injures réciproques ;puis les champions en venoient aux mainsau son des trom nettes : après qu’ils s’étoientdonné le nombre de coups marqués dansle cartel, les juges du combat jetoientune baguette, pour avertir les championsque le combat étoit fini : s’il durait jus-qu’à la nuit, ou qu’il finît avec un avan-tage égal des deux côtés, l’accusé étoitalors réputé vainqueur ; la peine du vaincuétoit celle que les lois portoient contre lecrime dont il étoit question : si le crimeméritoit la mort, le vaincu étoit désarmé »traîné hors du champ , Sc exécuté aussi-tôt , ainsi que la partie dont il soutenoitla cause : s’il avoir combattu pour unefemme, on la brûloir. Voy. Duel. (G) (a)
C’est un spectacle curieux, dit l’illustreauteur de Vesprit des lois , de voir ce mons-trueux usage du combat judiciaire réduiten principes, Sc de trouver le corps d’unejurisprudence si singulière. Les hommes,dans le fond raisonnables, soumettoient àdes réglés leurs préjugés mêmes. Rien n’étoitplus contraire au bon sens que le combatjudiciaire ; mais ce point une fois posé »i’exécution s’en fit avec une certaine pru-dence. L’auteur célébré que nous venons,de citer, entre à ce sujet dans un détailtrès-curieux fur les réglés de ces combats,qu’on pourrait appeller le code des homici-des ; mais, ce qui est encore plus précieux,ce font les réflexions philosophiques qu’ilfait fur ce sujet. La loi k h que, dit-il ,n’admelttoit point d’usage des preuves né-gatives, c’est-à-dire , qu’elie obligeoit éga-