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Tome septième.
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des révélations, & il n’étoit paî moins quefils du Soleil.''

Cette conduite des législateurs, que nousvoyons si constamment soutenue, ôc quenul d’encr’eux n’a jamais démentie, nousfait voir évidemment quson a cru dans tousles temps que le dogme d’une providence ,qui fe mêle des affaires huma.ines, est leplus puisant frein qu’on puilse donner auxhommes; ôc que ceux qui regardent la reli-gion comme un ressort inutile dans lesétats, connoiffent bien peu la force de soninfluence fur les esprits. Mais en faisantdescendre du ciel en'terre comme d’unemachine tous ces dieux , pour leur inspirerles loix qu’ils dévoient dicter aux hommes,les législateurs nous montrent dans leurspersonnes des fourbes ôc des imposteurs ,qui, pour fe rendre utiles aux genre hu-main dans cette vie , ne penfoient guere àle rendre heureux dans une autre. En sa-crifiant le vrai à l’utile , ils ne s’apperce-voient pas que le coup qui frappoit fur lepremier, frappoit en même temps fur lesecond , puifqu’il n’y a rien d’universelle-ment utile qui ne soit exactement vrai. Cesdeux choses marchent, pour ainsi dire , defront ; & nous les voyons toujours agir enmême temps fur les esprits. Suivant cetteidée, on pourroit quelquefois mesurer lesdegrés de vérités qu’une religion renfer-me, par les degrés d’utilité que les étatscn retirent.

Pourquoi donc , me direz vous , les lé-gislateurs n’ont-ils pas consulté le vrai,pourrendre plus utile aux peuples la religion furlaquelle ils fondoient leurs loix; C’est, vousrépondrai-je, parce qu’ils les trouvèrentimbus, ou plutôt infectés de la superstitionqui divinisoirles astres, les héros, les prin-ces. Ils n’ignoroient pas que les différentesbranches du Paganisme étoient autant dereligions fausles & ridicules : mais ils ai-mèrent mieux les laiiler avec cous leurs dé-fauts,que de les épurer de toutes les supers-titions qui les corrompoient. Ils crai-gnoient qu’en détrompant l’efprit grossierdes vulgaires humains fur cette multitudede dieux qu’ils adoroient, ils ne vinlíent àleur persuader qu’il n’y avoir point de Dieu.Voilà ce qui les arrêroit : ils n’ofoient ha-sarder la vérité que dàns sos grands myf*

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teíes , íî célébrés dans l’antiquité profane iencore ávoienr-ils foin de n’y admettre quedes personnes choisies ôc capables de sup-porter l’idée du vrai Dieu. » Qu’écoit-ce-- Qu’Arhencs, dit lc grand Bolluet, dans» {onhi/ï,unh'.\a. pluspolie&laplusfavante>» de toutes les villes greques , qui prenoic» pour athées ceux qui parloienc des choies» intellectuelles , qui condamna Socrate» pour avoir enseigné que les status n’é--- toient pas des dieux , comme l’entcndoic» le vulgaire >» ? Cette ville étoit bien ca-pable d’incimider les législateurs, qui n’au-roient pas respecté en fait de religion lespréjuges qu’un grand poète nomme à fijuste titres les rois du vulgaire.

C’étoit fans doute une mauvaise politi-que de la part de ces législateurs ; car tantqu’ils ne tari (soient pas la source empoison-née d’où les maux se répandoient fur lesétats , il ne leur étoit pas possibled’en arrê-ter l'affireux débordement. Que leur fer-voit-il d’enfeigner ouvertement dans lesgrands mystères l’unité ôc la province d’un.seul Dieu, si en même temps ils n’étouf-foient pas la superstition qui lui asfocioitdes divinités locales ôc tutélaires ; divinités,à la vérité , subalternes ôc dépendantes delui ; mais divinités licentieufes, qui durantleur séjour en terre avoientété sujettes auxmêmes passions ôc aux mêmes vices que lereste des mortels ? Si les crimes de ces dieuxinférieurs s’étoient souillés pendant leurvie, n’avoient pas empêché l’être suprêmede leur accorder, en les élevant au-desiusde leur condition naturelle, les honneursôc les prérogatives de la Divinité, les ado-rateurs de ces hommes divinisés pouvoient-ils fe persuader que les crimes 5c les infa-mies , qui n’avoient pas nui à leur apo-théose , attireroienc fur leurs tetes la fou-dre du ciel ;

Le législateur des Chrétiens , animé d'uitesprit bien différent de celui de tous leslégislateurs dont j’ai parlé , commença pardétruire les erreurs qui tyranniloient somonde, afin de rendre fa religion plus«tile. En lui donnant pour premier objcEla félicité de l’autre vie, il voulut encorSqu’clle fît notre bonheur dans celle-ci. Surla ruine des idoles, dont le culte super so"deux eutraînoit mille désordres, il foud*