Band 
Tome septième.
Seite
254
JPEG-Download
 

254 C H A

Chanterelle , en terme de Tireur d*or ,est: une petite bobine sous laquelle pâlie lebattu en sortant des roues du moulin. On lanomme ainsi à cause du bruit quselle sait.

* Chanterelle, ( Chasse.) c’est ainsiqu’on appelle les oiseaux qu on a mis encage, pour servir d'appeaux à ceux à qui ona tendu quelques piégés. On met la perdrixsemelle au bout des sillons où l’on a placédes palìées & des lacets, & elle y fait donnerla mâles en les appellant par son chant.

CHANTEUR , EUSE , f. ( Musicien. )acteur de l’opéra, qui récite, exécute, joueles rôles, ou qui chante dans les chœursdes tragédies & des ballets mis en musique.

Les chanteurs de l’opéra font donc divisésen récitans & en choristes, & les uns Sc lesautres font distingués par la partie qu’ilsexécutent ; il y a des chanteurs hautes-con-tres, tailles, balles-tailles; des chanteusespremiers & seconds-dellus. Vbye £ tous cesdifférais mots , & l’article Parties.

Parmi ceux qui exécutent les rôles, il y aencore une très-grande différence entre lespremiers chanteurs, & ceux qui, en leurabsence ( par maladie ou défaut de zele ), lesremplacent, & qu’on nomme doubles.

Les chanteurs qui jouent les premiersrôles font, pour l’ordinaire, les favoris dupublic; les doubles en font les objets dedéplaiíance. On dit communément : cetopéra n’ira pas loin , il est en double.

L’opéra de Paris est compose actuelle-ment de dix-sept chanteurs ou chanteuses ré-citans , & de plus de cinquante chanteurs Scchanteuses pour les chœurs. Foy c^Chœurs.On leur donne communément le nomà’aâeurs Sc d ’aârices de l’opéra; & ils pren-nent la qualité à.’ordinaires de Vacadémieroyale de Musique. Les exécutans dans l'or-chestre & dans les chœurs prennent aussi lamême qualité. Voye^ Opéra & Orches-tre.

Nous jouissons, de nos jours, d’un chan-teur Sc d’une chanteuse qui ont porté legoût, la précision, l’expreísion & la légè-reté du chant, à un point de perfectionq u avant eux on n’avo:t prévu ni cru possi-ble. L art leur est redevable de ses plusgrandsprogrès ; car c’est fans doute aux possibilitésque M. Rameau a prelsonties dans leursvoix flexibles & brillantes, que l’opéra doit

C H A

ces morceaux saillans, dont cet illustre com-positeur a enrichi le chant François. Lespetits musiciens se font d'abord élevés con-tre ; plusieurs admirateurs du chant ancien,parce qu’ils n’en connoiíloient point d’autre,ont été révoltés , en voyant adapter unepartie des traits difficiles èc briOans des Ita-liens, à une langue qu’on n’en croyoit passusceptible : des gens d’un esprit étroit,que toutes les nouveautés alarment, Sc quipensent orgueilleusement que l’étenduetrès-bornée de leurs connoiffances est le necplus ultra des efforts de l’art, ont tremblépour le goût de la nation. Elle a ri de leurscraintes, Sc dédaigné leurs fossiles cris : en-traînée par le plaisir, elle a écouté avec trans-port, Sc son enthousiasme a partagé se sapplaudiísemens entre le compositeur & lesexécutans. Les talens des Rameau , des Je-liote , Sc des Fel, font bien dignes en esterd etre unis ensemble. Il y a apparence que lapostérité ne s’entretiendra guere du pre-mier, fans parler des deux autres. Voye ^Exécution.

En conformité des lettres-patentes du 2 .8Juin i66g , par lesquelles l’académie royalede Musique a été créée, & des nouvelleslettres données le mois de Mars iGji , leschanteurs & chanteuses de l’opéra ne déro-gent point : lorsqu’ils sont d’extraction no-ble , ils continuent à jouir des privilèges Lede tous les droits de la noblesse. Voye £Danseur.

Les chanteurs Sc les chanteuses qui exé-cutent les concerts chez le Roi Sc chez laReine, font appellés ordinaires de la Musi-que de la chambre du Roi. Lorsque Louis XIVdonnoit des fêtes fur l’eau, il disoit, avantqu’on commençât le concert : je permets tìmes musiciens de se couvrir , mais feulementa ceux qui chantent.

iiy a à la chapelle du Roi plusieurs castraitqu’on tire de bonne heure des écoles d’Italie,& qui chantent dans les motets les parties dedefl'us. Louis XIV avoir des bontés particu-lières pour eux ; il leur permettoit la chaisedans ses càpitaineries, Sc leur parloir quel-quefois avec humanité. Ce grand roi pre-noit plaisir à consoler ces malheureux de labarbarie de leurs peres. Voye ^ Çastrati ,Chant, Chantre, Exécution, Opé-ra. ( B )