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Tome septième.
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s’appelloir. hymênée , épitkalame : la chansond c Datis, pour des occasions joyeuses : leslamentations , Yialême &c le linos , pourdes occasions funèbres & tristes : ce linosse chantoit aussi chez les Egyptiens, &s'appelloit par eux maneros , du nom d'unde leurs princes. Par un passage d’Euripide,cité par Athénée, on voit que le linos pou-volt aussi marquer la joie.

Enfin, il y avoir encore des hymnes ouchansons en Fhonneur des dieux & deshéros : telles étoient les jules de Cérès &de Proserpine, la philélie d’Apollon, lesupinges de Diane, &c. (S)

Ce genre passa des Grecs aux Latins ;plusieurs des odes d'Horace font des chan-sons galantes ou bachiques. (B)

Les modernes ont aussi leurs chansons dedifférentes especes, selon le génie & lecaractère de chaque nation : mais les Fran-çois Pemporteut fur tous les peuples del’Europe, pour le sel &c la grâce de leurschansons : ils se sont toujours plus à cetamusement , Si y ont toujours excellé ;témoins les anciens Troubadours. Nousavons encore des chansons de Thibaut ,comte de Champagne. La Provence & leLanguedoc n’ont point dégénéré de leurpremier talent : on voit toujours régnerdans ces provinces un air de gaieté qui lesporte au chant & à la danse : un Provençalmenace son ennemi d 1 une chanson , commexm Italien menacerait le sien d'un coup deftilet ; chacun a ses armes. Les autres paysont aussi leurs provinces chansonnieres : enAngleterre, c’est F Ecosse ; en Italie, c’estVenise.

L'uíage établi en France d'un commercelibre entre les femmes & les hommes,certe galanterie aisée qui régné dans lessociétés, le mélange ordinaire des deuxíexes dans tous les repas , le caractèrememe d’esprit des François ont du porterrapidement chcz eux ce genre à six perfec-tion. ( B )

Nos chansons font de plusieurs eípeces ;mais, en général, elles roulent , ou furl’amour, ou fur le vin, ou fur la satire :les chansons d’amour font les airs tendres,qu’on appelle encore airs sérieux, ^ les ro-mances , dont le caractère est d’éìhouvoirlame par le récit tendre Lc nais de quelque

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histoire amoureuse & tragique: les chansonspastorales, dont plusieurs íont situes pourdanser, comme les musettes, les gavottes,les branles, &’c. (S)

On ne connoït guere les auteurs desparoles de nos chansons françoises : ce íontdes morceaux peu réfléchis, sortis de plu-sieurs mains, & que, pour la plupart, leplaisir du moment a fait naître ; les musiciensqui en ont fàit les airs font plus connus,parce qu'ils en ont laissé des recueils com-plets ; tels font les livres de Lambert, deDubouflet, &c.

Cette forte d'ouvrage perpétue dans lesrepas le plaisir à qui il doit fa naissance.On chante indifféremment à table deschansons tendres, bachiques , Lesétrangers conviennent de notre, supérioritéen ce genre : le François débarrafle de foins,hors du tourbillon des affaires qui Fa en-traîné toute la journée, fe délasse le soirdans des soupers aimables, de la fatigue& des embarras du jour : la chanson estson égide contre l'ennui, le vaudeville estson arme offensive contre le ridicule : il s'ensert aussi quelquefois comme d'une elpecede soulagement des pertes ou des reversqu'il essuie; il est satisfait de ce dédom-magement: dès qu'il a chanté, ía haine oufa vengeance expirent. (S)

Les chansons à boire font assez commu-nément des airs de baflè, ou des rondesde table. Nous avons encore une especede chanson qu’on appelle parodie; ce íont desparoles qu'on ajuste fur des airs de violonou d’autres instrumens, & que l'on fait rimertant bien que mal, fans avoir égard à lamesure des vers.

La vogue des parodies ne peut montrerqu'un très-mauvais goût ; car, outre qu'ilhuit que la voix excede & passe de beau-coup fa juste portée pour chanter des airsfaits pour les instrumens, la rapidité aveclaquelle on fait palier des syllabes dures &chargees de consumes fur des doubles cro-ches & des intervalles difficiles, choque1 oreille très-défagréablement. Les Italiens,dont la langue est bien plus douce que lanôtre, prodiguent à la vérité les vitessesdans les roui des ; mais quand la voix aquelques syllabes à articuler, ils ont grandloin de la faire marcher plus posément,