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Tome septième.
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elle : elle naît souvent dans l’enfance , &continue toute la vie, quand elle est cau-sée par un vice particulier des glandesciliaires, par la petite vérole, par quelquesulcérés fistuleux, ou autres accidens ; aulieu que lorsqu’elle est une fuite de l’oph-thalmie , elle ne subsiste qu’autant quel’ophthalmie dont elle émane.

On ne doit pas non plus confondre parla même raison la lippitude avec les larmes,puilque leur origine 6c leur consistance estdifférente , 6c que (bailleurs les larmescoulent souvent sans être mêlées de chassie.

Mais d’où vient que pendant la nuit lachassie s’amaíse plus abondamment autourdes paupières que pendant le jour; c’estparce qu’alors les paupières étant fermées ,l’air extérieur ne dessèche & ne refîerre pasla superficie des ulcérés qui la produisent :ainsi nous voyons que les plaies 6c les ul-cérés qui font exposés à Pair, ne suppu-rent pas autant quelorsqu’on empêche l’airde les toucher.

La chassie étant donc aux ulcérés desyeux & des paupières, ce que le pus estaux autres ulcérés , fa nature & ses diffé-rentes consistances doivent faire connoîtreles différens états des maladies qui la pro-duisent. Ainsi quand la chassie est en petitequantité, 8c fort délayée de larmes, c’estune marque que l’ophthalmie est dans soncommencement : quand la chassie est plusabondante, Sc qu’elle a un peu plus deconsistance, c'est une indication que le malest dans son progrès : quand la chassie estplus gluante , plus blanche , plus égale ,alors le mal est dans son état ; Sí quandensuite la chassie diminue avec peu de lar-mes , c’est un signe qu’elle tend vers fa fin.

Mais si la chassie est granuleuse , écail-leuse , fibreuse , ou filamenteuse, inégale ,de diverses couleurs ; si elle cesse de coulerfans que la maladie soit diminuée, on alieu de présumer que les ulcérés dont elledécoule font virulens, corrosifs, putrides,tendant à le devenir, ou à s’enflammerdenouveau : en un mot, les prognostics fontici les mêmes que dans tout autre ulcéré.

La théorie indique, que vu la nature 6cla position des petits ulcérés qui produisentla chassie , la structure des glandes des pau-pière; , leur mouvement perpétuel, les

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humeurs qui les abreuvent, &c. ces petitsulcérés doivent être très-difîïciles à guérir ;Ôí c’est ausfi ce que l’expérience confirme.Comme la délicatesse des paupières ne per-met pas l’usage de remedes assez puiflànspour détruire leurs ulcérés, il arrive qu’àla longue ils deviennent calleux & fistu-leux. On est donc presque réduit aux seulspalliatifs.

Ceux qui conviennent dans la chassiesimple, consistent à se bassiner les paupiè-res avec des eaux distillées de frai de gre-nouilles 6c de lis, parties égales, dans les-quelles on fait infuser des semences de lin6c de psyllium , pour les rendre mucila-gineuses; y ajoutant, après les avoir pas-sées , pareille quantité de sel de saturne ,pour pareille quantité de ces eaux.

On peut ausfi quelquefois laver les pau-pières dans la journée avec un collyretiede , composé de myrrhe , d’aloès, 6c dethutie préparée, ana un scrupule ; du cam-phre 8c du safran, ana six grains, qu’ondissout dans quatre onces d’eau distillée defenouil 6c de miel. On laissera de mêmependant la nuit fur les paupières un lingeimbibé de ces collyres.

Pour ce qui regarde les ulcérés prurigi-neux , la galle 6c gratelle des paupières,voye £ leurs articles , & le mot Paupière.l r oye ç aussi M. Leclerc , fur la méthode deCelse pour guérir la chassie , hijì. de laMed.p. z 46 .Il en attribuent la cause à la pituite :c’est par cette raison qu’il appelle cettemaladie pituita oculorum , lib. Vil. cap. vij.sect. 11 .

Horace se sert du même terme, epijf.lib. v. 1 oá.

Prcecìpuesanus nijì quitm pituita molejìa es.

Il faut traduire ainsi ce vers : " Enfin le» sage se porte toujours bien, si ce n’est» qu’il soit chassieux ».

M. Dacier n’a point entendu ce pallage jmais le P. Sanadon l’a fort bien ctâpris jil a remarqué qu’il faut distinguer deuxfortes d’ophthaimie ; l’une seche, 6c l’autrehumide. Celse appelle la premiere lipp‘~tudo , 6c la seconde, pituita oculorum. H°'race étoit sujet axes deux incommodités :il parle de la premiere au trentième versde la satyre egrejsum magnâ j 6c il parle d*