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Tome septième.
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& de maniéré à rendre les mots aisés àprononcer & à entendre. (S)

“ M. de Marmontel a joint des détails» aux observations de M. Rousseau de» Gencve , que nous venons de lire. »De tous les peuples de l'Europe, le Fran-çois est celui dont le naturel est le plusporté à ce genre léger de poésie. La galan-terie , le goût de la table, la gaieté, la vi-vacité brillante de sim humeur Sc de soncaractère, ont produit des chansons ingé-nieuses dans tous les genres.

A propos de l’ode & du dithyrambe, j’aiparlé de nos chansons à boire, & j'en aicité des exemples ; en voici encore un del’enthousiasme bachique. Le poëte s’adresseau vin ;

Non, il n’est rien dans VuniversQui ne te rende hommage ,

Jusqu’à la glace des hyvers ,

Tout sert à ton usage.

La terre sait de te nourrirSa principale gloire ;

Le soleil luit pour te mûrir ;

Nous naissons pour te boire.

Mais, comme parmi nous le vin n'estpas ennemi de l'amour, il est rare que lachanson bachique ne íoit pas en mêmerems galante ; &, à l'exemple d'Anacréon,nos buveurs se couronnent de myrtes &de pampres entrelacés. L'un dit dans fachanson :

En vain je bois pour calmer mes alarmes ,

Et pour chasser Vamour qui m* a surpris ;

Ce font des armesPour mon Iris,

Le vin méfait oublier ses mépris,

Et m’entretient feulement de ses charmes.

Un autre.

J’ai passé la saison de plaire ,

II saut renoncer aux amours :

Tendres plaisirs qui faites les beaux jours ,Vous seuls rendes heureux, mais vous nedure ^ guere.

Bacchus , de mes regrets ne fois point encourroux ;

Regarde l’amour qui s'envole.

Quel triomphe pour toi , fi ton jus me consoleDe la perte d’un bien si doux!

C H A

Un autre plus passionné.

Venge-moi d’une ingrate maîtresse,

Dieu du vin, j’implore ton ivresse;

Un amant se sauve entre tes bras.Hâtes-toi , j’aime encor , le tems presse :C’en esl sait , ji je vois ses appas.

Que d’attraits ! ó Dieux ! qu’elle ètoit belle !■ Vole , Amour, vole après elle ,

Et ramene avec toi l’infidelle.

I C'est, en général, la philosophie d’Ana-creon renouvellée & mise en chant.

L amour du vin & de la table est com-mun à tous les états. C'est donc quelque-fois les moeurs Sc le langage du peuple dela ville ou de la campagne, qu'011 a imitésdans les chansons à boire, comme danscelle-ci :

Parbleu, coufin, je fuis en grand souci!Catin me dit que j’aime tant à boire ,Qu’elle a bien de la peine à croireQue je puisse l’aimer aussi;

Qu’il saut choisir du vin ou d’elle.Comment sortir d’un fi grand embarras ?Déjà le vin je ne le quitte pas ,

Et la quitter ! elle efi , ma foi, trop belle.

Dufresni en a fait une, où un buveurs'enivre en pleurant la mort de sii femme.Le ion des bouteilles & des verres lui rap-pelle celui des cloches. Hclas ! dit-il à lesamis :

II me souvient toujours qu’kìer tna femme est

morte.

Le tems n’affaiblit point une douleur fi forte ;Elle redouble à ce lugubre son ;bin, bon. _

Voudrie[-vous de ce jambon ?

II est bin bon, Scc.

Dans une chanson du même genre, uftbuveur ivre, en rentrant chez lui, croitvoir fa femme double, & il s'écrie : ó ciel !

Jen’avois qu’une femme , & j’étois malheu~reux :

Par quel forfait épouvantableAi-je donc mérité que vous m’en donniezdeux ?

La chanson n’a point de caractère fixe, maiselle prend tour-à-tour celui del'épigramme,

du