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Tome septième.
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l’autre moitié par un transport d’especes.

Il est donc évident que le change supposedes dettes réciproques , que fans elles iln’existeroit point , & qu’il consiste danslechange des débiteurs.

L’exemple proposé prouve égalementque l’objet du change est d’épargner letransport des métaux. Supposons les dettesde chacune des deux villes de io marcsd argent, & évaluons le risque avec lesfrais du commerce à un demi-marc : on voltque fans l’échange des débiteurs il en eûtcoûté i o marcs 5c demi à chacun d’eux ,au lieu de dix marcs.

L/effet du change est austì parfaitementdémontré dans cet exemple , puisque lalettre de change , tirée par Jacques deLondres fur Antoine de Paris, étoit telle-ment le signe des métaux , que Paul deParis , à qui elle a été envoyée, a réelle-ment reçu io marcs d J argent en la repré-sentant.

Cette partie du change , que nous avonsdésinie le transport qu’un négociant fait àun autre des fonds qu’il a dans un paysétranger , s’applique à la représentation desmétaux : la seconde partie, ou le prix duchange , s’applique à la choie représentée.

Lorsque l’or , 1 argent 5c le cuivre fu-rent introduits dans le commerce pour yêtre les signes des marchandises, & qu’ilsfurent convertis en monnoies d’un certaintitre & d’un certain poids, les monnoiesprirent leur dénomination du poids qu’onleur donna ; c’est - à - dire , qu’une livrepelant d’argent fut appellée une livre.

Les besoins ou la mauvaise foi firentretrancher du poids de chaque piece demonnoie, qui conserva cependant la déno-mination.

Ainsi il y a dans chaque pays une mon-noie réelle , & une monnoie idéale.

On a conservé les monnoies idéales dansles comptes pour la commodité : ce fontdes noms colleétifs , qui comprennentfous eux un certain nombre de monnoiesréelles.

Les altérations survenues dans les mon-noies n’ont pas été les mêmes dans tousles pays : le rapport des poids n'est paségal , non plus que celui du titre ; ladénomination est souvent différente : telleTome VII.

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est l’orìgine de la comparaison qu’il fautfaire de ces monnoies pour les échangerl’une contre l’autre , ou les compenser.

Le befoin plus ou moins grand que l’ona de cet échange , fa facilité ou fa difficulté ;enfin , íà convenance &c fes frais ont unevaleur dans le commerce ; & cette valeurinflue fur le prix de la compensation deSmonnoies.

Ainsi leur compensation, ou le prix duchange renferme deux rapports qu’il fautexaminer.

Ce font ces rapports qui font son essence ;car si les monnoies de tous les pays étoientencore réelles, si elles étoient d’un mêmetitre , d’un même poids ; enfin, si les con-venances particulières n'étoient point éva-luées dans le commerce , il ne pourroit yavoir de différence entre les monnoies ;5c dès-lors il n’y auroit point de compen-sation à faire ; une lettre de change seroitsimplement la représentation d’un certainpoids d’or ou d’argent.

Une lettre de change fur Londres de ioolivres, repréfenteroit ioo livres qui, danecette hypothèse, seroient réelles 5c parfai-tement égales.

Mais dans l’ordre actuel des choses, Irdifférence entre les monnoies de France &d’Angleterre , & les circonstances du com-merce influeront fur la quantité qu il fautde l’une de ces monnoies pour payer unequantité de l’autre.

De ces deux rapports , celui qui résultede la combinaison des monnoies est le plusessentiel, & la base nécessaire de la com-pensation'ou du prix du change.

Pour trouver ce rapport juste de la com-»binaísbn des deux monnoies , il faut con-noître avec la plus grande précision le poids,le titre, la valeur idéale de chacune, & lerapport des poids dont on sc sert dans l’uir& 1 autre pays pour peser les métaux.

L argent monnoyé en Angleterre est du’meme titre que l’argent monnoyé de France,c’est-à-dire , à 11 deniers de fin, i deniersde remede de loi. Voye £ Remede de loi-La livre sterling est une monnoie idéale,ou un nom collectif qui comprend fous luiplusieurs monnoies réelles, comme les écusou crowns de 6o fous courans, les demi-fcrowns , les fchelins de n f., &c.

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