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Tome septième.
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7po C H Œ

„ vous est pas inconnue. Hélas ! Thebesj, prefqu’enfévelie dans un océan de maux,, peut à peine lever la tête au-dessus desabymes profonds qui l'envirqnnent.Déjala terre a vu périr les moillbns naissan-tes, Sc les tendres troupeaux. Les en fans} , expirent dans le sein de leurs meres. Un' dieu ennemi, un feu dévorant, une„ peste cruelle ravage la ville <5 c enleve les,, habitans. Le noir Pluton, enrichi de„ nos perces fe rit de nos gémissemetis„ & de nos pleurs. Tournés vers les autels,, de votre palais, nous Vous invoquons,,, sinon comme un dieu, du moins comme„ le plus grand des hommes , seul capa-,, ble de soulager nos maux - Sc d’appaiser„ la colere du ciel. „

Quelquefois aussi un dialogue plus pressédu chœur avec le personnage en action,étoit naturel & touchant, comme on levoit dans Philoclete.

Mais s’il y a dans le théâtre Grec quel-ques exemples de cet heureux emploi duchxur , combien de fois ne l’y voit-on pasinutile, oiseux , importun & contre toutevraisemblance ? Quelle apparence quePhedre confie sa honte aux femmes deTre-zene ; Dc quel secours est à l’innocenced’Hypolite ce chxur de femmes, ce té-moin muet, qui le voyant condamné parson pere , se contente de faire cette froideréflexion : " Qui des mortels peut-on ap-,, peller heureux , quand on voit la fortu-„ ne de nos rois sujette à une íi triste ré-volution “ ? Quoi de plus froid encore &de plus à contre-temps, que cette pre-mière partie du chxur qui fuit la feene oùPhedre a pris la résolution de mourir ?

" Que nc fuis-je sur un rocher élevé ,,, Sc changé en oileau ! à la faveur de mes,, ailes je pasferois fur la mer Adriatique ;„ & fur les rives du Pô ,où les infortunées,, lœurs de Phaëton répandent des larmess ,<l’ambre.

“ J’irois aux riches Jardins des Hcfpé-rides nymphes , dont la douce voix char-" me j es oreilles , dans ces climats où Nep-" tU ne ne laisse plus le passage libre aux” nautonniers : car il a pour terme le ciel,, soutenu par Atlas. Là coulent toujours„ du palais de Jupiter les bienheureuses„ souxees de i’ambroisie. Là un cerrein

C H <R

„ toujours fécond en célestes richefîèîì,, produit ce qui fait la félicité des dieux

11 s'agit bien de passer fur les rives duPô ou dans le jardin des Hefpérides !

U s'agit de secourir Phedre réduite aildésespoir , ou de sauver l’innocent Hypo-lite.

En pareil cas notre vieux poëte Hardifailoit direau chœur, se parlant à lui-même:

O couards ! 6 chétifs ! o lâches que noussommes !

Indignes de tenir un rang parmi leshommes !

'Endurer , speâateurs , tel opprobre conumis !

Les deux grands inconvérsiens de l’ufagecontinuel du chœur dans la tragédie an-cienne étoient, l'un d’exiger nécessaire-ment pour le lieu dc la feene un endroitpublic , comme un temple , un portique,une place où le peuple fùt censc pouvoir »accourir; l'autre, de rendre indispensablepar sa présence l'unité de lieu Sc de temps ;

Sc de là une gêne continuelle dans le choixdes sujets Sc dans la disposition de la fable,ou une foule d’invrailemblances dans lacomposition & dans Inexécution. Voye^ En-tracte , Unité.

Ce qu’il eut fallu faire du chœur , furiethéâtre ancien, pour l'employer avec avan-tage, c’eùt été de l'introduire toutes lesfois qu’il auroit pu contribuer au pathéti-que ou à la pompe du spectacle, Sc de s’ertdélivrer toutes les fois qu’il étoit déplacé,inutile ou gênant.

Mais fi par la nature de faction théâ-trale qui étoit communément une calami-té publique , ou du moins quelqu’événe-ment qui ne pouvoit etre caché , un“foule de considens y pouvoient être mis enfeene ; si la simplicité de la fable, la pom-pe du spectacle Si la nécessité de remplssun théâtre immense , qui sans cela auroitparu désert, demandoient quelquefois 1*présence du chxur , il n’en est pas de mêM 3dans un genre de tragédie où ce n’est ph lS Jni un arrêt de la destinée , ni un oracle,ni la volonté d’un dieu qui conduittion théâtrale Sc qui produit l’événemenj,mais le jeu des passons humaines, fl 111 ,’dans leurs mouvemens intimes Sc cacl lCÍ