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Tome septième.
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On air de violon, une ouverture bien desti-née, un grand chœur de M. Rameau, leVenite , exultemus de M. Mondonville ,doivent de même affecter tous ceux quiles entendent. Le plus ou le moins d’im-preslîon que produisent, & la belle femmede tous les pays, Sc la bonne musique detoutes les nations, ne vient jamais que dela conformation heureuse ou malheureusedes organes de ceux qui voyent & de ceuxqui entendent. (B)

* Chant , ( Littérat. ) c’est une desparties dans lesquelles les Italiens Sc lesFrançois divisent le poème épique. Le motchant, pris en ce sens, est synonyme à livre.On dit le premier livre de l’Iliade , deV Enéide, du Paradis perdu , Lee. ; & lepremier chant de la Jérusalem délivrée, & dela Henriade. Le poète épique tend à la finde son ouvrage, en faisant palier son lec-teur ou son héros par un enchaînementd’aventures extraordinaires, pathétiques,terribles, touchantes, merveilleuses. Il éta-blir dans le cours du récit général de cesaventures , comme des points de repospour son lecteur Lc pour lui. La partie deIon poème, comprise entre un de cespoints Sc un autre qui le fuit, s'appelleun chant. Il y a dans un poème épique deschants plus ou moins longs, plus ou moinsintéreílans, selon la nature des aventuresqui y font récitées. Il y a plus : il en estd’un chant comme d’un poème entier ; ilpeut intéresser davantage une nation qu’uneautre, dans un tems que dans un autre,une personne qu’une autre. Il y auroit unegrande saute dans la machine, ou cons-truction , ou conduite du poème, si l’onpouvoir prendre la fin d’un chant , quelqu’il fut, excepté le dernier, pour la findu poème ; Sc il y auroit eu un grand artde la part du poète, Sc il en fut résulté unegrande perfection dans son poème, s’ilavoit su le couper de maniéré que la find’un chant laissât une forte d’impatiencede connoître la fuite des choses, & d’encommencer un autre. Le Taise me paroîtavoir singulièrement excelle dans cette par-tie. On peut interrompre la lecture d'Ho-mere, de Virgile Sc des autres poètes épi-ques , à la fin d’un livre ; le Taise vousentraîne malgré que vous en ayiez, & l’on

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ne peut plus quitter son ouvrage quand onen a commencé la lecture. Il n en faut pasinsérer de-là que j’accorde au Taile laprééminence sur les autres poètes épiques ;je dis seulement que, par rapport a nous,il l’emporte , du côté de la machine, furHomere & Virgile, qui, au jugement desGrecs & des Romains, l’auroient peut-êtreemporté fur lui, si la colere d’Achille ,l’établiísement des restes de Troie en Italie,& la prise de Jérusalem par Godefroi deBouillon, avoient pu être des événemenschantés en même tems, Sc occasionner despoèmes jugés par les mêmes juges. Il mesemble que les Italiens ont plus de droitque nous d’appeller les parties de leurspoèmes épiques des chants, ces poèmesétant divisés chez eux par Jlances qui sechantent. Les Gondoliers de Venise chan-tent , ou plutôt psalmodient par cœur ,toute la Jérusalem délivrée, Sc l’on nechante point parmi nous la Henriade ou leLutrin, ni chez les Anglois le Paradis perdu.Il fuit de ce qui précede, que les différenschants d’un poème épique devroient êtreentre eux comme les actes d’un poème dra-matique ; Sc que, de même que l’intérêtdoit croître dans le dramatique de sceneen scene , d’acte en acte jusqu’à la catas.trophe, il devroit aussi croître dans l’épiqued’événemeus en événemens, de chants enchants > jusqu’à la conclusion. Voy. Drame,Scene, Acte , Machine,Coupe, Poeme

ÉPIQUE, S’C.

Chant , s. m. ( Poésie lyrique. ) Dansun estai fur l’exprestîon en musique, ou-vrage rempli d’observations fines Sc justes,il est dit : " ce n’est pas la vérité, mais uneressemblance embellie que nous demandonsaux arts ; c’est à nous donner mieux quela nature, qut l’art s’engage en imitant :tous les arts font pour cela une especede pacte avec l’ame & les sens qu’ils affec-tent j ce pacte consiste à demander deslicences > & à promettre des plaisirs qu’ilsne donneroient pas fans ces licences heu-reuses.

La poésie demande à parler en vers,en images, Sc d’un ton plus élevé que lanature.

La peinture demande aussi à élever le tonde la couleur, Sc à corriger ses modèles,