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duisoit par la Bavière jusqu’à Sírmifch ,distante de 4z 5 de nos lieues.
Il y avoir aullì des chemins de communi-cation de l’Italie aux provinces orientalesde l'Europe par les Alpes & la mer de Ve-nise. Aquilée étoit la derniere ville de cecôté : c’étoit le centre de plusieurs grandschemins , dont le principal conduifoit àConstantinople ; d’autres moins importansse répandoient en Dalrtiatie, dans la Croa-tie , la Hongrie, la Macédoine, les Méfies.lAin de ces chemins s’étendoit juiqu'auxbouches du Danube , arrivoit à Tomes, &ne finissoit qu où la terre ne paroissoit plushabitable.
Les mers ont pu couper les chemins entre-pris par les Romainsmais non les arrêter;témoins la Sicile , la Sardaigne , l’ifle deCorse, l’Angleterre, l’Asie, l'Afrique, dontles chemins communiquoient, pour ainsidire, avec ceux de PËurope par les portsles plus commodes. De l’un & de l’autrecôté d'une mer, toutes les terres croientpercées de grandes voies militaires. Oncomptoir plus de 600 de nos lieues de che-mins pavés par les Romains dans la Sicile ;près de 100 lieues dans la Sardaigne ; envi-ron 7j lieues dans la Corse; xioo lieuesdans les Istes britanniques; 4150 lieues enAsie ; 4674 lieues en Afrique. La grandecommunication de iTtalie avec cette partiedu monde , étoit du port d'Ostie à Cartha-ge ; aussi les chemins étoient-ils plus fré-quens aux environs de ce dernier endroitque dans aucun autre. Telle étoit la corres-pondance des routes en deçà & en delà dudétroit de Constantinople, qu’on pouvoitaller de Rome à Milan, à Aquilée , sortirde l’Italie , arriver à Sirmisch en Esclavo-nie, à Constantinople; traverser la Nato-lie, la Galatie , la Sourie ; passer à Antio-che , dans la Phénicie, la Palestine, l'E-gypte , à Alexandrie ; aller chercher Car-thage , s'avancer jusqu’aux confins del’Ethiopie , à Clysmos ; s arrêter à la merrouge , après avoir fait z 3 80 de nos lieuesde France.
Quels travaux , à ne les considérer quepar leur étendue ! mais que ne deviennent-ils pas quand on embraíse fous un seulpoint de vue , & cette étendue, & les diffi-cultés qu’ils ont présentées, les forêts ou-
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vertes, les montagnes coupées, les colline*applaties , les vallons comblés , les maraisdesséchés, les ponts élevés, &c.
Les grands chemins étoient construitsselon la diversité des lieux ; ici ils s’avast-çoient de niveau avec les terres ; là |» ss'enfonçoient dans les vallons ; ailleurs il*s'élevoient à une grande hauteur ; par-toiiton les commençoit par deux sillons tracesau cordeau ; ces parallèles fixoient la lar-geur du chemin ; on creusoit ^intervalle deces parallèles; c'étoit dans cette profondeurqu’on étendoit les couches des matériauxdu chemin. C’étoit d'abord un ciment dechaux tk de fable de l’épaistèur d’un pouce»fur ce ciment, pour premiere couche de*pierres larges & plates de dix pouces dehauteur, assises les unes fur les autres, %liées par un mortier des plus durs : pourseconde couche , une épaisseur de huitpouces de petites pierres rondes plus ten-dres que le caillou , avec des tuiles, de*moellons, des plairas & autres décombresd’édifice, le tout battu dans un cimentd'alliage : pour la troisième couche, un pi cd'épaisseur d’un ciment fait d’une terregralle mêlée avec de la chaux. Ces matière*intérieures formoient depuis trois pies jul-qu’à trois piés & demi d'épaisseur. La sur-face étoit de gravois liés par un cimentmêlé de chaux ; & cette croûte a pu résistetjusqu’à présent en plusieurs endroits del'Europe. Cette façon de paver avec le gre-vois étoit si solide y qu’on l’avoit pratiquéepar-tout excepté à quelques grandes voie*où l'on avoit employé de grandes pierres»mais seulement jusqu'à cinquante lieues d cdistance des portes de Rome. On employéles troupes de l'état à ces ouvrages qui en-durcissoient ainsi à la fatigue les peuplaconquis, dont ces occupations prévenoi eI ? cles révoltes ; on y employoit aussi les m a ^faiteurs, que la dureté de ces ouvras»?*effrayois plus que la mort, Sc à qui on k 1 'soit expier utilement leurs crimes.
Les fonds pour la perfection des cheriïj nSétoient si assurés & si considérables, q u 011ne se contentoit pas de les rendremodes & durables ; on les embelli' 1 ,^encore. II y avoit des colonnes d’un r”à un autre qui marquoient la dista> ice ^lieux ; des pierres pour asseoir les fí enS