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Í jine des dieux du principe universel d oùes Philosophes déduifoient tous les êtres.
Quoiqu’011 puisse assurer que la premiereidée du chaos ait été très-générale & très-ancienne , il n est cependant pas impossiblede déterminer quel est le premier à qui ilfaut ^attribuer. Moïse, le plus ancien desécrivains, représente, au commencement deion histoire, le monde comme n ayant étéd’abord qu’une masse informe, où les élé-mens étoient sons ordre & confondus; Scc est vraisemblablement de-là que les philo-sophes grecs Sc barbares ont emprunté lapremiere notion de leur chaos. En effet,lelon Moïse , cette masse étoit couverted’eau ; Sc plusieurs d’entre les philosophesanciens ont prétendu que le chaos n'étoitqu'une masiê d'eau ; ce qu'il ne faut en-tendre ni de l'Océan, ni d'une eau élémen-taire Sc pure, mais d'une eipece de bour-bier dont la fermentation devoir produirecet univers dans le tems.
Cudworth, Grotius, Schmid, Dickin-íòn, Sc d’autres, achevent de_ confirmercette prétention, en insistant fur l’analo-gie qu’il y a entre l’esprit de Dieu queMoïse nous représente porté sur les eaux,Sc l'amour que les mythologistes ont occupéà débrouiller le chaos. Il ajoutent encorequ’un sentiment très-ancien, soit en philo-sophie , soit en mythologie, c’est qu’il y aun esprit dans les eaux, aqua per fpiritummovetur : d’où ils concluent que les anciensphilosophes ont tiré des ouvrages de MoïseSc ce sentiment Sc la notion de chaos , qu'ilsont ensuite altérée comme il leur a plu.
Quoi qu'il en soit du chaos des anciensSc de ion origine, il est constant que celuide Moïse renfermoit dans son sein toutes lesnatures déjà déterminées, Sc que leur astorti-men t, ménagé par la main du Tout-Puiffànt,enfanta bientôt cette variété de créaturesqui embellissent l’univers. S'imaginer àl'cxemple de quelques systématiques, queDieu ne produisit d’abord qu’une matièreVague Sc indéterminée, d’où le mouvementfit éclorre peu-à-peu par des fermentationsintestines, des affaissemens, des attractions,un soleil, une terre, Sc toute la décorationdu monde; prétendre avec Whiston quel’ancien chaos a été ^atmosphère d’une co-mète ; qu’il y a encre la terré Sc les comètes
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des rapports qui démontrent que toute pla-nète n’est autre chose qu’une comete qui apris une constitution régulière Sc durable ,qui s’est placée à une distance convenable dusoleil, & qui tourne autour de lui dans unorbe presque circulaire; Sc qu’une cometen’est qu’une planète qui commence à.se dé-truire ou à se réformer, c’est-à-dire, unchaos qui, dans son état primordial, se meutdans un orbe très-excentrique ; soutenirtoutes ces choses, Sc beaucoup d’autresdont lenumération nous méneroit troploin, c’est abandonner l’histoire pour ibrepaître de songes ; substituer des opinionsfans vraisemblance, aux vérités éternellesque Dieu attestoit par la bouche de Moïse.Selon cet historien, l’eau étoit déjà faite,puisqu’il nous dit que l’esprit de Dieu étoitporté sur les eaux : les sphères célestes, ainsique notre globe, étoient déjà faites, puis.que le ciel quelles composent étoit créé.
Cette physique de Moïse qui nous re-présente la sagesse éternelle, réglant la na-ture Sc la fonction de chaque chose par au-tant de volontés Sc de commandemens ex-près ; cette physique qui n’a recours à deslois générales, constantes & uniformes ,que pour entretenir le monde dans son pre-mier état, & non pour le former, vautbien lans doute les imaginations systémati-ques, soit des matérialistes anciens, qui fontnaître l’univers du mouvement fortuit desatomes, soit des physiciens modernes, quitirent tous les êtres d’une matière homo-gène agitée en tout sens. Ces derniers nefont pas attention, qu’attribuer au chocimpétueux d’un mouvement aveugle la for-mation de tous les êtres particuliers, Sccette harmonie si parfaite qui les tient de-pendans les uns des autres dans leurs fonc-tions , c’est dérober à Dieu la plus grandegloire qui puillc lui revenir de la fabriquede l’univers, pour en favoriser une cause ,qui, sons se connoître Sc sons avoir d’idécde ce qu’elle fait, produit néanmoins lesouvrages les plus beaux & les plus réguliers :c’est retomber en quelque façon dans lesabsurdités d’un Straton Sc d’un Spinoso.Voye ^ Stratonisme & Spinosisme.
On ne peut s’empêcher de remarquer icicombien la philosophie est peu sure dansses principes, Sc peu constante dans ses dé-