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font juger qu’il auroit été extrêmement dis-pendieux & difficile de les faire venir deloin , & qu’on les a tirées des forêts voisi-nes. Cependant on ne trouve plus cet arbredans les forêts de plusieurs provinces ; oùil y a quantité d’anciennes charpentes dechataigner. Mais à quoi peut-on attribuer laperte de ces arbres, si ce n’est à. l’intempét iedes faisons, à des hivers longs & rigou-reux , ou à des chaleurs excessives accom-pagnées de grande sécheresse ? Ce dernierincident paroît plus probablement avoirété la cause de la perte des chataígners dansplusieurs contrées. Cet arbre se plaît sur lescroupes des montagnes exposées au nord ,dans les terrains sablonneux , Le sur-to'ucdans les plants propres à retenir ou à rece-voir l’humidité : ces trois circonstances in-diquent évidemment que de longues sé-cheresses & de grandes chaleurs font toutce qu’il y a de plus contraire aux forêts dechataigner. Si l'on objectoit à cela qu’il sctrouve encore à-présent une allez grandequantité de ces arbres dans des pays plusméridionaux que ceux où l’on présume queles chataígners ont été détruits, par laquantité qu’on y voir des charpentes dubois de cet arbre , Sc que par conséquentce ne doit être ni la chaleur ni la sécheresse
qui les aient fait périr : on pourroit répon-dre que ces pays plus près du midi où il setrouve à-préient des chataígners , tels queles montagnes de Galice ik les Pyrénées enEspagne, les Cévennes, le Limoíin, leVivarès, & le Dauphiné en France, & lescoteaux de l’Appennin en Italie, font plusà portée de recevoir de la fraîcheur &de l’humidité, que le climat de Parispar exemple , quoique beaucoup plusseptentrional ; par la raison , que les nei-ges etant plus abondantes , & séjournantplus long-temps fur les montagnes des paysque nous venons de nommer, que par-toutailleurs, entretiennent jusque bien avantdans ete l humidité qui e st si nécessaireaux chataígners. Mais , dira-t-on si cesarbresavoient ete détruits partellesinflu euces ou intempéries que ce puisse être, pourquoi ne se seroient-ils pas repeuplés p a ísuccession de temps, & dans des révolu-rions de faisons plus favorables , commenous voyons qu’il arrive aux autres arbres
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de ce climat, qui s’y multiplient de pro-che en proche par des voies toutes simples?Les vents , les oiseaux , & quelques ani-maux , chassent, transportent, dispersent,les semences ailées, les baies, les glands ,&c. &c concourent plus efficacement que lamain.d’homme à étendre la propagationdes végétaux. Mais je crois qu’on peut en-core rendre raison de ce que la nature sem-ble se refuser en effet au repeuplement duchataigner. Il saut à cet arbre une exposi-tion & un terrain très-convenables, fansquoi il s’y refuse absolument, ce qui arrivebeaucoup moins aux autres arbres de ceclimat, qui viennent presque dans tous lesterrains indifféremment , avec cette diffé-rence seulement qu’ils font peu de pro-grès dans ceux qui leur conviennent moins;au lieu que le chataigner en pareil cas dé-périt sensiblement, même malgré les se-cours de la culture. A quoi on peut ajouterque les végétaux ont, comme l’on fait,-uneforte de migration qui les fait passer d'unpays à un autre, à mesure qu’ils se trou-vent contrariés par les influences de l’air,par ^intempérie des saisons , par l’alccra-tion des terrains , ou par les changemensqui arrivent à la surface de la terre : eneffet, c’est peut-être sur-tout par les grandsdéfrichemens qui ont été faits, qu’en sup-primant quantité de forêts , les vapeurs Scles rosées n’ayant plus été ni si fréquentes niíì abondantes, il en a résulté apparemmentquelque déchet dans l’humidité qui est sifavorable à la réussite & au progrès deschataígners. On voit cependant que dansquelques provinces septentrionales dc ceroyaume , la main d’iiomrae est venue àbout d’élever plusieurs cantons de chatai-gners , qui ont déja réussi , ou qui promet-tent du progrès. Cet arbre mérite la préfé-rence fur tant d’autres, qu’il faut espérerqu’on s’efforcera de le rétablir dans tous lesterrains qui pourront lui convenir.
Exposition , terrain. La principale atten-tion qu’on doive donner aux plantations dcchataígners , est de les placer à une expo-sition &c dans un terrain qui leur soient pro-pres ; car si ce point manquerien nePourra y suppléer. Cet arbre aime les lieuxfrais , noirs, & ombrageux , les croupes,, des montagnes tournées au nord ou a la
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