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Tome septième.
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sécrété point da tout le gras. On partagele poil non sécrété en deux moitiés, 1 unepour le fond, l’autre pour la dorure : onlaide cette derniere moitié a 1 ecart. Quantà l’autre moitié, & au reste de la matièrequi doit entrer dans la fabrique du fond ,on les donne au cardeur. Le cardeur depoil mêle le tout ensemble , le plus exacte-ment qu’il peut, avec des baguettes , defaçon que , pour mieux secouer, diviser8c mélanger chaque partie de poil ou delaine , il les fait passer plusieurs fois , peu-à-peu , de fa droite à la gauche, & de fagauche à fa droite ; releve le poil battuavec ces deux baguettes, coupe deux outrois fois le tas qu’il en a fait; le bat denouveau, afin que chaque efpece de poilétant plus intimement mêlée, on ne puistppoint distinguer l’une de l’autre. C’est cequ’en terme de l’art on nomme effacer.

Pour empêcher que la trop grande légè-reté de certains poils, comme celui delievre , qui vole beaucoup, n’occaíione undéchet trop considérable, & attendu quele cardeur est obligé de rendre la matièrepoids pour poids, il y remédie en frottantle poids d'un peu d’huile de lin avant quede le battre ; mais ce remede cause unnouvel inconvénient, en ce que la matière,ainsi huilée , s’arçonne plus difficilement,a de la peine à fe détacher de la corde &à voler au gré de l’ouvrier. Lorsque toutle poil est préparé, il le carde ensuite. Lepaquet cardé est rendu au maître qui ledistribue par poids aux compagnons, selonla force des chapeaux qu’il commande. Onfait des chapeaux depuis dix onces jusqu aquatre. La matière distribuée par le maîtreaux compagnons, au sortir des mains ducardeur, s’appelle 1 étoffé. On peso à uncompagnon deux chapeaux, c est so journéeordinaire : on lui donne une once dedorure , & depuis quatre onces d’étoffejusqu à huit 8c davantage. Le compagnonmet cette dorure a 1 ecart : quant à l’etoffede sos deux chapeaux, il la sopare moitiépar moitié à la balance : il met à part unede ces moitiés ; il sopare l’autre en quatreparties à la balance, puis il arçonne séparé-ment chacune de ces quatre parties.

L’arçon est un instrument assez sem-blable à un archet de violon j U est long de

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six à sept pieds, & il a une corde de boyaubien bandée, qui, étant agitée avec la mainpar le moyen d’un petit morceau de boisque l’on nomme la coche , fait voler l’étoffcfur une claie. Dans la manœuvre de l’arcon,après qu’on a placé l’étoffe fur une claie,on commence par la bien battre ; on placela perche dans l’ctoffe , & on y chaise lacorde, de maniéré qu’elle y entre Sc enressorte : on continue jufqu’à ce que l’étostèsoit bien ouverte, Sc que les cardées soientbien effacées. On travaille à l’arçon lescapades , qui font une certaine étendue delaine ou de poil que l’on a formée par lemoyen de l’arçon. Pour donner à son tasd’étoffe le contour Sc les dimensions quele jeu de l’arçon ne peut lui procurer,l’arçonneur y supplée avec un clayon qu’ilpromene tout autour , pour rapprocher lesparties qui s’écartent de la forme qu’il doitavoir ; pour cet effet, il l’appuie d’abordlégèrement par fa convexité fur toute labande, ensuite un peu plus fur le milieuque fur les bords, jufqu’à ce que tout soitapplati 8c réduit à une épaisseur conve-nable , & que sa capade ressemble à unmorceau d’ouate épaisse. Comme elle n’au-roit pas encore assez de consistance, il con-tinue à la façonner en la marchant avec lacarte , c’est-à-dire, en la couvrant d’ungrand morceau de parchemin fort épais, Scla pressant ensuite par-dellus avec les deuxmains qu’il applique successivement surtoutes les parties, en glissant d’un endroità l’autre avec le plat de la main qu’il agitepar de petites secousses. Lorsque quelqueendroit n’a pas été suffisamment marclvé,il recommence sa premiere opération enappuyant un peu plus fort fur les endroitsqu’il a remarqué en avoir besoin. Un cha-peau doit être composé de quatre capades.Quand les capades font finies , on prendl’once de dorure Sc on l’arçonne ; aprèsquoi, on la partage à la balance en deuxparties égales, de chacune defquelles onfait deux petites capades. Cela fait, onmarche les capades au baffìn ; pour cet effet,on a une feutriere , c’est-à-dire, un mor-ceau de bonne toile de ménage qu’onmouille uniment avec un goupillon: onpose la capade fur la feutriere ; on la couvred’un papier un peu humecté; on met une