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Tome septième.
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Le prix du change peut être défini engénéral , une compensation momentanée des-monnoies de deux pay s , en raison des dettesréciproques.

Pour rendre ces définitions plus sensi-bles, il est à-propos de considérer le changefous ses divers aspects, Sc dans toutes sesparties.

Nous examinerons l'origìne du changecomme transport qu’un négociant fait à unautre des fonds qu'il a dans un pays étran-ger quelconque , fa nature, son objet, son«ffet: nous expliquerons l'origìne du prixdu change , ou de la. compensation desmonnoies ; son essence , ion pair , ioncours , la propriété de ce cours, le com-merce qui en résulte.

Le premier commerce entre les hommesse fit par échange: la communication s'accrut,Sc les besoins réciproques augmenterent avecle nombre des denrées. Bientôt une nationse trouva moins de marchandises à échanger ,que de besoins ; ou celles qu’elle pouvoitdonner , ne convenoient pas à la nationde qui elle en recevoit dans ce moment.Pour payer cette inégalité , l'on eut re-cours à des signes qui représentassent lesmarchandises.

Afin que ces signes fussent durables &susceptibles de beaucoup de division fansse détruire , on choisit les métaux , Sc l’onchoisit les plus rares pour en faciliter letransport.

L'or , l'argent & le cuivre devinrent lamesure des ventes Sc des achats : leurs por-tions eurent dans chaque état une valeurproportionnée à la finesiè & au poids qu’onleur y donna arbitrairement ; chaque législa-teur y mit ion empreinte , afin que laforme en répondît. Ces portions de métauxd’un certain titre Sc d’-un certain poidssurent appellées monnoies. Voye-{_ Mon-J40IE. .

A mesure que le commerce s'étendit,les dettes réciproques se multiplièrent, Scle transport des métaux représentant la mar-chandise devint pénible : on chercha dessignes des métaux mêmes.

Chaque pays achete des denrées, ainsiqu’il en vend ; Sc par conséquent se trouveíout-à-la-sois débiteur Sc créancier. On enconclut qu,e pour payer les dettes récipro-

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1 ques , ìl suffi soit de se transporter mutuel-lement les créances réciproques d'un pays àun autre, & même à plusieurs, qui seroienten correspondance entre eux. Il fut convenuque les métaux seroient représe ntés par unordre que le créancier donneroit par écrità íbn débiteur, d en payer le prix au porteurde l’ordre.

La multiplicité des dettes réciproques estdonc l'origìne d u change considéré commele transport qu’un négociant fait à un autredes fonds qu’il a dans un pays étranger.

Puisqu’il suppose des dettes réciproques,íà nature consiste dans l’échange de cesdettes ou des débiteurs. Si les dettes n'é-toient pas réciproques, la négociation duchange seroit impossible , Sc le payementde la marchandise se seroit nécessairementpar le transport des métaux.

L'objet du change est conséquemmentd'épargner le risque & les frais de ce trans-port.

Son effet est que les contrats qu’il em-ployé, ou les lettres de change représententtellement les métaux, qu'il n'y a aucunedifférence quant à l’effet.

Un exemple mettra ces propositions dansun grand jour.

Supposons Pierre de Londres débiteurde Paul de Paris , pour des marchandisesqu'il lui a demandées ; Sc qu’en mêmetems Antoine de Paris en a acheté deJacques de Londres pour une sommepareille : íi les deux créanciers, Paul deParis & Jacques de Londres, échangentleurs débiteurs, tout transport de métauxest superflu. Pierre de Londres, comptera àJacques de la même ville, la somme qu’ildoit à Paul de Paris; & pour cette somme,Jacques lui transportera par un ordre écrit,celle qu'il a à Paris entre les mains d’An-toine. Pierre , propriétaire de cet ordre, letransportera à Paul son créancier à Paris ;Sc Paul, en le représentant à Antoine , enrecevra le payement.

Si aucun négociant de Paris n’eût dû àLondres , Pierre eût été obligé de trans-porter ses métaux à Paris pour acquittería dette ; ou si Jacques n’avoit vendu àParis que pour la moitié de la somme quePierre y devoir , la moitié de la dette dePierre eût été acquittée par échange, Sc

l’autre