144 C H A
& depuis Baudouin premier, qui fut chan-celier de France fous le roi Robert, ilparoît que ceux qui firent cette fonction,ne prirent plus d’autre titre que celui dechancelier de France ; & que, depuis cerems, ce titre leur fut réservé, à l’exclu-iion _ des notaires & secrétaires du roi,greffiers, Sc autres officiers subalternesqui prenoient auparavant le titre de chan-celiers.
Le chancelier fut d’abord nommé par leroi seul.
Gervais, archevêque de Reims Sc chan-celier de Philippe I, prétendit que la placede chancelier étoit attachée à celle d’arche-veque de Reims; ce qu’il obtint, dit-on,P®ur lui & son église. Il étoit, en effet,le troisième depuis Hervé qui avoir potfédé la dignité de chancelier : mais, de-puis lui, on ne voit point que cette di-gnité ait été attachée au íîege de Reims.
Dans la fuite, le chancelier fut élu enparlement par voie de scrutin, en présencedu roi. Guillaume de Dormans futle premierélu de cette maniéré en r371. Louis XIchangea cet ordre ; Sc , depuis ce tems,c’est le roi seul qui nomme le chancelier ;le parlement n’a aucune jurifdiction furlui.
Cet office n’est point vénal ni hérédi-taire , mais à vie feulement. Le chancelierest reçu fans information de vie Sc mœurs,Sc prête ferment entre les mains du roi ;Sc fes provisions font présentées par unavocat dans toutes les cours souveraines,l’audience tenante, Sc y font lues, publiéesSc enregistrées fur les conclusions des gensdu Roi.
Quoique l’ossice de chancelier ait tou-jours été rempli par des personnes distin-guées par leur mérite Sc par leur naissance,dont la plupart font qualifiées de chevaliers ,fi est cependant certain qu’anciennementcet office n’anoblissoit point. En effet, fousle roi Jean, Pierre de la Forêt, chancelier,ayant acquis la terre de Loupelande dansle Maine, obtint du roi des lettres de no-blesse pour jouir de l’exemption du drpitde francs-fiefs. Les chanceliers nobles Tequalifioient messire , Sc les autres, maître.Présentement le chancelier est toujoursqualifié du chevalier So de monseigneur.
C H A
M. le chancelier Seguier fut fuit duc deVillemor Sc pair de France, Sc conservatoujours l’oftlce de chancelier, outre cellequ’il avoit toujours de ligner Sc sceller leslettres du prince. Charlemagne constituale chancelier dépositaire des lois & ordon-nances ; Sc Charles le Chauve lui donna ledroit d’annoncer pour lui les ordonnancesen présence du peuple.
Sous le régné d’Henri premier Sc de fessuccesseurs, jusqu a celui de Louis VIII, ilfoulcrivoit toutes les lettres Sc chartes de nosrois, avec le grand-maître, le chambrier,le grand- boutillier, & le connétable. Depuis13 a o ils cesserent de signer les lettres, & yanpoferént seulement le sceau. Il étoit aussia usage dès l’an 1363, qu’ils mettoient deleur main le mot visa au bas des lettres,comme ils font encore présentement.
Le pouvoir du chancelier s’accrut beau-coup fous la troisième race : 011 voit que dèsle tems d’Henri premier il signoit les chartesde nos rois, avec le connétable, le boutil-lier , Sc autres grands-oificiers de la cou-ronne.
Frere Guerin , évêque de Senlis, sucd’abord garde des sceaux fous Philippe-Au-guste , pendant la vacance de la chancelle-rie ; il sut ensuite chancelier sous le régné deLouis VIII, Sc releva beaucoup la dignitéde cette charge ; il abandonna la fonction dusecrétariat aux notaires Sc secrétaires du roi,se réservant feulement fur eux l’inspection:il assista avec les pairs au jugement qui futrendu, en 12.2.4, contre la comtesse deFlandres. Dutillet rapporte que les pairs vou-lurent contester ce droit aux chancelier,boutillier , chambrier Sc connétable ; maisla cour du roi décida en faveur de ces offi-ciers. Au sacre du roi c’est le chancelier quiappelle les pairs chacun en leur rang.
Des le tems de Philippe-Auguste, lechancelier portoit la parole pour le roi,même en fa présence. O11 en trouve unexemple dans la harangue que frere Guerinfit à la tête de l’armée, avant la bataillede Bouvines en 12.14, & la victoire suivitde près son exhortation.
On voit aussi dans Froisiart que, dès13 í J 3 le chancelier parloir pour le roi ,en fa présence, dans la chambre du par-lement; qu’il exposa l’état des guerres, Sc-
requit